LES FRANCAIS ET LA SECURITE ROUTIERE

Les chiffres et résultats complets du sondage.

Une perception plutôt optimiste de l''évolution de la sécurité sur les routes

Cliquer

Près d’un Français sur deux a le sentiment que la sécurité sur les routes s’est plutôt améliorée au cours des dernières années (48%).
Ce constat plutôt optimiste, partagé par l’ensemble des catégories sociodémographiques, l’est plus encore par les hommes (52%) que par les femmes (44%). Par ailleurs, les personnes qui parcourent le plus de kilomètres sont les plus acquises à l’idée d’une amélioration de situation : 55% des personnes qui effectuent plus de 26.000 km par an estiment que la sécurité s’est plutôt améliorée pour 47% de ceux qui roulent moins de 5000 kilomètres par an.

On ne constate pas, sur cette question, de différence notable entre les régions.

Les conducteurs s''auto-évaluent avec beaucoup de bienveillance

Cliquer

Près des trois quarts des conducteurs français estiment être de bons conducteurs (74%, 12% estimant même être de très bons conducteurs). Cette auto-perception semble en partie dépendre du statut social : les cadres (84%), les personnes disposant d’un niveau d’études supérieur (79%) ou encore de revenus supérieurs à 300.000 francs (83%) sont les plus enclins à s’évaluer de manière positive. Parallèlement, plus le nombre de kilomètres parcourus par an est important, plus l’image de soi en tant que conducteur est positive (65% des petits conducteurs s’estiment « bons » pour 84% des « gros rouleurs »).

Le constat est en revanche bien plus sévère s’agissant des automobilistes en général. Une nette majorité des Français (eux-mêmes conducteurs ou non) estime que les « autres » automobilistes ne sont pas « bons » (57%).

Au total, près d’un tiers des Français interrogés considèrent donc avec suffisance être de meilleurs conducteurs que la moyenne.

Confiants dans la qualité de leur conduite, les Français 
ne craignent pas de prendre le volant : un tiers d''entre eux
 appréhende en revanche de voyager en tant que passager

Cliquer

La confiance en soi-même domine au volant. Plus des trois quarts des conducteurs déclarent être en confiance lorsqu’ils prennent le volant (78%), 15% faisant état d’une inquiétude ou d’une légère appréhension. C’est notamment le cas des personnes parcourant moins de 5000 km par an (24%). Enfin on constate que seuls 25% des conducteurs s’estimant « moyens » déclarent connaître une inquiétude au moment de prendre le volant.

La confiance est en revanche moins partagée lorsqu’il s’agit de prendre place en tant que passager. Un tiers des Français (33%) disent avoir une inquiétude ou une légère appréhension dans cette situation. Ce chiffre monte à 52% chez les personnes déclarant avoir de l’appréhension lorsqu’elles prennent elles-mêmes le volant.

Les comportements des automobilistes, 
considérés comme causes principales des accidents

Quelles sont, selon vous, les trois principales causes d’accidents sur la route ?

 Ensemble
%
L’alcool82
La vitesse excessive62
Le non-respect des priorités, des stops et des distances entre les véhicules40
L’usage du téléphone portable en conduisant26
Les gens qui ne savent pas conduire21
La fatigue20
L’usage de drogues ou de médicaments comme les somnifères, les anxiolytiques, les remèdes contre le rhume18
La puissance des véhicules7
Le manque d’entretien des véhicules6
L’état du réseau routier6
L’absence de contrôles efficaces de la circulation4
Autres3
Ne se prononce pas-
 (1)

(1) Total supérieur à 100, plusieurs réponses possibles

Les causes des accidents sont, pour les Français, d’abord relatives à des comportements, plutôt qu’à des problèmes structurels. Ces réponses doivent toutefois se lire en ayant à l’esprit la bienveillance que les conducteurs peuvent avoir à l’égard de leur propre façon de conduire.

L’alcool et la vitesse sont ainsi particulièrement stigmatisés. Les plus jeunes se montrent particulièrement sensibles au problème de l’alcool au volant (jugé cause principale d’accident par 90% d’entre eux) mais aussi de la consommation de drogue ou de médicaments (30%). La vitesse est plus souvent pointée du doigt par les plus âgés (70%).

Quelques catégories jugées "à risque"

Cliquer

Les publics les plus exposés aux risques, sont aux yeux des Français, et par opposition, les motards plutôt que les automobilistes, les hommes plutôt que les femmes, les personnes qui font toujours le même parcours et celles qui font relativement peu de kilomètres.

La puissance de la voiture, l’âge du conducteur où l’environnement, urbain ou rural, interviennent moins, aux yeux des Français, dans les facteurs de risque.

Une tolérance inquiétante pour les comportements dangereux

CliquerCliquer

Seul un petit nombre de fautes de comportement au volant sont considérés comme "grave dans tous les cas" par la quasi-totalité des Français.

Le fait d’être originaire de telle ou telle région peut avoir une influence sur la tolérance plus grande affichée à l’égard de tel ou tel type de comportement dangereux. Il en va ainsi de ceux de la région "Paris-Ile-de-France-Centre" pour le fait de doubler par la droite, pour la vitesse et pour le port de la ceinture à l’arrière, ceux de la région "Rhône-Alpes-Auvergne" pour la vitesse en ville, ceux des régions "Sud" et "Méditerranée" pour le port de la ceinture à l’arrière et ceux de la région "Aquitaine" pour l’alcool au volant.

