L'inquiétude des Français pour leurs conditions de vie à la retraite reste élevée
La majorité des Français est toujours inquiète de ses conditions de vie matérielles au moment de la retraite.
Les Français sont toujours majoritairement inquiets de leur niveau de vie au moment de leur retraite (55%) et du montant de cette dernière (64%). Les actifs occupés sont particulièrement inquiets sur ces deux points. Les retraités sont quant à eux logiquement moins préoccupés que le reste des catégories de population.
En termes d’évolution, les niveaux de confiance (et d’inquiétude) sur ces items ayant trait aux conditions de vie matérielles lors de la retraite sont similaires à ceux observés en novembre 2010, au lendemain du vote de la réforme par le Parlement. On retrouve donc les niveaux observés alors. La baisse d’avril dernier semble endiguée.
Les conditions de vie moins directement liées au niveau des pensions de retraite suscitent moins d’inquiétude : 61% des Français se disent même confiants quant à leur santé et leur accès aux soins au moment de leur retraite et 60% quant à leur capacité à vivre de façon indépendante. La confiance des Français sur ces items est même orientée à la hausse depuis la première mesure effectuée dans le cadre de ce baromètre en avril 2009 (mise à part la baisse passagère enregistrée en avril dernier).
Les Français plus nombreux à choisir des produits d’épargne spécifiques à la retraite
Si la proportion de Français qui ont épargné d’une manière ou d’une autre en vue de leur retraite évolue peu depuis 2009 (50% contre 49% en avril 2011 et 53% en avril 2009), la part des Français qui ont souscrit au moins un produit d’épargne spécifique à la retraite a quant à elle significativement augmenté.
En avril dernier, 29% des Français qui avaient épargné d’une manière ou d’une autre en vue de leur retraite avaient souscrit au moins un produit spécifique retraite. Ils sont désormais 38% à avoir souscrit au moins un tel produit (+9 points). Ce sont les produits d’épargne retraite collectifs qui profitent le plus de cette hausse. Les Français ont moins souvent souscrit un produit d’épargne retraite individuel.
Les Français qui disent avoir épargné en vue de leur retraite restent néanmoins plus nombreux à dire l’avoir fait en ouvrant un plan d’épargne non spécifique à la retraite tel qu’un Livret A, un PEL ou une assurance vie. Près d’un sur deux cite également le fait d’avoir investi dans l’immobilier, y compris en achetant sa résidence principale. Pour la plupart des Français, se constituer une épargne de précaution et devenir propriétaire restent donc les premières (voire les seules) étapes de leur préparation de la retraite.
Enfin, notons qu’une part croissante de répondants n’a pas l’intention d’épargner en vue de sa retraite (13% soit +2 points par rapport à avril dernier et +10 points par rapport à avril 2009). Si parmi eux, certains préfèrent peut-être délibérément jouer les cigales plutôt que les fourmis, nombre d’entre eux s’estiment vraisemblablement dans l’incapacité d’épargner. C’est logiquement le cas des Français les plus modestes.
Dans le contexte actuel de crise économique et financière, la confiance dans les banques est mise à mal, y compris quand il s’agit d’obtenir des conseils sur les solutions d’épargne retraite. Si les banques restent l’acteur auquel les Français font le plus confiance pour les conseiller sur les solutions d’épargne retraite (24%), la confiance des Français à leur égard est en baisse (-3 points par rapport à avril dernier). Il en va de même des proches (23% ; -3 points) que l’on juge peut-être plus souvent dépassés par la complexité des réformes et de la situation économique et financière. Dans ce contexte, les mutuelles parviennent néanmoins à se maintenir (21% ; stable). Les assurances (12% ; +1point) et le service RH de son entreprise (6% ; -1 point) sont quant à eux moins cités.
Réforme des retraites : la résignation l’emporte désormais de peu sur la colère mais les Français restent néanmoins toujours aussi nombreux à souhaiter que les mesures votées en octobre 2010 soient débattues à nouveau lors de la campagne présidentielle.
Invités à se prononcer sur les sentiments qui leur viennent à l’esprit lorsqu’ils pensent à la réforme votée par le Parlement en octobre dernier, les Français citent toujours majoritairement la colère (50%), mais de manière un peu moins importante qu’en avril dernier (-4 points).
Même s’il s’agit d’une différence symbolique, la résignation l’emporte toutefois désormais sur la colère (51% contre 50%). Les catégories sociales les plus favorisées sont plus enclines à la résignation que les catégories sociales plus modestes, qui restent plus nombreuses à éprouver de la colère.
Mais résignation n’est pas synonyme d’indifférence : le sujet semble encore très sensible pour les Français. Ainsi, l’indifférence reste très minoritaire : seuls 21% des répondants disent éprouver ce sentiment quand ils pensent à la réforme votée il y a un an (-5 points).
Un peu plus d’un an après le vote de la réforme des retraites par le Parlement, les Français souhaitent toujours très majoritairement que les mesures votées dans le cadre de cette réforme (bornes d’âge, prise en compte de la pénibilité…) soient à nouveau l’objet de débats (78% ; -1 point par rapport à avril dernier). Le sujet de la retraite interpelle donc toujours les Français, au point de souhaiter le faire figurer en bonne place dans la campagne présidentielle.
Plus de deux Français sur trois souhaitent la mise en œuvre de la proposition du Parti Socialiste sur les retraites
Interrogés sur la proposition du Parti Socialiste de rétablir l’âge légal de la retraite à 60 ans (sans toutefois remettre en cause la durée de cotisation nécessaire pour avoir une retraite à taux plein, ce qui permettrait aux personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant suffisamment cotisé de partir à 60 ans avec une retraite à taux plein), les Français jugent majoritairement qu’il s’agit d’une mesure juste (70%) mais irréaliste sur le plan financier (52%). Seuls les sympathisants de la gauche parlementaire et les répondants les plus jeunes (les 15-19 ans) considèrent majoritairement que cette proposition est réaliste sur le plan financier.
Malgré tout, une majorité de Français souhaite que cette proposition soit mise en œuvre (67% dont 36% « tout à fait »). C’est particulièrement le cas des femmes, des plus jeunes mais aussi des 45-59 ans, des catégories socioprofessionnelles les plus modestes ainsi que des sympathisants de la gauche parlementaire. Les répondants qui ne souhaitent pas que cette mesure soit mise en place sont quant à eux minoritaires, quelle que soit la catégorie sociodémographique considérée. Seuls les sympathisants de l’UMP et du Modem sont une majorité à ne pas appeler de leurs vœux une telle mesure.