L'euro tonifie l'image de Leclerc
La bonne progression de l'indice d'image de Leclerc lui permet d'accéder à la deuxième place du palmarès des entreprises françaises, son meilleur classement jamais enregistré. Aujourd'hui, 86% des Français en ont une "bonne image", contre 10% d'avis contraire, soit un indice(*) de 75 points (+7). La chaîne d'hypermarchés doit en premier lieu cette bonne performance au fort engagement de Michel Edouard Leclerc en faveur de l'euro. En effet, aucune autre entreprise de la grande distribution ne progresse de la sorte : l'indice d'image de Carrefour-Promodès augmente de deux points mais reste assez loin du niveau de Leclerc (59), ceux d'Intermarché et d'Auchan restent stables (respectivement 63 et 61 points), tandis que l'indice de Casino perd un point (57). La deuxième place de Leclerc relègue pour la première fois EDF au pied du podium, avec un indice de 74 (-1). Leclerc n'est plus distancé aujourd'hui que par Gaz de France, qui redevient l'entreprise préférée des Français (86% en ont une "bonne image" contre 8% de "mauvaise image", soit un indice de 78).
L'arrivée de l'euro n'a pas été bénéfique pour toutes les entreprises, loin s'en faut. Le secteur bancaire en particulier est sévèrement touché. Avec un indice à 40 points (-12), le Crédit Agricole enregistre ce mois ci sa moins bonne performance depuis le début du baromètre, en octobre 1999. Les chutes d'images sont encore plus sévères pour la Société Générale (indice 38, -16 points), BNP Paribas (indice 27, -11) et surtout le Crédit Lyonnais, qui suite à une baisse de 18 points, redevient majoritairement impopulaire (35% des personnes interrogées en gardent une bonne image, contre 52% de "mauvaise image", soit un indice à –17). Le Crédit Lyonnais devance toutefois encore Total-Elf-Fina, l'habituelle lanterne rouge du palmarès. Le groupe pétrolier n'en fini pas de sombrer, son image déjà mise à mal lors de la dernière vague suite à l'explosion d'une usine du groupe – AZF à Toulouse – se détériore encore. En baisse de 10 points, l'indice atteint son plus bas niveau jamais enregistré dans notre baromètre (-50), inférieure même à ceux enregistrés suite au naufrage de l'Erika en 1999.
On notera enfin l'influence des cours boursiers sur l'image de certaines entreprises. La baisse de popularité de Vivendi-Universal est en grande partie à rapprocher de la baisse du titre sur les marchés financiers. L'indice d'image du groupe chute en effet lourdement (-15 points, indice 11), en particulier du fait du sévère jugement des Français détenteurs d'un portefeuille de valeurs mobilières, pour lesquels l'indice passe de 33 à 14, soit une baisse de 19 points. L'exemple d'Alcatel, dont l'image est stable depuis la chute brutale enregistrée à l'automne suite à l'effondrement de l'action, n'incite d'ailleurs pas à l'optimisme pour Vivendi. Danone en revanche poursuit sa reconquête. Même si l'on est encore loin de l'excellente image dont bénéficiait le géant de l'agroalimentaire auprès des Français avant les problèmes de sécurité alimentaire et la vague de licenciements chez Lu, la croissance de sa popularité se poursuit (60% de bonne image, +3, 33% de "mauvaise image", -1, pour un indice de 27, +4).