L'opinion relève le défi pour la terre avec Nicolas Hulot et l’ADEME

L'enquête réalisée par Ipsos pour la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme et l’ADEME révèle l'intérêt que portent les Français à la question de la protection de l'environnement. Interrogés en parallèle, les adhérents aux Défis de la Terre témoignent du succès de l'opération.

Auteur(s)
  • Etienne Mercier Directeur Opinion et Santé - Public Affairs
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Les Français expriment une très forte sensibilité à l'environnement qui s'illustre par leur réelle connaissance des gestes environnementaux et leur responsabilisation

Il est fréquent d'entendre dire que si nos concitoyens se montrent aujourd'hui très sensibles à l'environnement , il n'en demeure pas moins vrai que la grande majorité d'entre eux n'est pas vraiment prête à faire les gestes qui permettraient justement de limiter les atteintes environnementales. On a souvent dit que la population ressentait très fortement son impuissance sur le terrain : les motivations des politiques énergétiques ou industrielles globales lui échapperaient. La « mondialisation » de l'enjeu les pousserait à considérer qu'à leur niveau, toute action est peu utile. Pourtant, même si ces perceptions perdurent très certainement au sein d'une partie de la population française, il n'en reste pas moins vrai que certaines grandes évolutions sont aujourd'hui en cours.

Ces dernières années, nos concitoyens ont été extrêmement sensibilisés à de nouvelles habitudes plus respectueuses de l'environnement ainsi qu'à des campagnes de communication importantes sur les bonnes attitudes à avoir.

Le tri des déchets illustre assez bien ce phénomène. Le baromètre de l'environnement ADEME réalisé chaque année auprès d'un échantillon de 2000 personnes représentatives de la population française, montre que cette pratique est aujourd'hui devenue une habitude quotidienne pour beaucoup de nos concitoyens. En 2004, la grande majorité des personnes interrogées déclaraient alors trier systématiquement  ou souvent leurs emballages ménagers. En 2005, environ 9 Français sur 10 estimaient que le tri sélectif des déchets ménagers est une tendance de fond et que tout le monde s'y mettrait d'ici quelques années (86%). La généralisation du tri sélectif est très certainement pour une bonne part à l'origine de l'évolution des comportements des Français : un geste respectueux, quotidien et réalisé le plus souvent sans effort (même si c'est encore fréquemment de façon imparfaite).

Dans le même temps, ceux qui auparavant affirmaient fréquemment ne pas savoir comment faire pour mieux protéger leur environnement ou semblaient souvent dubitatifs face aux effets de leur propre comportement sur l'environnement, se montrent désormais beaucoup plus responsables. Ainsi, 69% d'entre eux considèrent que c'est d'abord en modifiant de façon importante nos modes de vie que l'on empêchera la détérioration de la planète . A l'opposé, seulement 19% estiment que la solution sera technique et que l'on trouvera des solutions pour empêcher la détérioration de l'environnement et de la planète.

Les Français se montrent d'autant plus responsables qu' ils considèrent massivement qu'ils pourraient faire mieux ou plus pour protéger l'environnement et la planète (85% dont 41% se disent même tout à fait d'accord avec cette affirmation). Mieux, ils ne se cachent pas derrière un « soi-disant » manque d'information et avouent même se sentir aujourd'hui bien informés des risques pour la planète et pour les générations futures (76%).

Les Français semblent désormais mûrs pour l'action .

Les clés de la réussite du Défi pour la Terre  : s'engager à faire à chaque occasion des gestes que l'on faisait déjà, mais pas systématiquement

C'est en effet très certainement là que réside une bonne partie du succès de l'opération du Défi pour la Terre (plus de 412 000 engagés au 1 er mai 2006). Aujourd'hui, près de 9 Français sur 10 disent connaître les gestes simples et quotidiens qui peuvent être accomplis pour mieux protéger l'environnement et la planète (89%). Parmi eux, 35% disent même que cela correspond tout à fait à leur situation personnelle.

Cette connaissance des gestes environnementaux à avoir s'exprime aussi dans les actes.

Lorsque l'on demande aux Français s'ils pourraient s'engager à faire les gestes proposés lors du Défi pour la Terre , une proportion fréquemment importante d'entre eux déclare d'ores et déjà les faire (mais pas forcément de façon systématique), tout comme les adhérents au Défi pour la Terre qui avouent aussi fréquemment qu'ils les faisaient déjà (même si c'est le plus souvent dans des proportions un peu plus importantes), avant de s'engager .

