Les Français sont favorables à l'encadrement des loyers mais sont assez partagés sur son efficacité
La proposition du gouvernement de plafonner les augmentations de loyer lors d’un changement de locataire, dans les villes où le marché locatif est tendu, recueille une large approbation dans l’opinion : sept Français sur dix (70%) y sont favorables (42% y sont même « tout à fait favorables »), contre seulement 27% qui y sont opposés. On constate un consensus assez large autour de cette mesure entre les différentes catégories de population, sans doute parce que la crise en matière de logement est aujourd’hui un problème reconnu par tous. Si les locataires et les propriétaires sont favorables au plafonnement des loyers lors des relocations à respectivement 70% et 72%, il en va de même pour 62% des bailleurs.
Reflet de la complexité du problème, les Français se montrent nettement plus partagés lorsqu’il est question d’évaluer l’impact de l’encadrement des loyers sur l’offre de logements. Si la moitié d’entre eux (50%) considère qu’une mesure de plafonnement de la hausse des loyers n’entraînerait pas une diminution de l’offre de logements mis à la location, ils sont 45% à penser le contraire (dont 47% des locataires, 44% des bailleurs et 42% des propriétaires). Il n’en reste pas moins qu’en cas d’encadrement des loyers lors des relocations, trois bailleurs actuels sur quatre (75%) continueraient à louer leur bien, contre 15% qui le revendraient ou abandonneraient leur projet d’achat, 7% qui l’utiliseraient pour loger un proche à titre gratuit et 1% seulement qui le retirerait du marché en le conservant inoccupé.
Le gel des loyers dans les villes où le marché locatif est tendu constitue une autre mesure bien accueillie des Français : 72% d’entre eux y sont favorables, contre seulement 24% qui y sont opposés. L'approbation est logiquement très forte chez les locataires (77%), mais aussi assez nettement majoritaire (57%) chez les bailleurs.