Les Européens sont " fétéroclites"

La fête serait-elle la clé de voûte d'une identité et d'une culture européenne ? C'est en tout cas un dénominateur commun à l'ensemble des Européens interrogés par Ipsos pour l'Observatoire Thalys. Au Nord comme au Sud, éclats de rire et amis sont les ingrédients principaux d'une fête réussie.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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Les enquêtes européennes réalisées par Ipsos sur les grandes questions économiques ou politiques ne nous avaient pas habitué à tel consensus entre les principaux pays de l'Union. Pour la moitié des Français, des Britanniques, des Allemands, des Belges, des Hollandais, des Italiens comme des Espagnols "faire la fête, c'est avant tout recevoir ses proches". La fête est ensuite "l'occasion de rire, de s'amuser, de se défouler" (38 % de citations). Des amis et du bon temps, voilà donc les composantes majeures de la fête. D'accord sur l'essentiel, c'est donc plutôt au niveau de l'assaisonnement que la recette varie d'un pays à l'autre. Pour les Belges plus que les autres par exemple, la fête c'est aussi "bien manger et bien boire" (45 % de citations en Belgique, contre 17 % pour l'ensemble des Européens). Les Italiens s'attachent quant à eux davantage aux rencontres : un sur trois voit dans la fête "l'occasion de faire de nouvelles connaissances", contre 18 % en moyenne dans les 7 pays de l'étude. En revanche, le fait de "sortir, de ne pas rester chez soi", et plus encore de "danser" ne constitue un élément essentiel de la fête que pour une petite minorité de personnes, dans tous les pays considérés. Invités à choisir parmi différents types de fête, les Européens plébiscitent "le festival de musique" (39 % de citations), devant le "carnaval" (19 % de citations), et "la fête nationale" (15 %).

Par ailleurs, ils semblent assez enclins à faire la fête : près de la moitié d'entre eux
(46 %) déclarent en effet céder aux plaisirs de Bacchus au moins une fois par mois et même pour cinquième, une à plusieurs fois par semaine ; des résultats qui cachent toutefois des disparités entre pays. Sport national outre-manche, près de neuf Britanniques sur dix déclarent faire la fête régulièrement (plusieurs fois par mois), et plus de deux sur trois font même la fête "une a plusieurs fois par semaine" (69 %). Des proportions sans commune mesure avec ce que l'on enregistre dans les autres pays. En deuxième position, mais très loin derrière le Royaume-Uni, la moitié des Français déclare faire la fête régulièrement. Comme la France, les Pays-Bas comptent à peu près autant de fêtards réguliers qu'occasionnels. En revanche en Italie, on ne recense qu'à peine un quart de noceurs "réguliers", contre 72 % "d'occasionnels". Plus d'un Italien sur quatre (28 %) déclare même faire la fête moins "d'une à trois fois par an". On est donc loin de l'idée pourtant assez largement répandue que la fiesta est d'abord latine. L'Espagne et l'Italie sont en effet les deux pays les plus souvent cités par les Européens pour leur "sens de la fête".  Fondée ou non, l'attraction des pays du Sud explique certainement en partie la proportion somme toute non négligeable de personnes s'étant déjà déplacées dans un autre pays pour participer à une fête. Dans l'ensemble, plus d'un Européen sur cinq a déjà entrepris un tel voyage, les Hollandais (31 %) et les Allemands (25 %) étant les plus grands voyageurs. À l'inverse, les Italiens et surtout les Espagnols sont les plus casaniers.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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