Les Français privilégient les médias traditionnels pour s’informer sur la Présidentielle
Télé, radio, presse écrite, internet : le sondage réalisé par Ipsos pour Comfluence dresse une hiérarchie des medias qui seront utilisés par les Français pour s'informer pendant la campagne électorale présidentielle 2012, et analyse leur influence respective.
La campagne de l’élection présidentielle de 2012 suscite l’intérêt des Français. Près d’un sur trois considère qu'elle sera plus intéressante cette année qu'en 2007, contre seulement 5% qui pensent qu'elle le sera moins.
Pour s'informer, les Français regarderont en priorité la télévision (86% de citations), qu’il s’agisse de chaînes généralistes (83%) et/ou de chaînes de télévision spécialisées dans l’information (54%). Près de deux Français sur trois (61%, 70% chez les moins de 35 ans) souhaitent d'ailleurs "un grand débat télévisé qui réunirait tous les candidats à la Présidentielle avant le premier tour", en plus du traditionnel débat de second tour avec les deux qualifiés. La radio et la presse écrite ne seront pas en reste, puisque respectivement 68% et 64% des personnes interrogées les utiliseront également pour suivre la campagne électorale.
Sur le web, ce sont les sites des médias traditionnels qui devraient être les plus consultés (50% de citations), assez loin devant les "pure players" spécifiquement dédiés à l'information (20%), les réseaux sociaux (17%, mais jusqu'à 40% chez les moins de 25 ans), les sites internet des partis politiques (16%), les blogs des candidats (13%) ou les blogs de journalistes (10%). Au total, 58% des Français comptent tout de même s'informer sur le net, et 41% utiliseront au moins une source online "hors media classiques".
Cette préférence pour les médias traditionnels, y compris sur internet, s’explique notamment par la méfiance des Français à l’égard du web. Trois Français sur quatre considèrent en effet "qu'il est très difficile de faire le tri entre vrai et faux sur internet", et 62% "ne font confiance qu'aux sites des medias classiques, reconnus hors du web". Pour autant, une proportion équivalente estime "qu'on trouve sur internet toutes les informations qui permettent de mieux comprendre les enjeux de la vie politique" (62%), et "qu'on est facilement orienté vers une source fiable quand on cherche une source d'information" (61%). La moitié des interviewés réfute d'ailleurs l'idée de privilégier les media classiques à internet "si on recherche des articles avec une véritable analyse".
Les Français se méfient des acteurs qui pourraient intervenir auprès des candidats à l’élection présidentielle
Interrogés sur une série d’acteurs qui pourraient être amenés à défendre auprès des candidats des mesures qu’ils estiment nécessaires de prendre après l’élection présidentielle, les Français ne font majoritairement confiance qu’aux associations pour concilier l’intérêt général et la défense de ses propres intérêts (57%). Toute autre forme de lobbying suscite majoritairement la défiance. C'est notamment le cas en ce qui concerne la possible intervention des syndicats de salariés (52% ne leur font pas confiance pour concilier l’intérêt général et le défense de leurs propres intérêts), des fédérations et organisations professionnelles (57%), des médias (61%), et plus encore des organisations patronales (75%), des partis politiques (76%) ou des représentants des différentes confessions religieuses (81%).
L’intervention des entreprises dans la campagne est elle aussi considérée d’un mauvais œil: 57% des Français (70% des sympathisants de gauche) jugent "qu’elles ne doivent pas intervenir dans la campagne présidentielle car elles servent d’abord leur propres intérêts et non pas la sortie de crise", contre 43% (60% des proches de l'UMP) qui pensent au contraire "que les entreprises doivent intervenir car elles ont des propositions qui peuvent favoriser la sortie de crise".
Les Français sont plus partagés quant au rôle des professionnels de la communication dans la campagne : pour la majorité (53%), "il n’est pas normal que les candidats à l’élection présidentielle fassent appel à des professionnels de la communication, leur personnalité et les idées qu’ils défendent devant se suffire à elles-mêmes", mais 47% des répondants estiment tout de même "qu'il est normal que les candidats à l’élection présidentielle fassent appel à des professionnels de la communication, cela leur permet de mieux expliquer leurs idées et leurs projets et de les rendre plus compréhensibles".