Les Etats-Unis, première destination touristique à pâtir de la crise en Irak

Depuis plus de deux ans, le tourisme mondial n’en finit pas de panser ses blessures à la suite de la multiplication d’attentats terroristes sur de grandes destinations touristiques. A l’occasion du Salon Mondial du Tourisme qui s'est déroulé les 6, 7 et 8 mars dernier, le magazine BON VOYAGE a souhaité sonder ses visiteurs pour mieux comprendre quel était aujourd’hui leur état d’esprit quant à leurs prochains départs en vacances et le choix de leurs destinations, dans le contexte de la crise irakienne et des risques d’attentats.

Un contexte dont l'influence sur le tourisme est d'ores et déjà indéniable

Mis en situation, les visiteurs considèrent d'ores et déjà que la crise internationale aura des conséquences sur le choix de leur destination, de leur compagnie aérienne ou encore de leur date de départ. En l'état actuel, la majorité des visiteurs affirme que d'une manière générale, la crise irakienne et les risques d'attentats peuvent avoir une influence sur leurs vacances de cette année (53%). Parmi eux, 14% considèrent que la situation actuelle aura même certainement des répercutions.

De fait, à l'analyse des résultats, on risque même d'assister dans les prochains mois à des changements très importants dans le domaine des destinations choisies par les visiteurs du salon qui, s'ils se vérifiaient auprès de la population de l'ensemble des touristes, risqueraient d'affecter l'ensemble de l'industrie du tourisme. En effet, mis à part les visiteurs n'ayant pas du tout l'intention de partir à l'étranger cette année (39%), seulement 33% des personnes interrogées affirment qu'elles ne changeront pas de destination à cause de la crise irakienne et des risques d'attentats. A l'opposé, 28% disent qu'elles ont déjà décidé ou qu'elles pourraient décider de changer de destination en raison du contexte actuel, tandis que 6% affirment qu'elles ont renoncé ou pourraient renoncer à partir à l'étranger cette année. Au total, c'est près du tiers des visiteurs interrogés qui avoue aujourd'hui que la crise internationale a déjà eu ou pourrait avoir un impact sur sa destination de vacances (34%).

Certes, 62% des visiteurs du Salon considèrent que les mesures actuelles visant à assurer la sécurité des aéroports et des avions semblent plutôt suffisantes pour les rassurer. Il n'en reste pas moins vrai que rares sont ceux qui sont tout à fait rassurés (seulement 15%). En fait, au vu des résultats exposés précédemment, si ces mesures sont bien vues, elles risquent toutefois de n'avoir que peu d'influence sur le fait que dans le contexte international actuel, une bonne part des visiteurs risque de changer de destination.

Les destinations qui pourraient le plus pâtir de la crise internationale : d'abord les Etats-Unis

Est-ce par peur d'être mal reçu dans un pays qui s'est montré dernièrement très dur vis-à-vis de la France, par crainte de voir se dérouler de nouveaux attentats similaires à ceux du 11 septembre ou encore par désir de sanctionner un pays qui soutient aujourd'hui une position que les Français condamnent aujourd'hui majoritairement ? Il est aujourd'hui difficile de répondre à cette question. Toujours est-il que les Etats-Unis sont aujourd'hui la destination vers laquelle les visiteurs du Salon disent le plus souvent avoir actuellement moins envie d'aller (58%). Juste derrière, on trouve les pays qui, dans le contexte actuel, leur font certainement aujourd'hui le plus peur : c'est le cas de la Turquie (52% affirment avoir moins envie d'y aller), de l'Egypte (50%) et des pays du Maghreb (49%).

Au sein du palmarès des pays qui risquent de pâtir le plus de la crise irakienne et des risques d'attentats, on note que l'Angleterre est aujourd'hui citée en cinquième position. Là encore, il est difficile d'affirmer avec certitude quelles sont les raisons exactes de cette mauvaise place. Peut-être est-ce dû à la position défendue par Tony Blair et au discours "anti-froggies" dont les tabloïds anglais se font aujourd'hui le relais ou peut-être est-ce dû aux craintes d'attentats que les images de l'aéroport de London-heathrow protégé par l'armée et des véhicules blindés ont certainement pour une part renforcées.

Les destinations qui pourraient le plus bénéficier de la crise internationale : d'abord l'Amérique du sud et les Antilles

D'autres destinations semblent au contraire tirer leur épingle du jeu et bénéficier un peu plus du contexte actuel. C'est le cas de l'Amérique du sud (28% des visiteurs affirment qu'ils auraient plus envie d'y aller), des Caraïbes (pour 27% d'entre eux). L'Europe du Nord (Danemark, Suède, Norvège) arrive en troisième position avec 27% de citation, juste devant l'Ile Maurice et les Seychelles (26%) et l'Amérique Centrale.

Le continent sud-américain bénéficie aussi peut-être aujourd'hui en plus de la baisse du dollar. De fait, presque la moitié des visiteurs du Salon Mondial du Tourisme estime aujourd'hui qu'avec la baisse du dollar, c'est l'année ou jamais pour partir à l'étranger (47%) même si 37% considèrent toutefois qu'avec la crise irakienne, c'est plutôt l'année ou jamais pour redécouvrir la France tandis que 16% préfèrent ne pas se prononcer.


Une forte expectative : pour beaucoup, le choix se fera au dernier moment

Dans ce contexte très chargé, la majorité des visiteurs du Salon expriment des attitudes qui là encore, si elles se vérifiaient au niveau de l'ensemble de la population touristique, pourrait avoir de fortes répercutions sur le secteur du tourisme. Si 81% d'entre eux affirment qu'ils ne dépenseront pas moins qu'ils le pensaient il y a quelques mois à cause des possibles conséquences d'une guerre en Irak sur l'évolution du pouvoir d'achat en France, en revanche, 57% affirment toutefois qu'ils réserveront plus tard que d'habitude pour attendre de voir comment la situation internationale évolue. De fait, s'ils restent dans l'expectative, ce n'est pas dans l'espoir de faire de bonnes affaires : 84% des visiteurs du Salon estiment qu'une guerre en Irak engendrerait une hausse des prix des voyages et des séjours à l'étranger à cause de la hausse des prix du pétrole tandis que seulement 9% considèrent que cela provoquerait une baisse à cause de l'augmentation des destinations et des séjours invendus et que 5% pensent que cela ne changerait rien.

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