Les Français sont partagés sur le dossier Corse

L'enquête réalisée par Ipsos pour BFM et le Journal du Dimanche montre que les Français s'interrogent sur l'opportunité de reprendre les négociations avec les nationalistes, qui ont suspendu leur soutien aux accords de Matignon. Il y a aujourd'hui quasiment autant de personnes qui font confiance au gouvernement Jospin pour trouver une solution durable à la question Corse, que d'interviewés ayant exprimé un avis contraire.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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Le nouveau statut de la Corse, adopté en première lecture en mai dernier, devait conférer à l'assemblée régionale le pouvoir d'adapter des lois. Lors des rencontres de Corte, début août, les nationalistes ont demandé l'amnistie des "prisonniers politiques". Après cette revendication, qui a divisé les Verts, l'assassinat de l'ancien dirigeant nationaliste François Santoni a encore fragilisé le processus de Matignon. Aujourd'hui, suite à l'arrestation de neuf militants dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat en août 2000 d'un ancien chef du FLNC, Jean-Michel Rossi, les élus nationalistes de l'île ont décidé de "suspendre" leur participation au processus.

Si le gouvernement, la société civile corse et les élus de l'assemblée territoriale dans leur ensemble veulent poursuivre, l'opposition, très critique, demande la consultation du peuple corse. Les Français sont quant à eux partagés. La majeure partie - 39% des personnes interrogées - juge que le gouvernement doit reprendre les négociations avec les nationalistes pour modifier son projet de loi. Cet avis est majoritaire chez les proches de la gauche plurielle comme chez les sympathisants de droite. Mais un Français sur quatre estime plutôt que le gouvernement ne doit ni reprendre les négociations, ni modifier son projet de loi, et une proportion comparable préfère ne pas se prononcer sur la question. En revanche, les personnes pensant qu'il serait préférable que le gouvernement retire tout simplement le projet ne représentent que 14% des Français, soit une minorité dans toutes les franges de la population. Qu'elles que soient les décisions prises, le dossier Corse pèsera certainement lourd dans la campagne électorale à venir.

Aujourd'hui 42% des Français font confiance au gouvernement de Lionel Jospin pour apporter une solution durable à la question corse, contre 45% qui ne lui accordent pas cette confiance. Les avis sont ici très clivés politiquement, les sympathisants de droite étant très majoritairement défiants, contre un fort soutien des proches de la gauche en général, et des sympathisants socialistes en particulier. Les proches des Verts, moins enthousiastes, sont tout de même une majorité à soutenir la politique du gouvernement.

Il est toutefois intéressant de rappeler que 57% des Français déclaraient fin août ne pas faire confiance à Jospin pour obtenir des résultats sur la gestion du dossier Corse (contre 30% d'avis contraire et 13% de sans opinion). L'opinion s'est donc depuis rééquilibrée, en faveur du gouvernement.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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