L'image des partis de droite se détériore

Le jugement porté sur les partis de gauche s'améliore, dans le dernier baromètre Ipsos-le Point, tandis que la perception de l'opposition dans l'opinion se dégrade. On relève aussi un regain de popularité d'Alain Juppé et de Laurent Fabius.

La rentrée politique est placée sous le signe de la popularité persistante de la cohabitation. L'enquête de septembre du baromètre de l'action politique Ipsos/Le Point montre que la cote de Jacques Chirac reste élevée, avec 63% d'avis favorables (contre 28% d'avis défavorables), même si le président de la République perd deux points. Le fondateur du RPR est plébiscité par les sympathisants de ce mouvement (92% d'avis favorables, 5% d'avis défavorables) et satisfait la majorité des Français, quelle que soit leur proximité politique. Il n'y a guère que les proches du PC pour porter un jugement majoritairement négatif sur le chef de l'Etat.
Six Français sur dix soutiennent l'action de Lionel Jospin en tant que Premier ministre, contre 33% d'avis contraire. Là encore, la popularité du chef de l'exécutif reste pratiquement stable par rapport au mois dernier.

Les personnalités de gauche dominent toujours le palmarès politique. Bernard Kouchner conserve sa première position, largement soutenu dans son action à gauche (78% d'opinions favorables), comme à droite (63%). Martine Aubry se maintient à la troisième place, juste derrière Jack Lang. Son action est plébiscitée par les sympathisants de gauche (76% d'avis favorables, 18% d'avis défavorables) tout en étant jugée avec indulgence par ceux de droite (41% d'avis favorables contre 52%). Il faut descendre à la dixième place de ce classement pour voir apparaître la première personnalité de droite, Philippe Séguin, dont "l'action" – au demeurant discrète – suscite un jugement partagé (41% d'opinions positives contre 42% de négatives). Charles Pasqua régresse dans la hiérarchie des leaders politiques, perdant 7 points d'opinions favorables et revenant à un score proche de celui qui était le sien avant la campagne des élections européennes.
Alain Juppé arrive en tête du palmarès, à égalité avec Bernard Kouchner, parmi les sympathisants de droite. L'ancien Premier ministre retrouve son meilleur solde de popularité depuis le début de l'année. Il progresse tout particulièrement, dans la dernière période, parmi les cadres supérieurs et les revenus élevés. Un autre ancien chef de gouvernement ayant connu les affres de l'impopularité voit sa perception par l'opinion s'améliorer. Laurent Fabius gagne cinq points en un mois. Pour la première fois depuis très longtemps, le pourcentage de ceux qui lui sont "défavorables" descend en-dessous du seuil de la majorité absolue. La popularité du président de l'Assemblée nationale – qui est plus présent sur la scène politique depuis la clôture de l'épisode du sang contaminé – s'améliore à la fois chez les sympathisants socialistes et dans les rangs de l'opposition.

En termes partisans aussi, la majorité se porte autrement mieux que l'opposition. Tous les partis de la "gauche plurielle" progressent en image (Verts, plus deux points ; PS, +2 ; PC, +3), tandis que l'ensemble des partis de droite régressent (RPR, -2 ; UDF, -5 ; RPF, -5 ; UDF, -5 ; FN, -2), aucun n'obtenant un solde d'opinions positif sur l'ensemble des Français. A noter également le très mauvais score du FN, qui même auprès des sympathisants de droite ne recueille plus que 6% d'avis favorables, contre 92% d'opinions défavorables. Depuis son éclatement du printemps dernier, l'extrême-droite a cessé de s'attirer les bonnes grâces d'une fraction de l'électorat conservateur.

L'opinion semble enfin encore très peu concernée par l'élection du président du RPR. Parmi les candidats testés, François Fillon est la seule personnalité à être connue de la moitié des Français. Le candidat soupçonné d'être soutenu par l'Elysée, Jean-Pierre Delevoye, n'est connu que d'un Français sur cinq, et seulement 18% des sympathisants RPR. Quant à savoir si les trois candidats feraient de bons président pour le RPR, les réponses hésitantes montrent que les sondés attendent d'en savoir plus pour juger.

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