L'électorat UDF peu mobilisé derrière la candidature de François Bayrou
L'étude Ipsos/Le Figaro montre que l'annonce de candidature de François Bayrou à la présidentielle n'a pour l'instant pas suscité de forte mobilisation au sein son propre camp. Plus d'un sympathisant UDF sur deux souhaite que l'UDF soutienne Jacques Chirac dès le premier tour en 2002…
Les débats qui agitent actuellement l'UDF, qu'ils concernent son positionnement politique ou sa participation au premier tour de l'élection présidentielle laissent l'opinion plutôt indifférente. Un quart des Français ne se prononce pas sur le positionnement politique de l'UDF, 30% n'ont pas d'avis sur le positionnement politique de François Bayrou et 41% n'expriment pas d'opinion sur la stratégie de l'UDF pour la prochaine présidentielle. On trouvera dans ces forts taux de sans opinions, bien supérieurs à ceux enregistrés lors d'enquêtes comparables sur les Verts et le PS, la confirmation que l'UDF ne bénéficie toujours pas d'une identité politique claire et affirmée pour les Français.
Ainsi, depuis son arrivée à la tête de la nouvelle UDF en 1998, François Bayrou ne paraît pas être parvenu à en changer profondément l'image, ni à lui donner un positionnement politique très lisible. 56% des Français déclarent en effet que l'image qu'ils ont de l'UDF n'a pas changé depuis 1998, 10% déclarant qu'elle s'est améliorée et 12% qu'elle s'est dégradée. En outre, le positionnement politique de la formation de François Bayrou, n'est pas forcément évident pour les Français : 37% d'entre eux classent aujourd'hui l'UDF à droite, 25% au centre droit et 10% au centre. L'identité centriste est en revanche plus claire pour les sympathisants UDF (59% situant l'UDF au centre droit (42%) ou au centre (17%) pour 29% à droite). Quant aux sympathisants du RPR, ce sont les plus nombreux, probablement en raison des alliances électorales traditionnelles nouées entre leur parti et l'UDF, à classer l'UDF à droite (40%). La même distorsion de perception entre les Français et les sympathisants de l'UDF se retrouve dans l'appréciation du positionnement politique de François Bayrou. Alors que les Français se partagent équitablement entre ceux qui l'estiment "de droite" (28%) et "de centre droit" (28%), les sympathisants de l'UDF le considèrent plutôt comme un homme de centre droit (41% pour 23% de droite).
Si la stratégie de François Bayrou de placer sa formation au centre de l'échiquier politique, autour du projet de construction d'une Europe "sociale-libérale" et humaine, semble globalement comprise par son électorat (alors qu'elle reste beaucoup plus floue pour les Français), cela ne lui assure pourtant ni un leadership total sur son camp, ni l'assurance de son soutien lors des prochaines échéances électorales. En effet, si 40% des sympathisants de l'UDF considèrent qu'il est celui qui incarne le mieux les valeurs de l'UDF, il subit cependant une forte concurrence de Philippe Douste-Blazy (33%).
Plus inquiétant pour lui, François Bayrou peine à mobiliser l'électorat UDF derrière sa candidature à l'élection présidentielle de 2002 : seuls 37% des sympathisants UDF considèrent que sa candidature est légitime. 21% lui préfèrent celle d'Alain Madelin mais surtout 41% n'expriment aucune opinion ou considèrent qu'aucune de ces deux candidatures n'est légitime. Dans ce contexte, et quand on connaît la demande d'union qui émane du "peuple de droite" aujourd'hui, on ne s'étonnera guère que 54% des sympathisants de l'UDF souhaitent que l'UDF soutienne Jacques Chirac dès le premier tour en 2002, un tiers seulement (35%) jugeant que François Bayrou doit présenter sa propre candidature. Asseoir la légitimité de sa candidature au sein de son propre camp : tel est bien le premier défi que doit relever François Bayrou dans sa longue course vers la présidentielle.