L'élection de Nicolas Sarkozy profite à l'UMP
Le départ de Nicolas Sarkozy du gouvernement, et son élection à la tête de l'UMP n'auront fait qu'ébranler sa popularité. Annoncé le mois dernier "en zone de turbulences", la dernière vague du baromètre de l'action politique Ipsos-Le Point montre que le passage s'est fait sans encombre. La quasi-totalité des proches de la droite parlementaire, et globalement six Français sur dix soutiennent à présent son action. En progression, l'image de l'UMP profite de la dynamique.
La popularité du Nicolas Sarkozy en tant que président de l'UMP ne faiblit pas. Actuellement, plus du tiers des sympathisants de gauche jugent favorablement son action. Il conserve la tête du palmarès établi par les proches de la droite parlementaire (86% de bonnes opinions), et recueille 60% de jugements favorables sur l'ensemble de l'échantillon. Un Français sur quatre lui porte même un jugement "très favorable", soit au minimum 10 points de plus que pour toutes les autres personnalités testées. Empiriquement, de tels taux d'approbation sont rares, et concernent des personnalités dont la fonction sous tend un consensus plus évident. Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris, Jack Lang en tant qu'ancien Ministre de la Culture ou encore Bernard Kouchner suscitent une relative bienveillance des sympathisants de droite qui les place régulièrement en tête du palmarès. Bien que chef de l'UMP, Sarkozy est à leur niveau.
L'image du parti de la majorité bénéficie de "l'effet Sarkozy". L'UMP remonte au classement des partis politiques, avec 48% de jugements favorables (+6 points). A priori, le coût du dernier congrès n'a pas pesé dans l'opinion. Les jugements sur l'UMP sont encore meilleurs chez les sympathisants de droite (83% de bonnes opinions, + 5 points), et progressent même à gauche (25%, +3).
La popularité de Nicolas Sarkozy contraste avec l'impopularité chronique de Jean-Pierre Raffarin. Le Premier ministre gagne bien un point de jugements favorables (36%), sans pour autant remonter à la surface (58% de mauvaises opinions). En cristallisant le mécontentement de l'opinion face à l'action gouvernementale, il protège le Président de la République. Contrairement à ce que l'on observait sur la période de cohabitation 1997-2002, la popularité de Jacques Chirac est aujourd'hui dissociée de celle du chef du gouvernement. Le chef de l'Etat gagne deux points de jugements favorables, avec plus d'un Français sur deux satisfait (54%). La tendance est clairement orientée à la hausse depuis le printemps dernier ; 85% des proches de l'UMP, et près de 40% des sympathisants PS soutiennent son action.
A droite toujours, Alain Juppé rebondit de 4 points (35% d'avis favorables, 51% chez les sympathisants de droite, +1, 24% à gauche, +3), et les membres du gouvernement restent relativement bien notés. Avec 48% de bonnes opinions, Dominique de Villepin est le ministre le plus populaire, , juste devant Jean-Louis Borloo (46%) et Michèle Alliot-Marie (45%). Hervé Gaymard, le successeur de Nicolas Sarkozy au Ministère de l'Economie et des Finances, entre dans le baromètre avec 26% d'avis favorables, 19% de défavorables et 55% de "sans opinion".
A gauche, Laurent Fabius paye encore les dividendes du "non" au projet de constitution européenne. Le numéro 2 du PS perd 4 points de bonnes opinions sur l'ensemble des Français (31%), et surtout 7 points chez les sympathisants de gauche, pour un solde maintenant tout juste équilibré (45% de jugements favorables, 45% d'avis contraire). Presque symétriquement, François Hollande poursuit l'ascension entamée avec les victoires électorales du printemps dernier. Ce mois-ci, il gagne 4 points dans son camp (69% d'avis favorables), qui lui permettent de figurer pour la première fois dans le top 5 du classement établi par les sympathisants de gauche. Classement qui reste dominé par Ségolène Royal (77%). Dans une perspective plus lointaine, le ticket Hollande-Royal est déjà placé.
Fiche technique :
Première partie - Popularité de l'exécutif
Deuxième partie - Palmarès des leaders politiques
Troisième partie - Palmarès des partis politiques