Les Français, Noël et les fêtes de fin d’année

Les fêtes de fin d’année sont-elles toujours la période féérique de notre enfance ? La magie de Noël opère-t-elle toujours en 2012 ? Ces festivités ne sont-elles pas aujourd’hui dépassées alors que les schémas familiaux ne cessent d’évoluer ? Que de nouvelles formes de sociabilités sont en voie de s’imposer ? Pas du tout ! C’est en tout cas ce qui ressort des résultats de l’enquête Ipsos pour Femme Actuelle sur les fêtes de fin d’année.

Auteur(s)

  • Vincent Dusseaux Directeur d'études, Ipsos Loyalty
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Les fêtes de fin d’année : une tradition qui perdure

Elles sont toujours extrêmement populaires. Pour preuve, 88% des Français fêteront Noël et 75% fêteront le Jour de l’An. Noël est un rendez-vous incontournable dans les foyers avec enfants (95%) tandis que le Jour de l’An est extrêmement populaire chez les plus jeunes (90% des 15-24 ans ont l’intention de faire la fête la veille au soir).

Plus que jamais, la famille et les proches sont au centre des fêtes de fin d’année. Pour une large majorité de Français (68%), cette période est d’abord et avant tout un moment privilégié pour se réunir en famille, et pour faire plaisir aux enfants (37% de citations, au deuxième rang des items proposés). D’ailleurs, même s’ils n’avaient aucune contrainte budgétaire pour les fêtes, la majorité des Français (73%) préfèrerait les passer en famille ou entre amis car c’est la tradition plutôt que de profiter de cette trêve pour partir en vacances.

Sans surprise donc, à quelques semaines du rendez-vous, une très large majorité de Français (84%) pensent qu’ils passeront Noël en famille. Très rares sont ceux qui ne seront pas en famille ce soir-là : 3% passeront Noël entre amis, 1% au travail et 3% seront seuls.

L’opportunité de casser la routine quotidienne

Les Français apprécient les fêtes parce qu’elles leurs permettent de passer du temps avec leurs proches, mais pas seulement. C’est aussi une période propice pour changer ses habitudes, casser la routine quotidienne et se mettre en valeur. Ainsi, 88% des Français ont l’intention pour les fêtes de préparer un menu spécial, 81% envisagent de décorer leur logement avec un sapin, des guirlandes ou des éclairages. Enfin, 75% des Français comptent porter une tenue de soirée pour l’occasion.

Les intentions varient selon le profil des personnes interrogées. C’est dans les foyers avec enfants que l’on met le plus l’accent sur les décorations. 92% des personnes interrogées qui ont des enfants habilleront leur logement aux couleurs de Noël (contre 77% des personnes qui n’ont pas d’enfant).

Les célibataires se laissent moins séduire par l’ambiance de Noël. Même si ce n’est pas la majorité, une grande partie d’entre eux n’a pas l’intention de décorer son logement (30%, contre 14% des personnes en couple et 8% des personnes avec enfants) ni de préparer un menu spécial pour la circonstance (20% contre 8% des couples et 11% des personnes avec enfants). De même, 30% des célibataires n’ont pas l’intention de faire d’efforts particuliers en matière vestimentaire. Pas sûr qu’ils trouvent leur moitié pendant les fêtes.

Casser la routine et embellir son quotidien pour les fêtes demandent aussi des moyens. Et en période de crise, ils font parfois défaut, notamment chez les plus modestes. 30% des personnes dont les revenus sont les plus faibles ne décoreront pas leur logement cette année (contre 16% des plus aisées), 34% ne porteront pas de tenue spéciale pour la circonstance (contre 22%). La différence de moyens s’observe aussi dans les assiettes : 23% des plus modestes n’auront pas de menus spéciaux quant presque tous les plus aisés apprécieront des plats typiques. Les fêtes sont finalement aussi une période ou les inégalités sociales sont plus criantes que le reste de l’année.

Le repas : casse tête des fêtes de fin d’année

Si le repas de Noël ne fait pas partie des premières choses auxquelles les Français pensent lorsqu’on évoque avec eux les fêtes de fin d’année (famille, enfants, ambiance arrivent en premier), l’héritage d’un certain art de vivre à la française en fait tout de même un point très important. Pour les fêtes, partager un bon repas et bien manger fait partie des moments importants pour plus d’un Français sur cinq (22%), au quatrième rang sur les huit propositions suggérées ; autrement dit devant les valeurs de partage, danser et se lâcher ou les cadeaux.

