L''Indice Européen de la Consommation se stabilise à son plus haut niveau
La douzième vague de l’Indice européen de la consommation Sofinco – Ipsos dresse un panorama complet de la consommation en cette fin d’année. Après avoir enregistré des progressions au cours des deux précédentes vagues (février et mai), l’Indice Européen de la Consommation se stabilise à son plus haut niveau (113).
La stabilité apparente de l’Indice Européen de la Consommation ne doit toutefois pas masquer de réelles variations en fonction des différents pays étudiés. Ainsi l’Italie jusque là en retrait, rattrape aujourd’hui ses homologues européens avec un Indice Européen de la Consommation en hausse de 6 points (indice 108). Stable en France et en Grande Bretagne, cet indice, qui mesure la propension à consommer, le potentiel de consommation et l’intention de consommation enregistre en cette fin d’année un léger recul en Allemagne (indice 113, -1 point), aux Pays-Bas (indice 131, -2 points), en Espagne (indice 131, -3 points) et une baisse importante au Portugal (indice 84, -7 points) et en Belgique (indice 100, -14 points).
La progression des Italiens sur l’ensemble des indicateurs du baromètre est avant tout la conséquence de la forte hausse de leur potentiel de consommation (indice 99, +12 points) et de leur envie de consommation (indice 124, +10 points). Les indices d’intention de consommation et de confiance économique progressent également mais dans une moindre mesure (+3 points, respectivement indice100 et indice 113). Un peu plus du quart (27%, +7 points) des Italiens interrogés ont déclaré avoir les moyens de dépenser, mais seulement 14% (+7 points) avec une réelle envie.
En Grande Bretagne la tendance positive identifiée lors de la précédente vague se maintient. Si 64% (+1 point) des foyers britanniques interrogés se déclarent optimistes quant à l’évolution de leur niveau de vie et de leur pouvoir d’achat, ils ne sont plus que 29% (-4 points) à avoir une vision pessimiste à l’égard de celui-ci. L’indice du potentiel de consommation progresse donc de 6 points (indice 151), sans toutefois profiter à l’indice d’intentions de consommation qui lui enregistre une baisse de 4 points (indice 118).
Auprès des Français, bien que la vision de la situation économique de leur pays reste optimiste pour près des deux-tiers d’entre eux (63%, +3 points), on observe une relative érosion de leur optimisme quant à l’évolution du niveau de vie et du pouvoir d’achat de leur foyer (49%, -3 points). En effet leur envie de dépenser est toujours élevée à 75% (-2 points), mais ils sont également 75% (+2 points) à ne pas en avoir encore les moyens.
La confiance économique des Allemands qui avait fortement progressé au premier semestre 2000 se confirme, 67% d’entre eux (+1 point) affichent une vision optimiste de la situation économique de leur pays et 67% (sans évolution) sont également optimistes en ce qui concerne l’évolution de leur niveau de vie et le pouvoir d’achat de leur foyer.
Les baisses respectives de l’indice européen de la consommation aux Pays-Bas, en Espagne, au Portugal et en Belgique s’expliquent principalement par une baisse de la vision optimiste des interviewés sur la situation économique de leur pays et sur l’évolution de leur niveau de vie et pouvoir d’achat.
A l’approche de la mise en place effective de l’euro, on observe une évolution dans la prise de conscience des conséquences liées à sa mise en circulation. Alors que les avis restaient partagés lors des précédentes vagues du baromètre, les européens voient aujourd’hui plus d’inconvénients que d’avantages à l’instauration de la monnaie unique (47% plus d’inconvénients que d’avantages contre 33% plus d’avantages que d’inconvénients). Cette défiance vis à vis de l’euro l’emporte nettement auprès des 50 ans et plus (49% plus d’inconvénients que d’avantages contre 28% plus d’avantages que d’inconvénients) et des foyers aux revenus modestes (48 % plus d’inconvénients que d’avantages contre 26% plus d’avantages que d’inconvénients). A l’inverse les foyers aux revenus supérieurs conservent un avis sensiblement favorable (45% plus d’avantages que d’inconvénients contre 44% plus d’inconvénients que d’avantages).
Au sein des différents pays interrogés les avis ont chez certains fortement évolués. La France et la Grande Bretagne confirment leur réticences. En Allemagne, en Italie, en Belgique, aux Pays-Bas et au Portugal, on observe un véritable retournement de la situation alors que ces pays voyaient jusqu’à présent plus d’avantages que d’inconvénients à l’instauration de l’euro. Quant à l’Espagne, elle se singularise, c’est le seul pays où les avantages devancent encore les inconvénients pour l’instauration de la monnaie unique européenne.
Les principales difficultés pour l’ensembles des personnes interrogées sont la difficulté à estimer les nouveaux prix (35%), le risque de se tromper en faisant des conversions (30%) et le risque de se tromper entre la devise du pays et l’euro pour les paiements par chèque ou par carte bancaire (16%). Là aussi on observe des différences auprès des différents pays interrogées. Les "pro-euro" précédemment identifiés ont tendance à mettre en première difficulté celle de se tromper en faisant des conversions alors que les "réticents" estiment plus difficile d’estimer les nouveaux prix.
Fiche technique :
Français, Allemands, Britanniques, Italiens, Espagnols, Portugais et habitants du Bénélux représentent aujourd’hui plus de 85% des consommateurs de l’union européenne. L’évolution globale et comparée de leur moral, de leurs comportements et de leurs intentions de consommation constituent des facteurs décisifs de la croissance économique européenne dans les années à venir.
L’indice européen de la consommation, réalisé par IPSOS pour la Banque SOFINCO, est un dispositif complet permettant de cerner à intervalles réguliers les attitudes des consommateurs de ces pays créé à partir de l’ensemble des questions.
L’indice européen de la consommation est accompagné d’un chapitre sur le comportement des Européens en matière de crédit à la consommation.
La dixième vague a été réalisée auprès d’échantillons représentatifs de la population âgée de 15 ans et plus, de huit pays de l’Union européenne (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Portugal, Belgique, Pays Bas).
6 627 personnes ont été interrogées par IPSOS par téléphone du 2 au 14 novembre 2000.
Echantillons construits selon la méthode des quotas : sexe, âge, csp du chef de famille, région, habitat.
Les résultats de cette enquête sont présentés pays par pays avec une consolidation globale pondérée en fonction du poids démographique respectif de chacun d’entre eux.
Au total, le dispositif est aujourd’hui constitué de plus de 76 000 interviews réalisés depuis janvier 1997.