Les jeunes et l'Europe
Ipsos a recueilli pour le Ministère de la Jeunesse et des Sports et l'Institut National de la Jeunesse et de l'Education Populaire (INJEP) l'opinion des jeunes Français âgés de 15 à 25 ans sur l'Europe : leur perception, leurs représentations, et les souhaits d'implication qu'elle suscite.
La fréquentation de l'espace européen
L'envie de découvrir l'Europe est quasi unanime : 94% des jeunes déclarent avoir envie de se rendre, dans les années à venir, dans un autre pays européen que la France. """"""Le""""""s motivations sont d'abord touristiques pour 83%, moins souvent professionnelles (44%), scolaires (22%) ou culturelles (22%).
Pour une très grande majorité des jeunes ayant répondu au questionnaire, le financement constitue la principale pierre d'achoppement à ce projet (79%). Mais on note également que la maîtrise insuffisante des langues étrangères constitue également un frein non négligeable, notamment chez les moins diplômés. Enfin, plus d'un tiers des répondants (36%) ne souhaitent pas interrompre leurs études en cours.
Ce dernier chiffre renvoie implicitement à la méconnaissance des programmes européens : 83% des jeunes déclarent ' mal ' connaître les programmes de l'Union Européenne pour la jeunesse (Jeunesse, Socrates, """"""Le""""""onardo).
L'image de l'Europe
""""""Le""""""s représentations spontanées de l'Europe sont souvent vagues, générales : 56% évoquent les termes 'union ou ensemble de pays', 12% 'continent', 3% 'grand pays'. 'ensemble', 'union' - autant de termes relevés lors des rencontres départementales - ne donnent pas le sentiment d'une véritable incarnation de l'Europe. Elle reste manifestement quelque chose de flou, de vague, de méconnu.
L'Europe d'aujourd'hui apparaît comme un élément extérieur à la vie quotidienne des jeunes : une majorité d'entre eux (52%) estime que l'Europe ne joue un rôle important dans leur vie de tous les jours, 48% évaluant au contraire positivement son influence. Là encore, le niveau de diplôme joue : plus le jeune est diplômé, mieux il apprécie le rôle de l'Europe au quotidien.
Pour autant, le rôle de l'Europe est massivement jugé positivement : 81% des 15-25 ans ayant répondu au questionnaire estiment que l'Europe joue un rôle positif dans leur vie de tous les jours. """"""Le""""""s échanges culturels entre les pays, le développement des nouvelles technologies, l'économie du pays ou encore la santé des marchés financiers sont à mettre à l'actif de l'Europe. Mais il s'agit aussi de domaines généraux, dont on conçoit bien qu'ils se situent en dehors du quotidien personnel. Pour les domaines plus proches des individus, la perception est sensiblement plus mitigée. """"""Le""""""s jeunes constatent que l'Europe n'intervient pas suffisamment dans les domaines qu'ils jugent prioritaires pour eux-mêmes, comme l'emploi (77%), la lutte contre le racisme (56%) ou encore la lutte contre l'exclusion (45%). C'est donc, dans l'esprit des jeunes, dans cette direction que l'Europe doit aujourd'hui avancer dans les mois et années à venir.
L'implication des jeunes
""""""Le""""""s 15-25 ans déclarent à une écrasante majorité que leur classe d'âge n'est pas assez associée aux décisions de l'Union Européenne les concernant (88%). """"""Le"""""" sentiment d'exclusion est ici quasi général, traversant toutes les catégories.
Ce chiffre contraste très sensiblement avec les souhaits d'implication manifestés par cette population et, dans une moindre mesure, avec leur confiance dans une implication possible : 73% souhaitent être davantage associés aux décisions les concernant. Mais il faut noter que 20% des 15-25 ans ayant répondu à l'enquête ne manifestent aucune envie à ce sujet, et c'est d'autant plus le cas que le niveau de diplôme est bas ou que les études ont été interrompues de manière précoce.
Par ailleurs, 45% des 15-25 ans estiment pouvoir intervenir personnellement pour faire évoluer l'Europe dans les domaines qui les intéressent. Plus le niveau de diplôme est élevé, plus cette confiance dans les vertus de l'engagement est forte.
Il reste toutefois que cette volonté d'engagement - souvent relayée par une croyance forte dans la possibilité de faire bouger les choses les concernant - se traduit difficilement, aujourd'hui, en véritable force de proposition. La question finale permettait aux jeunes de présenter les décisions qui leur tiennent à cœur : les thèmes abordés sont relatifs aux choix politiques (21%), aux échanges culturels (15%), à une société plus juste (13%), à l'écoute de la jeunesse (11%), à la formation (11%) ou encore à l'emploi (8%).
""""""Le"""""" mode de recueil de l'information
""""""Le"""""" recueil de l'information s'est fait grâce à l'organisation de rencontres départementales, en lien avec les conseils de la jeunesse, au traitement de plusieurs milliers de questionnaires auto-administrés - remplis par les jeunes eux-mêmes, et à l'organisation de réunions de groupe, plus destinées à recueillir l'avis des jeunes en difficulté, traditionnellement plus réticents à ces types de prises de parole.
Ipsos rappelle ici qu'un processus de consultation n'est pas un sondage. S'agissant de donner la parole aux jeunes de la manière la plus large possible, et de disposer d'un matériel riche, divers, le choix s'est logiquement porté sur une démarche de consultation plutôt que sur un sondage ' classique '. Par définition, les résultats présentés sont donc ceux enregistrés auprès des jeunes qui ont souhaité s'inscrire dans cette démarche participative, sans souci de représentativité sociodémographique, mais avec celui, vérifié dans les faits, d'ouvrir le champ des représentations.
4000 questionnaires et 70 compte-rendus des réunions départementales ont été pris en compte au moment du traitement des résultats. A cela s'ajoutent deux réunions de groupe organisées par Ipsos auprès de jeunes en difficultés.