Le menu de Noël ou du Jour de l’An fait souvent l’objet d’âpres conversations entre les convives plusieurs jours voire plusieurs semaines avant le jour J. Elles se chevauchent avec une autre interrogation que beaucoup se posent pour les fêtes : mieux vaut-il recevoir ou être invité ? Cette question divise les Français. 50% préfèrent recevoir alors que 49% souhaitent plutôt être invités. Pas de différences significatives entre l’opinion des hommes et celle des femmes sur ce point. En revanche, on notera d’importantes disparités selon l’âge. La majorité des plus de 35 ans (58%) aime recevoir alors que les 15-34 (68%) préfèrent être invités. A noter aussi que 69% des célibataires préfèrent être reçus (quand 56% des couples préfèrent recevoir), tout comme les plus modestes (55%).

Une ambiance conviviale, même si les Français se passeraient bien de certains invités

Quoi qu’il en soit, hôtes ou invités, pour la grande majorité des Français (89%), l’ambiance autour de la table le soir de Noël sera sincère et conviviale, même si beaucoup prendront soins d’éviter certains invités.

En effet, même si pour la majorité des Français (60%) personne ne pose véritablement problème, 39% des personnes interrogées se passeraient bien de certains convives. Aux rangs des « indésirables », les cousins et cousines, oncles et tantes qu’on ne voit jamais par ailleurs occupent la première place, avec 16% de citations. Suivent le copain ou la copine esseulé qu’on s’est senti obligé d’inviter (9%), la belle famille (7% de citations pour les parents de son conjoint) et ses propres parents (6%).

La magie de Noël opère toujours, mais les fêtes ont aussi quelques inconvénients

Certes, les fêtes sont parfois ponctuées de désagréments, certes tous les Français ne sont pas mécaniquement enjoués et heureux la dernière semaine de décembre, mais pour une large majorité (67%) les fêtes sont plutôt une période réjouissante ; surtout pour les 15-24 ans (à 76%) et les personnes qui vivent avec des enfants (79%).

Les réfractaires des fêtes et les angoissés de la fin d’année sont plutôt minoritaires. Pour 20% des Français, les fêtes sont une période comme une autre (24% des hommes, 26% des plus modestes). C’est une période angoissante pour 13% des personnes interrogées (17% des femmes, 18% des plus de 45 ans).

Au rang des désagréments, on notera tout de même que le stress lié aux courses, la foule dans les magasins ou les embouteillages font partie des choses qui déplaisent les plus (avec 29% de citations) ; suivi de près par la crainte des excès de nourriture ou d’alcool (27%). De façon plus marginale, les Français déplorent les obligations auxquelles il est impératif de se plier : l’obligation de faire des cadeaux (18% de citations) et l’obligation de faire la fête (17%).

Les inconvénients de Noël et du Jour de l’An changent en fonction de la manière d’appréhender cette période. Le TOP 3 des désagréments pour les « angoissés des fêtes » est composé de : l’obligation de faire la fête à un moment donné (34% de citations), le stress des achats de Noël (31%) et l’obligation des cadeaux (28%). « Les indifférents » déplorent eux l’obligation de faire la fête (34% de citations), de faire des cadeaux (30%) et le risque d’excès (26%).

Les nouvelles pratiques de Noël

Les Français ont une conception relativement traditionnelle des fêtes de fin d’année. Elles restent pour eux un moment privilégié qu’ils partagent avec leur famille. Ils jouent volontiers le jeu en décorant leur logement, en cuisinant, en s’habillant. Pour autant, cette conception des fêtes n’empêche pas l’apparition de nouvelles tendances dans les foyers français.

En matière de cadeaux par exemple, les choses semblent évoluer. Une majorité de Français (56%) a déjà ou pourrait envisager de fêter Noël sans offrir ni recevoir de cadeau. Faut-il y voir une tendance émergeante ou une nouvelle conséquence de la crise économique ? Par ailleurs, l’époque où la bienséance incitait à utiliser tous ses cadeaux, même ratés, semble révolue. C’est du moins le cas pour 43% des personnes interrogées qui ont déjà ou pourraient envisager d’échanger ou de revendre les cadeaux qui ne leur plaisent pas (53% chez les 15-24 ans).

Dans un pays où les traditions gastronomiques font partie du patrimoine national, le repas de Noël connait lui aussi quelques évolutions. Une majorité de Français (54%) a déjà ou pourrait envisager de servir des plats préparés ou surgelés le soir de Noël. 16% l’ont même déjà fait !

D’autres tendances apparaissent, comme par exemple passer Noël avec les plus démunis (70% des Français pourraient l’envisager – mais seulement 4% l’ont déjà fait) ou partir en vacances (59% pourraient l’envisager et 19% l’ont déjà fait). Le rôle de la famille pendant les fêtes pourrait donc être amené à évoluer.

Auteur(s)

  • Vincent Dusseaux Directeur d'études, Ipsos Loyalty

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