Législatives 2024 : La crédibilité du Rassemblement national sur les enjeux socio-économiques s’est fortement améliorée

A l'approche du premier tour des élections législatives anticipées, quels sont les partis jugés crédibles sur les grands enjeux de la campagne ? Un récent sondage Ipsos pour le Financial Times s'est penché sur les préoccupations majeures des Français, révélant un glissement notable dans la perception des enjeux économiques et sociaux, ainsi qu'une désillusion croissante envers la classe politique traditionnelle.

 

Suite aux élections européennes et à la dissolution de l’Assemblée nationale, la campagne pour les élections législatives a notamment porté sur la crédibilité des programmes économiques des différents partis, Rassemblement national et Nouveau Front Républicain en tête. 

Les résultats de l’enquête menée pour le Financial Times indiquent que le Rassemblement national est désormais perçu comme un parti crédible sur les dimensions économiques et sociales de son programme, alors qu’il s’agissait d’une des grandes faiblesses du parti il y a encore quelques années. 

Le RN : un parti crédible aux yeux des Français sur les sujets économiques ?

Le Rassemblement national est ainsi le parti auquel les Français disent faire le plus confiance sur des enjeux majeurs à leurs yeux tels que le pouvoir d'achat (29% contre 26% pour la gauche et 15% pour Ensemble), la lutte contre l'inflation (26% contre 22% pour la gauche et 18% pour Ensemble) ou le niveau de la fiscalité (27% contre 23% pour la gauche et 18% pour Ensemble). 

Sur tous ces sujets, le bloc présidentiel est ainsi en troisième position, reflétant le déclin de l'image d’Emmanuel Macron ces dernières années : c’est même le cas sur des enjeux plus techniques, comme celui de la politique budgétaire. 

Quant à la gauche, elle est à égalité avec le RN sur la question des services publics (27% lui font confiance contre 28%) et du système de retraite (25% contre 27%) et est plus crédible que lui sur la lutte contre les inégalités sociales (30% contre 27%). 

Notons que près d’un quart à un tiers des Français ne font confiance à aucun parti, reflétant leur forte déception vis-à-vis de la politique.

L'image d'un parti compétent et propre des citoyens

Ainsi l'image traditionnel du RN comme parti inapte à gouverner s'est largement érodée : 36% des Français trouvent que le parti est « composé de personnes compétentes », contre 33% pour Ensemble et 30% pour le Nouveau Front Populaire. 

De même, 38% des Français pensent que le RN a « un programme clair », contre 30% pour la gauche ainsi que pour Ensemble. Le RN a moins de crédibilité sur les enjeux internationaux qu’Ensemble mais l'écart est finalement assez limité (31% contre 39%).

Le Rassemblement national et les préoccupations des Français

Le RN est par ailleurs nettement perçu comme étant le parti le plus proche des citoyens : un Français sur deux pense que le RN « comprend les préoccupations des Français », devant la gauche (40%), le bloc présidentiel étant relégué à 21%. 

Le RN domine également en termes d'efficacité : 38% des Français pensent que le parti est « capable d'améliorer la situation du pays », contre 28% pour la gauche et seulement 24% pour Ensemble, et 45% estiment qu'il « cherche vraiment à améliorer la vie des citoyens », devant la gauche (39%) et le bloc présidentiel (25%).

La "normalisation" du RN : une stratégie payante ?

L’image du Rassemblement national a donc considérablement évolué ces dernières années. Il est passé d'un parti crédible que sur les enjeux traditionnellement préemptés par l’extrême-droite (immigration, identité nationale, insécurité…) à un parti qui est désormais aussi crédible que les autres sur les questions socio-économiques et internationales. 

Cette dynamique est sans doute liée à la stratégie de « normalisation » du RN, mais aussi à la déception causée par la gauche sous François Hollande puis par Emmanuel Macron. Ces éléments expliquent pourquoi le RN est désormais un acteur crédible pour accéder au pouvoir.

Rapport complet

Enquête Ipsos pour le Financial Times, menée les 19 et 20 juin 2024 auprès de 2 000 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française, inscrites sur listes électorales, âgées de 18 ans et plus.

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