C'est le cas pour les gestes suivants : trier ses déchets et éviter les emballages inutiles (73% des Français et 80% des adhérents), ne pas surchauffer son logement et isoler le mieux possible (68% et 67%), choisir des appareils économiques en énergie (58% des Français et 57% des adhérents) ou encore conduire souplement et moins vite (54% des Français et 55% des adhérents) et éteindre les appareils électriques.

C'est aussi le cas, même si les écarts sont plus conséquents, pour préférer une douche rapide aux bains (73% des Français disent déjà le faire et 88% des adhérents au Défi affirment qu'ils le faisaient déjà avant leur engagement) ou encore préférer les produits respectueux de l'environnement et éviter les produits jetable (43% des Français et 53% des adhérents)

Pour de nombreux adhérents au Défi pour la Terre , le plus souvent, il ne s'agissait donc pas de s'engager à faire de nouveaux gestes quotidiens qu'ils ne connaissaient pas ou qu'ils n'avaient jamais faits. Le défi consistait plutôt à décider d'accomplir systématiquement des gestes qu'ils faisaient déjà .

Cette très forte proximité avec les gestes du Défi pour la Terre s'illustre aussi dans le fait que l'on note une très forte dispersion des gestes choisis. Si la majorité des adhérents a choisi de s'engager sur un nombre important de gestes, c'est aussi très certainement parce qu'ils étaient déjà familiers avec une bonne part d'entre eux. Ainsi, la très grande majorité des adhérents ayant répondu à l'enquête a choisi d'essayer systématiquement d'éteindre les appareils électriques au lieu de les laisser en veille (85%), de trier leurs déchets et d'éviter les emballages inutiles (81%), de préférer une douche rapide aux bains (80%), de préférer les produits respectueux de l'environnement et d'éviter les produits jetables (80%) ou encore de conduire plus souplement et moins vite (78%) et de choisir des appareils économiques en énergie (77%). Ils sont également très nombreux à déclarer s'engager à ne pas surchauffer leur logement et à isoler le mieux possible (72%).

On note toutefois que les niveaux d'engagement sont logiquement moins élevés pour des gestes exigeant plus fréquemment des changements importants d'habitudes et de modes de vie dont nos concitoyens ne sont pas aujourd'hui toujours capables . C'est le cas des gestes suivants : utiliser moins souvent sa voiture, faire les petits déplacements à pied (61% des adhérents s'y sont engagés) ou encore préférer le train pour ses voyages (43%). Ici, le critère de la catégorie d'agglomération joue pour beaucoup : seulement 55% des personnes vivant dans des agglomérations de moins de 20 000 habitants se sont engagées à moins prendre leur voiture, contre 69% pour ceux vivant dans des villes de plus de 100 000 habitants. De même, installer un chauffe eau solaire ou du chauffage au bois chez soi (20%) est un geste qui est logiquement beaucoup moins choisi car nécessitant un réel investissement financier.

Les défis ont été le plus souvent « tenus » : d'abord la douche à la place du bain, devant le tri des déchets

Il serait utopique et irréaliste d'espérer que la totalité des gestes pour lesquels les adhérents se sont engagés, aient tous généré une très forte réussite et soient tous devenus des habitudes quotidiennes. Afin de mesurer au mieux le succès de chacun des défis, IPSOS a choisi de mesurer la réussite de chacun d'entre eux, en fonction du nombre d'adhérents affirmant qu'il réalise désormais systématiquement ou presque les gestes choisis (et en laissant de côté ceux les réalisant seulement de temps en temps). Or, les résultats de l'enquête IPSOS / FONDATION NICOLAS HULOT /ADEME montrent que la majorité des adhérents affirme aujourd'hui faire systématiquement ou presque la plupart des gestes qu'ils avaient choisis .

Ainsi, 93% des personnes qui se sont engagées à préférer une douche rapide aux bains déclarent le faire désormais systématiquement ou presque (98% d'entre eux le font si l'on comptabilise aussi ceux déclarant le faire de temps en temps). De même, 90% des personnes qui avaient décidé de s'engager à systématiquement trier, disent aussi avoir réussi leur pari, tandis que 84% de ceux ayant parié qu'ils réussiraient à ne pas surchauffer leur logement et isoler le mieux possible , disent avoir remporté leur pari.

