Les Français condamnent la justice
Les Français reprochent à la justice son manque de sévérité, et montrent l'exemple : 60% d'entre eux ont "une mauvaise opinion de son fonctionnement", une large majorité ne la juge ni rapide ni proche des citoyens, ni moderne ni efficace, ni accessible ni indépendante. Les juges ne sont pas en reste, pour plus de 40% des sondés ils seraient "plutôt moins indépendant du pouvoir politique qu'il y a quelques années". Au vue de l'enquête Ipsos-Le Point-LCI, le verdict est sans appel.
Comme en 1997, la majorité des Français ont une mauvaise opinion du fonctionnement de la justice. Les adjectifs "efficace", "moderne", "proche des citoyens", "facile à comprendre" ou "rapide" s'appliqueraient "plutôt mal" à l'idée que se font plus des deux tiers des interviewés du fonctionnement de l'institution. Plus de la moitié des répondants hésite encore à qualifier la justice "d'indépendante" (52% contre 41% pour qui le terme s'applique plutôt bien). On est guère plus clément vis-à-vis des juges : 43% des sondés les voient "plutôt plus indépendants du pouvoir politique qu'il y a quelques années, mais 42% pensent le contraire.
Globalement, les Français regrettent un manque de sévérité dans les jugements et les peines prononcés : à plus de 80% en ce qui concerne "les crimes sexuels", "les affaires politico-financières", ou "le trafic de drogue", dans plus de deux cas sur trois pour "le grand banditisme" ou "les personnes organisant l'arrivée d'immigrés en France" ; plus d'une personne sur deux aimerait encore plus de sévérité envers "la petite délinquance" ou "la délinquance des mineurs".
Malgré ces reproches, près de 60% des interviewés fait tout de même "confiance à la justice française pour lutter contre l'insécurité". Pour que cette lutte soit plus efficace, on souhaiterait dans huit cas sur dix "la mise en place d'un mécanisme prévoyant une peine automatique pour les délinquants récidivistes" (18% n'y seraient pas favorables".
Interrogés en dernier lieu sur les projets envisagés par le ministre de la justice Dominique Perben, les Français saluent "l'assouplissement des procédures de divorce" (90% d'avis favorables) et "la mise en place d'un code de déontologie pour les magistrats" (82%). Ils sont en revanche plus sceptiques sur "la mise en place de primes au mérite pour les magistrats" (64% d'avis défavorables).