Nicolas Sarkozy, le phénomène d'opinion

La réhabilitation dans l'opinion de Nicolas Sarkozy est spectaculaire. Jamais, depuis son entrée au baromètre Ipsos de l'action politique en octobre 1997, jusqu'à l'élection présidentielle de mai 2002, il n'avait recueilli une majorité de bonnes opinions. Cette impopularité chronique s'est pourtant subitement retournée dès son arrivée place Beauvau, le Ministre de l'Intérieur figurant même aujourd'hui en tête du palmarès des leaders politiques. L'enquête Ipsos-France 2-Le Monde précise à quel point les Français lui font aujourd'hui confiance, sur tous les fronts où il est engagé.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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Moins du tiers des Français interrogés par Ipsos pense aujourd'hui que les mesures prises par Nicolas Sarkozy pour lutter contre l'insécurité seront sans effets. Près d'une personne sur quatre juge au contraire que les effets sont déjà perceptibles, et 43% pensent qu'ils le seront "d'ici quelques mois". Globalement, la moitié des interviewés - et les trois quarts de l'électorat de droite - estime que Sarkozy "mène la politique qui convient". Cet avis est d'ailleurs partagé par plus du tiers des proches de la gauche parlementaire, contre une proportion équivalente que juge sa politique "trop répressive". Quant à la portée de ses mesures, près de six personnes sur dix trouvent qu'elles vont améliorer la sécurité de l'ensemble des Français. Cette proportion est toutefois dopée par le soutien quasi unanime des sympathisants de droite (82% de cet avis), les proches de la gauche parlementaire pensant plutôt que "ses mesures vont surtout améliorer la sécurité des Français les plus favorisés" (48%).
Dans le détail, les niveaux de confiances mesurés quant à l'action du Ministre de l'Intérieur sont exceptionnels. La confiance accordée à Nicolas Sarkozy est majoritaire quels que soient les dossiers envisagés, sauf sur la question corse. On relève par exemple 80% de confiance quant à la capacité de Sarkozy à "faire travailler ensemble police et gendarmerie", plus de 60% de confiance sur le "contrôle de l'immigration clandestine", la "diminution de la délinquance des mineurs", "la diminution du nombre de morts sur les routes de France". La majorité des personnes interrogées fait encore confiance à Sarkozy sur les fronts des "attentats terroristes", de la "lutte contre le proxénétisme", de "l'insécurité dans les banlieues" ou du "trafic de drogue". Plébiscité à droite, les niveaux de confiance relevés auprès des électeurs de gauche ne tombent jamais, sur aucun des domaines cités ci-dessus, sous les 40%.
Ce bilan n'est d'ailleurs même pas terni par une interrogation quant aux risques de "dérapages" qu'une politique sécuritaire pourrait engendrer : 60% des personnes interrogées, dont la moitié des électeurs de gauche et 80% des proches de la Droite, font confiance à Sarkozy pour "garantir les droits des personnes suspectées".
Au final, 60% des Français croient "que la politique de lutte contre l'insécurité menée par Nicolas Sarkozy réussira", soit une progression de huit points depuis octobre, contre seulement 33% (-2 points) de sceptiques. Même les sympathisants de gauche sont de plus en plus partagés, 44% croyant à la réussite de la politique entreprise (+7 points par rapport à octobre), contre 50% (-3) qui pensent toujours le contraire.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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