Par ailleurs, 79% de ceux qui ont choisi d'éteindre les appareils électriques au lieu de les laisser en veille , affirment le faire toujours ou presque.

En léger décalage, mais à un niveau toujours élevé, la grande majorité des adhérents semble avoir réussi à conduire souplement et moins vite (70%) ou encore à s'engager à choisir systématiquement des appareils économiques en énergie (c'est-à-dire les ampoules basse consommation mais aussi les appareils électriques : 69%). A propos de ce dernier pari, une enquête réalisée par l'ADEME en octobre 2005 sur la consommation des écoproduits et des produits issus du commerce équitable par les Français , avait déjà montré que nos concitoyens avouaient majoritairement non seulement voir les ampoules basses consommation là où ils font leurs courses (86%) mais aussi en consommer (65% dont 34% fréquemment). Le niveau de consommation des appareils électriques économiques en énergie n'avait pas été évalué.

Les adhérents expriment des difficultés plus importantes pour les gestes suivants, bien qu'ils affirment encore majoritairement les faire systématiquement. Ainsi, un peu plus de 6 adhérents sur 10 affirment avoir réussi à moins utiliser la voiture et faire les petits déplacements à pied (62%), à installer un chauffe eau solaire ou du chauffage au bois chez eux (62%) ou encore à préférer systématiquement ou presque les produits respectueux de l'environnement et éviter les produits jetables (61%). Les enquêtes réalisées par IPSOS sur ce sujet spécifique montrent que nos concitoyens avouent aujourd'hui avoir encore beaucoup de mal à repérer ces produits (notamment l'enquête sur la consommation des écoproduits et des produits issus du commerce équitable par les Français) , ce qui explique pour beaucoup ce succès plus mitigé.

Reste qu'un défi n'a pas été tenu par la majorité des personnes qui s'étaient engagées à les relever. Cet « échec » doit toutefois être fortement relativisé car il s'agissait là encore d'un pari exigeant des changements radicaux d'habitudes et de modes de vie, beaucoup plus difficile à « relever » de façon systématique : préférer le train pour les voyages (48% des engagés sur ce défi disent le faire désormais systématiquement ou presque et 42% de temps en temps).

Une démarche ressentie comme un succès personnel, d'autant plus qu'elle est destinée à s'inscrire dans la durée…

En effet, l'enquête IPSOS / FONDATION NICOLAS HULOT /ADEME montre que les adhérents qui se sont engagés dans le Défi pour la Terre estiment de façon quasiment unanime qu'ils ont réussi leur Défi (93%), même si ce succès reste encore modéré  : 27% estiment l'avoir réussi complètement ou presque et 67% en partie. Il convient de souligner là encore que les adhérents se sont tous montrés « très gourmands », en s'inscrivant le plus souvent à un nombre conséquent de défis. Logiquement, beaucoup n'ont pas pu tenir tous leurs engagements de façon systématique .

Toutefois, en ce qui concerne les défis que les adhérents ont réussi à relever, on note que ces gestes ont aujourd'hui toutes les chances de s'inscrire dans la durée . En effet, la très grande majorité des individus avoue que ces gestes ne leur demandent plus aujourd'hui d'efforts, ils sont devenus des habitudes (84%). Parmi eux, 62% affirment même qu'ils ne leur en ont jamais vraiment demandé tandis que 32% estiment que s'ils ont dû en faire au début, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Au final, seulement 6% des personnes nous ayant répondu, estiment que ces gestes leur demandent encore actuellement des efforts. Ce résultat vient une nouvelle fois confirmer que l'une des clés de la réussite du défi pour la terre réside pour une bonne part dans la simplicité et la facilité d'investissement pour chacun dans les gestes qui étaient proposés. Conséquence : la quasi-totalité des adhérents affirme aujourd'hui qu'elle va continuer à les faire tous ou presque tous (98%), une très faible proportion estimant qu'elle ne pourra s'engager dans la durée que pour quelques uns d'entre eux (2%).

Mieux, la quasi-totalité des adhérents exprime aujourd'hui le souhait de s'engager dans un nouveau défi et se dit prête à adopter de nouveaux gestes parmi ceux proposés par le Défi pour la Terre (95%). Seulement 5% des répondants considèrent qu'ils n'en seront pas capables.

