Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal toujours au coude à coude et Jean-Marie Le Pen en troisième homme

Dans un contexte marqué par les premiers échanges directs entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy et les débats sur l’insécurité et l’immigration, la nouvelle vague du baromètre de l’action politique et du potentiel électoral IPSOS/Le Point met en évidence une baisse générale des cotes de popularité. Seules trois personnalités politiques échappent à cette tendance : la présidente du Conseil régional Poitou-Charentes, le Ministre de l’intérieur et… Jean-Marie Le Pen.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur de département - Public Affairs
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Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen poursuivent leur ascension

Déclarations polémiques de Ségolène Royal sur la délinquance, réactions au sein du Parti socialiste, conférence de presse du Ministre de l'intérieur sur les évolutions en matière de sécurité, régularisation d'élèves sans papiers scolarisés, votes à l'Assemblée nationale… : la maîtrise de l'immigration et, surtout, la lutte contre l'insécurité ont clairement dominé le débat politique et, plus largement, l'agenda médiatique au cours des dernières semaines. Les premières prises de position fortes de Ségolène Royal ont par ailleurs donné lieu aux premiers échanges directs entre la présidente du Conseil régional Poitou-Charentes et Nicolas Sarkozy, et marqué ainsi le lancement de la pré-campagne électorale en vue de l'élection présidentielle de 2007.

Dans ce contexte, alors que l'image de la quasi-totalité des leaders politiques testées dans le Baromètre Ipsos / Le Point se dégrade, trois personnalités voient en revanche leur cote de popularité progresser et atteindre même des valeurs records : il s'agit justement de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy mais aussi, de Jean-Marie Le Pen.

En effet, la popularité de la présidente du Conseil général Poitou-Charentes atteint des sommets. Avec 67% d'opinions favorables et une progression de 2 points par rapport à mai dernier, Ségolène Royal bat des records de popularité et conserve la tête du classement du palmarès des personnalités politiques préférées des Français. Ces déclarations polémiques, qui ont suscité de vives réactions au sein de son parti et l'opposition d'une partie des sympathisants socialistes (selon le sondage Ipsos / Le Monde / la Chaîne Parlementaire-Assemblée Nationale) ne semblent donc pas pour autant avoir terni son image. Elles ont peut être en revanche permis de contrer un argument maintes fois avancé par ses détracteurs, celui de son manque de programme… Dans le détail, si sa popularité est en baisse auprès des personnes se déclarant proches du PC et des Verts, elle enregistre même une légère progression chez les sympathisants du PS (90% de jugements positifs, +2 points).

Mais c'est Nicolas Sarkozy qui affiche ce mois-ci la plus forte progression avec 63% d'opinions positives, soit une hausse de 5 points en un mois. La côte de popularité du Ministre de l'Intérieur n'avait jamais atteint un tel niveau depuis sa nomination comme président de l'UMP et plus exactement depuis avril 2004. A noter que c'est auprès des sympathisants de gauche que l'image de Nicolas Sarkozy s'améliore le plus (+10 points pour atteindre 41% d'opinions positives). Cette évolution s'explique sans doute pour beaucoup par l'annonce de la baisse des chiffres de la délinquance. Au sein de l'électorat de gauche, la régularisation d'élèves sans papiers scolarisés et les propos musclés de Ségolène Royal - qui peuvent signifier pour certains une « légitimation » des lignes directrices de la politique du Ministère de l'Intérieur – semblent également jouer un rôle important. Nicolas Sarkozy réussit ainsi à progresser à gauche, tout en restant extrêmement populaire aussi bien auprès de l'électorat de la droite parlementaire que de celui du Front National.

Signalons enfin la percée significative de Jean-Marie Le Pen. Malgré une présence médiatique très limitée au cours des dernières semaines, le leader du Front National peut désormais compter sur le jugement favorable de 26% des Français (+4 points par rapport à mai dernier, +9 points en deux mois), soit son score le plus élevé depuis la mise en place du Baromètre Ipsos / Le Point , en août 1996. A titre de comparaison, 22% des Français portaient un jugement favorable sur Jean-Marie Le Pen, à la veille du premier tour de l'élection présidentielle d'avril 2002. Là encore, le contenu des débats politiques actuels (immigration, insécurité, affaires) d'une part et la « déculpabilisation » que les propos « musclés » de la principale pré-candidate de la gauche peuvent entraîner chez certains sont certainement à l'origine de ces évolutions.

Un duel Sarkozy-Royal très serré et Le Pen en troisième homme

L'évolution des potentiels électoraux par rapport au mois dernier est en partie le reflet des tendances signalées plus haut. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy continuent en effet à creuser l'écart avec les principaux adversaires de leur camp respectif. Ainsi, 67% des Français (+1 point) déclarent aujourd'hui qu'ils pourraient voter pour la présidente du Conseil général Poitou-Charentes au premier tour de la prochaine élection présidentielle (dont 18% qui seraient certains de le faire) contre « seulement » 49% (dont 7% de « certains ») pour le deuxième socialiste le mieux classé, Bernard Kouchner. Même scénario à droite, où le potentiel électoral de Nicolas Sarkozy augmente de 2 points (62%, dont 23% de certains de voter pour lui) alors que ceux de Dominique de Villepin et Jacques Chirac stagnent (36% pour le Premier ministre, 26% pour le président de la République ). A noter enfin que les personnes tentées par la candidature de Jean-Marie Le Pen sont également plus nombreuses qu'en mai dernier (27%, soit +4 points), même si le noyau dur des lepenistes tend à se réduire (7%, -1 point).

En termes d'intentions de vote, le duel Royal - Sarkozy s'annonce toujours aussi serré. Le Ministre de l'Intérieur devancerait Ségolène Royal au premier tour avec 35% des suffrages (inchangé) contre 29% (-1 point) pour la présidente du Conseil régional Poitou-Charentes. A noter là encore la progression de Jean-Marie Le Pen (12% des voix, soit 2 points de plus qu'en mai dernier) au détriment de Philippe de Villiers qui lui recule d'un point pour se situer désormais à 4%.

Au deuxième tour, Ségolène Royal ne bénéficierait plus aujourd'hui d'un excellent report de voix à gauche. Contre-coup de ses propositions en matière de lutte contre l'insécurité, près de 20% des électeurs de la gauche de la gauche ne se prononceraient pas aujourd'hui dans l'hypothèse d'un second tour Royal - Sarkozy. C'est en partie cette évolution qui explique le fait que l'actuel Ministre de l'intérieur l'emporterait aujourd'hui de justesse au second tour avec 51% des voix (+2 points), contre 49% pour la présidente du Conseil régional Poitou-Charentes.


Fiche technique :

Popularité de l'exécutif
Palmarès des leaders politiques
PalmarèsPotentiel électoral présidentiel
Intention de vote présidentielle

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur de département - Public Affairs

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