Mieux vaut faire la vaisselle que repasser

Une enquête Ipsos réalisée pour le groupe Brandt dans quatre pays européens indique que le repassage est considéré comme une tâche ménagère plus rebutante encore que le lavage de la vaisselle. Dans la moitié des foyers non équipés de lave-vaisselles, c’est généralement la femme qui s’y plonge.

Auteur(s)

  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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Le repassage (40%) arrive nettement en tête des tâches ménagères les plus désagréables pour l’ensemble des européens interrogés. Faire la vaisselle est considérée par les Européens comme la tâche ménagère la plus désagréable après le repassage (17%). Suivent l’aspirateur (12%), la préparation des repas quotidiens (10%) et le linge à laver (8%). Cette hiérarchie reste identique dans l’ensemble des pays européens étudiés. Cependant deux pays ont une vision divergente : la Grande-Bretagne et l’Italie. Le niveau de désagrément à l’égard du repassage en Grande-Bretagne domine nettement : il concerne près de la moitié des interviewés (48%). En Italie, les avis sont plus partagés : seul un tiers des italiens interviewés (34%) considèrent le repassage comme la tâche ménagère la plus désagréable alors que le niveau de désagrément occasionné par la vaisselle atteint un niveau record (23%).

L’âge apparaît comme le facteur le plus clivant : c’est auprès des 18-24 ans que la vaisselle est considérée le plus négativement (28% de citations). Ils s’opposent en cela aux personnes âgées de 35 à 49 ans qui sont plus nombreux à insister sur le repassage (48%). Enfin, c’est auprès des personnes qui se disputent au sujet de la vaisselle que le niveau de désagrément qu’elle occasionne est le plus important (34%). Auprès de ces dernières, elle devance même le repassage (33%).

Pour 12% des personnes interrogées, la vaisselle constitue un sujet de dispute dans leur foyer. C’est auprès des plus jeunes que l’on observe le niveau de dispute occasionné par la vaisselle le plus important (26%), mais aussi auprès des familles les plus nombreuses (19%).

Pour la majorité absolue des interviewés européens n’ayant pas de lave-vaisselle, la femme du foyer (62%) est la personne qui fait le plus souvent la vaisselle. Elle est suivie des hommes (25%) et de " tout le monde " (11%). Les enfants ne sont pas sollicités pour cette tâche (seulement 1%).

Cette moyenne européenne est cependant le résultat d’un contraste important entre l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni d’une part, où pour près d’un tiers des personnes interrogées, l’homme est la personne du foyer qui fait le plus souvent la vaisselle (respectivement 28%, 30% et 34%) et d’autre part l’Italie. En effet, dans ce dernier pays, la femme est la personne du foyer qui fait le plus souvent la vaisselle dans 85% des cas, les hommes seulement dans 6% des cas. Les enfants jamais cités dans les autres pays recueillent 3% de citations.

Pour la majorité des européens interrogés n’ayant pas de lave-vaisselle (51%), le temps consacré quotidiennement à la vaisselle est de 15 à 30 minutes. Pour 18%, ce temps passe même à plus d’une demi-heure.

Si l’on détaille les résultats pour chacun des pays étudiés, les Français semblent moins s’attacher à cette tâche quotidienne (seuls 12% passent plus d’une demi-heure par jour à faire la vaisselle). Viennent ensuite les Allemands et les Britanniques (respectivement 17% et 18%). Les Italiens se déclarent nettement plus occupés : près du quart (24%) consacrent plus d’une demi-heure quotidiennement à cette tâche.

Logiquement, le temps consacré quotidiennement à faire la vaisselle croît en fonction de la taille du foyer : si seuls 6% des célibataires passent plus d’une demi-heure par jour à faire la vaisselle, ils sont 28% dans les foyers de plus de 5 personnes.

La présence du lave-vaisselle au sein du foyer a des conséquences sur l’organisation et la répartition des tâches ménagères. On observe en effet que si dans les foyers non équipés, la vaisselle est principalement dévolue aux femmes (62% font le plus souvent la vaisselle), dans les foyers équipés, les femmes sont moins souvent sollicitées pour cette tâche : elles ne sont plus que 51% à remplir en général le lave-vaisselle. Parallèlement, le remplissage du lave-vaisselle est effectué par tout le monde dans 29% des foyers équipés alors que la vaisselle n’est effectuée par tout le monde que dans 11% des foyers non équipés. C’est au Royaume-Uni que l’implication familiale est la plus importante lorsqu’il y a un lave-vaisselle (dans 40% des foyers, tout le monde s’investit), suivi de la France (36%). De même, les hommes britanniques sont les plus nombreux à assurer cette tâche (19%) suivis de près par les hommes français (18%). Le niveau de satisfaction global observé à l’égard du lave-vaisselle est très important. Les plus satisfaits sont les Français (94% de satisfaits) suivis des Britanniques (93%), des Allemands (92%) et des Italiens légèrement plus modérés (87%).

Ces niveaux de satisfaction sont d’autant plus importants qu’une majorité absolue des interviewés se déclare très satisfaite au Royaume-Uni (63%), en Italie (54%) et en Allemagne (52%).

Parallèlement, le niveau d’utilité du lave-vaisselle obtient aussi des scores très importants. Les Allemands et les Français sont les plus nombreux à juger le lave-vaisselle comme un équipement utile (85%), suivis des Italiens (79%) puis dans une moindre mesure des Britanniques (69%). Si l’on analyse le niveau d’utilité dans le détail, c’est très logiquement auprès des personnes possédant un lave-vaisselle que celui-ci est jugé le plus utile (76% déclarent même qu’il est très utile) ; suivies des foyers les plus nombreux (60% des interviewés ayant un foyer de cinq personnes et plus le jugent très utile). On note cependant que près des deux tiers des interviewés n’ayant pas de lave-vaisselle jugent qu’il constitue aujourd’hui un équipement utile.

En cas d’achat ou de renouvellement d’un lave-vaisselle, la qualité du lavage apparaît en tête des critères de choix déclarés avec 84% de l’ensemble des interviewés le jugeant important. Viennent ensuite le prix (81%), la consommation d’électricité (79%), la consommation d’eau (77%), le bruit (76%), le respect et la protection de la vaisselle à égalité avec la facilité d’utilisation (72%) et la facilité du rangement (72%). Le niveau d’importance du temps de lavage reste plus partagé (55%) . La marque (36%), le design (32%) et la couleur (28%) apparaissent plutôt en retrait.

En Allemagne, la consommation d’eau à égalité avec la consommation d’électricité (90%) devancent l’ensemble des autres critères. A l’opposé, les Britanniques apparaissent nettement moins préoccupés par ces deux critères (respectivement 56% et 61% les jugent importants).

Les niveaux d’importance observés en France sont nettement plus élevés que dans les autres pays sur la plupart des critères testés. En Italie, tout en restant mineure, l’importance accordée à la marque (46%) et au design (36%) est supérieure.

Auteur(s)

  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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