Les conséquences de ce « nouvel » engagement doivent toutefois être fortement relativisées. En effet, logiquement, nos adhérents sont d'abord allés s'engager sur les défis qu'ils n'avaient pas choisis auparavant et qui se sont avérés les plus difficiles à relever de façon systématique . Ainsi, 24% ont choisi d'installer un chauffe eau solaire ou du chauffage au bois chez eux . De même, 16% ont décidé de moins utiliser la voiture pour aller travailler ou encore de préférer le train pour leurs voyages . Les résultats de l'enquête ont montré les difficultés que nos concitoyens ont logiquement éprouvé à les appliquer toujours. Par ailleurs, 28% de ceux qui voulaient s'engager sur de nouveaux défis, se sont montrés au final incapables de faire un choix sur de nouveaux gestes , soit parce qu'ils n'ont pu en choisir aucun (17%), soit parce qu'ils ont préféré ne pas se prononcer (11%).

Toutefois, on note que les autres défis, ceux qui avaient généré un fort niveau d'engagement, sont toutefois encore fréquemment choisis par des personnes qui ne les avaient pas relevés : ne pas surchauffer son logement (14%), préférer les produits respectueux de l'environnement (12%), trier ses déchets (10%) ou encore préférer une douche aux bains (9%) et éteindre les appareils électriques au lieu de les laisser en veille (8%).

Un engagement qui a des répercutions sur les comportements et les attitudes des proches : un effet domino ?

Par ailleurs, les résultats de l'enquête montrent aussi que l'adoption de ces gestes environnementaux génère le plus souvent un effet « domino » chez les adhérents. Ainsi, près de 8 personnes sur 10 affirment qu'au sein de leur foyer, d'autres personnes ont elles aussi adopté les gestes pour lesquels elles s'étaient engagées dans le Défi pour la Terre (79%).

Au-delà même du foyer, l'inscription au Défi pour la Terre et ses conséquences est aussi devenue pour la plupart un sujet de conversation à part entière avec les proches . 62% des adhérents affirment ainsi avoir parlé de leur défi à des gens de leur famille , que ce soit fréquemment (22%) ou parfois (40%). C'est d'ailleurs un sujet de conversation qui pour une majorité d'individus, a dépassé la sphère familiale puisque 59% des engagés avouent aussi en avoir discuté avec des amis (16% fréquemment et 43% parfois). Enfin, même si le résultat est beaucoup plus modéré, une proportion non négligeable des personnes ayant relevé le défi dit aussi en avoir discuté avec ses collègues de travail (42% dont 11% fréquemment).

L'engagement dans le Défi pour la Terre génère donc aujourd'hui des comportements militants, d'autant plus qu'ils sont aussi un élément de valorisation personnelle. Ainsi, lorsque l'on demande aux adhérents quels sentiments illustrent le mieux les réactions les plus fréquentes des personnes auxquelles ils ont parlé du Défi pour la Terre et de leur engagement, 83% des sentiments cités sont positifs : il s'agit d'abord de l'intérêt (72%) mais aussi le respect (37%) et l'envie (11%), voire dans certains cas l'admiration (9%). Au pire, la discussion génère de l'indifférence (44%) mais beaucoup plus rarement de la moquerie (15%) ou de l'ennui (10%).

Dans un certain nombre de cas ces discussions vont aussi générer un effet domino puisque 58% des adhérents estiment qu'il leur est arrivé fréquemment ou parfois que les personnes leur demandent des précisions sur les actions à entreprendre pour mieux respecter l'environnement. De même, près d'un engagé sur 2 considère qu'il lui est arrivé souvent ou parfois que son interlocuteur lui demande des informations sur le Défi pour la Terre (46%). Pour une proportion non négligeable d'entre eux, ces conversations auraient même généré des décisions de s'inscrire au Défi pour la Terre (37% dont 33% de parfois).

Le profil des adhérents : des différences avec la population française mais qui sont aussi dues au support même du Défi pour la Terre (internet)

Les adhérents ayant répondu à l'enquête sont un peu plus fréquemment des femmes (58%), que des hommes (42%). En terme de sexe, note donc juste une petite différence de structure avec la population française, dans sa globalité (48% d'hommes contre 52% de femmes).