Le port de la ceinture et plus encore la vitesse restent des domaines dans lesquels les Français montrent une dangereuse souplesse à l’égard du non-respect de certaines règles pourtant connues de tous.
Fait majeur : souvent à rebours de leurs aînés, les moins de 35 ans se montrent dangereusement tolérants à l’égard d’un certain nombre de fautes. C’est particulièrement le cas pour les changements de file ou de direction sans clignotants (grave pour seulement 39% d’entre eux), la vitesse (minoritairement jugée dangereuse dans toutes les circonstances !), la conduite en état de fatigue ou après avoir pris des médicaments ou l’usage du portable.
En revanche, leurs réponses se rapprochent de celles des plus de 35 ans, voire les dépassent en rigidité, à propos du port de la ceinture à l’avant ou à l’arrière, le port du casque sur un deux roues ou la conduite en état d’ivresse.

Des écarts de conduite encore fréquents

CliquerCliquer

Logiquement, les domaines pour lesquels l’acceptation des « écarts de conduite » est la plus fréquente sont également ceux que les personnes interrogées avouent faire le plus souvent.
Le non-port de la ceinture, la vitesse et la conduite sous l’emprise de la fatigue ou de médicaments ou même d’alcool font ainsi partie des pratiques courantes ou occasionnelles d’au minimum environ une personne sur cinq (et de quatre personnes sur dix pour le port de la ceinture à l’arrière).

Comme pour ce qui concerne l’opinion à l’égard de certaines fautes de conduite, les comportements peuvent varier en fonction des catégories d’individus.
Les moins de 35 ans, et plus particulièrement encore les jeunes conducteurs de moins de 25 ans se montrent particulièrement enclins à s’autoriser certains écarts de comportements : ils sont ainsi près de deux fois plus nombreux qu’en moyenne à brûler des stops (plus de 10% d’entre eux déclare le faire au moins de temps en temps !), ils sont également les plus nombreux à déclarer ne pas mettre leur ceinture à l’arrière (46%), conduire lorsqu’ils sont fatigués (43%), ou utiliser leur téléphone portable en conduisant (18%). On ne constate en revanche pas de d’écart notable de comportement des plus jeunes pour ce qui concerne l’alcool au volant.

La prudence contrainte

Parmi les situations suivantes, quelles sont les trois qui vous incitent le plus à la prudence ?

 Cité en premier
%
Total des citations
%
Les conditions météo sont mauvaises (pluie, brouillard, etc.)3773
La circulation est très dense : départ/retours de longs week-ends ou de vacances939
Vous voyagez avec vos enfants1736
Vous avez le sentiment d’être moins vigilant, fatigué931
Vous circulez de nuit723
Vous constatez que les forces de police sont présentes sur les routes623
Vous empruntez des routes en mauvais état423
Vos passagers vous font remarquer que vous roulez trop vite520
Vous avez entendu des appels à la prudence (par les médias, Bison Futé…)315
Autres-1
Ne se prononce pas3 
 100 

Les circonstances contre lesquelles l’automobiliste ne peut rien (climat, densité de la circulation) sont toujours plus largement citées que les appels à la prudence ou la présence des forces de l’ordre sur la route.
Logiquement, les 25-45 ans sont les plus nombreux à évoquer la présence d’enfants dans le véhicule comme motif de prudence au volant. Les conducteurs de moins de 25 ans se déclarent également plus sensibles aux remarques que peuvent leur faire leurs passagers (30%).

Durcir la loi ?

Cliquer

Seul l’usage du téléphone portable en conduisant est perçu comme un domaine où la réglementation est jugée insuffisante par une majorité des Français (54%, contre 44% qui la jugent au contraire suffisantes), sans doute du fait de la relative nouveauté du phénomène. Les autres domaines – l’alcool au volant, la vitesse, le port du casque, l’entretien du véhicule ou le port de la ceinture – sont perçus comme suffisamment réglementés.
Les femmes (44% pour un renforcement de la législation) et les plus jeunes (51% des 15-19 ans) se montrent plus sévères que les hommes (34%) et ue les plus âgés (35% des 60-69 ans) en ce qui concerne l’alcool au volant.

Renforcer les sanctions ?

Cliquer

Les pénalités en matière de conduite en état d’ivresse, d’alcool au volant et d’usage du téléphone portable au volant ne sont pas jugées assez sévères par respectivement 69% , 65% et 62% des Français.

En revanche, en accord avec leur comportements, les Français ne souhaitent pas que soit durcie la réglementation en matière de port de la ceinture à l’arrière (60%), à l’avant (65%) ou d’excès de vitesse.

Un renforcement de la présence des force de l''ordre loin d''être rejeté

Cliquer

Enfin, les Français constatent majoritairement que les forces de police ou de gendarmerie ne sont pas assez présentes sur les petites routes (55%) et en ville (52%), mais qu’elles sont présentes « comme il faut » sur les autoroutes (48%) et sur les routes nationales ou les routes à grande circulation (44%).


Fiche technique :

Enquête réalisée par Ipsos pour  La sécurité routière

3919 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus (cumul d''enquêtes omnibus), ont été interrogées du 31 mars au  22 avril 2000

Echantillon raisonné avec sur-représentation des départements du Nord et du Pas de Calais, de manière à avoir des sous-échantillons régionaux de taille suffisante. Les résultats ont ensuite été redressés pour redonner à chaque région son poids réel.

Méthode : échantillon interrogé par téléphone selon la méthode des quotas : sexe, âge, profession du chef de famille, stratification par région et catégorie d''agglomération.