Les Français s’inquiètent pour leur retraite
La cinquième vague de l’observatoire français des retraites réalisé par Ipsos pour l’Union Mutualiste Retraite confirme un niveau d’inquiétude élevé de la majorité des Français concernant les conditions de vie à la retraite. En matière de santé, c’est désormais le spectre de la dépendance, associé au grand âge, qui effraie le plus.
Les Français toujours aussi inquiets de leurs conditions de vie au moment de leur retraite.
Alors que le chef de l’Etat promet d’être offensif sur la question des retraites en 2010 en faisant de cette dernière un marqueur-clé des réformes structurelles qu’il s’est promis d’entreprendre, les Français sont toujours aussi préoccupés par leurs conditions de vie au moment de leur retraite.
Deux Français sur trois se disent ainsi inquiets de leur niveau de vie à ce moment de leur vie (67% ; stable depuis avril 2009), et une proportion plus forte encore, 78%, s’inquiètent quant au « montant de la retraite ». Comme pour les précédentes vagues, les femmes sont encore plus préoccupées que les hommes. En revanche, la chute de confiance des retraités eux-mêmes est une nouveauté. Même si elle reste plus élevée que pour les actifs, la confiance par rapport au montant de leur retraite chute de 9 points par rapport à avril 2009 (33%), celle sur le niveau de vie suit la même tendance (-7 points ; 42%), impactant à son tour l’anticipation des capacités à vivre de façon indépendante (-7 points ; 51%).
Le vieillissement relégué au 4ème âge
Aujourd’hui pourtant, les retraités sont souvent présentés comme des personnes dynamiques, qui voyagent et ont de nombreuses activités. Pour 58% des Français (et 60% des retraités), il s’agit d’une réalité. Moins de 4 Français sur 10 considèrent a contrario que cette image relève plutôt du mythe (39% et 34% chez les retraités). Du coup, pour la majorité des Français, la retraite n’est plus synonyme de vieillissement. Ils considèrent d’ailleurs très majoritairement que des progrès ont été réalisés en ce qui concerne les aspects médicaux de la prise en charge des retraités ; 72% estiment par exemple que les choses se sont plutôt améliorées en matière d’effort de recherche pour la lutte contre des maladies telles que le cancer ou Alzheimer.
Le pendant négatif de cette image réconfortante d’une retraite dynamique est la relégation des questions liées à la perte d’autonomie et au vieillissement à un 4ème âge, qui effraie particulièrement les retraités. Sur les questions de santé traitant plus de l’accompagnement des personnes qu’au soin proprement dit, la perception des progrès réalisés ces dernières années est d’ailleurs plus mitigée. On n’est plus qu’à 58% de Français qui considèrent que les choses se sont plutôt améliorées en matière d’accompagnement des personnes dépendantes, contre 28% qui pensent que rien n’a changé, et 11% qu’elles se sont détériorées. Ils sont encore plus mesurés sur l’efficacité de la lutte contre la solitude des personnes âgées : 39% considèrent que les choses se sont plutôt améliorées en la matière, mais 40% pensent qu’elles sont restées identiques, et 19% qu’elles se sont plutôt détériorées.
Une autonomie si chère aux retraités
Ainsi, alors que pendant de nombreuses années, la solitude, l’ennui et le sentiment d’inutilité étaient les maux les plus souvent associés à la retraite, c’est désormais l’appréhension de la dépendance qui est la plus forte. Les deux problèmes qui inquiètent le plus sont aujourd’hui « la perte de mobilité » (60%) et « la perte de mémoire » (58%), loin devant la solitude (30%), les maladies chroniques (25%), l’ennui et le sentiment d’inutilité (17%). Chez les retraités, les deux principales inquiétudes sont les mêmes : la perte de mobilité (67%) et la perte de mémoire (61%), tandis que la solitude n’est citée que par 22% d’entre eux et l’ennui et le sentiment d’inutilité par 9%. La dépendance est d’autant plus anxiogène qu’on a le sentiment qu’on ne pourra compter que sur sa famille (59%), et beaucoup moins sur les amis (27%), les acteurs associatifs (12%), les structures privées (7%) ou les pouvoirs publics (4%). Et si cela devait arriver, on s’inquiète alors de devenir « une charge pour sa famille » (62%). C’est la principale inquiétude par rapport à la perte d’autonomie, devant le sentiment de perdre sa dignité (42%), le fait de devoir quitter son logement (34%), la souffrance (29%) et le coût de la pise en charge (24%). La peur d’être une charge est d’autant plus forte que 58% des personnes interrogées pensent qu’elles n’auraient pas d’autre choix, ne disposant pas des moyens financiers permettant de faire face à cette situation.