En ce qui concerne l'âge, l'usage d'internet pour l'inscription (98% des adhérents se sont inscrit par le site, 39% ont entendu parler du Défi par internet) génère certaines différences entre la structure de la population globale et celle de nos concitoyens. On note toutefois une très forte dispersion des classes d'âge des adhérents même si logiquement, les personnes ayant de plus de 60 ans sont sous-représentées (seulement 5% de 60-69 ans contre 12% dans la population française). Toutefois, au global la répartition reste quand même très large puisqu'au sein des adhérents ayant répondu, on compte 46% de moins de 35 ans (contre 49% dans la population globale) et 54% de 35 ans et plus (contre 51% pour la population française).

En ce qui concerne la catégorie d'agglomération habitée par les adhérents, on note là encore une très bonne dispersion, même si on note une légère sous-représentation des agglomérations les plus importantes (28% des adhérents vivent dans des villes de plus de 100 000 habitants contre 45% pour la population française). 38% des adhérents ayant répondu au questionnaire ont au moins un enfant (18% 1 enfant, 15% 2 enfants, 5% 3enfants et plus). La taille du foyer est le plus souvent supérieure à 1 personne (seulement 16%) avec là encore une bonne dispersion : 31% 2 personnes, 21% 3 personnes, 22% 4 personnes et 11% 5 personnes et plus.

Enfin, le moins que l'on puisse dire est que nos adhérents ont eu le temps de mettre en pratique les gestes pour lesquels ils s'étaient engagés puisque seulement 11% d'entre eux sont inscrits depuis moins de 2 mois et 24% depuis 2 à 6 mois. La grande majorité affirme le plus souvent s'être inscrite depuis 6 à 9 mois (36%), voire depuis plus de 9 mois (28%). Leurs Défis ont donc le plus souvent connu l'épreuve du temps.

En conclusion :

Les résultats de l'enquête montrent que le Défi pour la Terre est une opération qui a suscité un fort engouement. Plus de 17 000 adhérents (sur 45 000 contactés) ont pris le temps de se connecter sur internet pour répondre au questionnaire et nous faire part de leur bilan personnel bien des mois après leur engagement. Au-delà d'un niveau de participation extrêmement élevé, on note surtout que les adhérents au Défi pour la Terre estiment aujourd'hui avoir pour la plupart réussi leur défi, même s'ils restent toutefois modérés. Le fait est que les adhérents se sont le plus souvent montrés très « gourmands » (ils se sont engagés en moyenne sur 6,8 défis et ont réussi 5,9 d'entre eux).

Plusieurs raisons permettent d'expliquer ce succès. Tout d'abord, il y a le fait que les défis pour lesquels les adhérents se sont engagés étaient des gestes qu'ils faisaient déjà (et donc avec lesquels ils avaient un certain niveau de familiarité). Pour beaucoup, l'engagement ne consistait pas à prendre de nouvelles habitudes mais à faire systématiquement des gestes qu'ils faisaient déjà auparavant mais « de temps en temps ». C'est aussi très certainement pour cette même raison que la majorité des adhérents affirme que désormais ces engagements ne leur demandent pas ou plus d'efforts et qu'ils continueront à les faire à l'avenir. Par ailleurs, le défi a pour beaucoup été une source d'enrichissement personnel, voire de valorisation. C'est aussi très certainement l'une des clés du succès de l'opération. C'est une chose dont la majorité a parlé autour d'elle. Beaucoup ont le sentiment d'avoir convaincu des proches de modifier leurs comportements ou d'adhérer aux gestes du Défi pour la Terre.

Il est évident que les adhérents au Défi pour la Terre ne sont pas aujourd'hui des personnes ayant un profil identique à celui de la population française. Nul doute qu'ils sont très certainement plus investis et plus informés sur les sujets environnementaux. Toutefois, les résultats de l'enquête réalisée auprès des Français nous laissent à penser que bon nombre de nos compatriotes sont très certainement prêts à réaliser ces mêmes gestes de façon systématique. Ils reconnaissent très majoritairement être informés des risques que courent actuellement la planète et les générations futures. Ils estiment aussi que la solution doit d'abord passer par une modification de nos modes de vie et avouent le plus souvent connaître les gestes qu'il convient de faire. Mieux, ils disent en majorité « déjà faire » la plupart des gestes du Défi pour la Terre (mais certainement pas de façon systématique).

Les Français sont donc désormais mûrs pour l'action. La question est maintenant de savoir quand ils s'investiront vraiment dans ces gestes quotidiens et surtout comment faire pour les aider à passer le pas ?

Auteur(s)
  • Etienne Mercier Directeur Opinion et Santé - Public Affairs

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