Crise énergétique | Prix de l'essence | Pouvoir d'achat
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Crise énergétique : 63% des Français jugent la réponse gouvernementale insuffisante

La dernière vague de l'observatoire de la politique nationale menée par Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs pour RTL met en lumière une fragilisation de la situation économique des ménages. En avril 2026, 60 % des Français déclarent éprouver des difficultés financières au quotidien, une situation accentuée par la hausse des prix de l'énergie. Entre stratégies de privation sur les dépenses vitales et perception de l'action gouvernementale, cette enquête analyse les conséquences sociales de l'inflation. À un an de l'élection présidentielle, le rapport détaille également les évolutions des cotes d'influence des principales figures politiques dans ce contexte de tension sur le pouvoir d'achat.

La hausse des prix de l’énergie vient accentuer la morosité financière des Français

Six Français sur dix expriment des difficultés financières au quotidien (60%) et un sur dix n’arrive pas à s’en sortir au quotidien (11%). Ce dernier pourcentage monte à 20% pour les employés et ouvriers. 

Dans ce contexte déjà compliqué, la hausse des prix de l’énergie et des carburants depuis le début de la guerre en Iran ravive les tensions financières. Face à la situation, la quasi-intégralité des Français se montrent inquiets pour leur pouvoir d’achat (90%). L’inquiétude est transverse à toutes les populations puisque même les catégories aisées se déclarent préoccupées (87%), de même que les retraités (89%). Une peur plus vive (cela m’inquiète fortement, je crains de ne pas pouvoir assumer mes dépenses) est exprimée par 42% des interviewés, et touche plus d’un employé ou ouvrier sur deux (57%).

En termes de sympathie politique, les personnes proches du Rassemblement national se montrent les plus pessimistes : 59% sont fortement inquiètes. Le fossé est grand avec les sympathisants Renaissance (29%) ou Ecologistes (27%). 

Le plaisir, variable d’ajustement ? De nombreux Français mettent en place des stratégies de privation

La hausse des prix n’est pas sans conséquence dans le quotidien des Français, ils sont nombreux à avoir adapté leur consommation et leurs habitudes: 74% des personnes qui en possèdent une ont diminué leurs déplacements en voiture, 69% ont réduit leurs dépenses de loisirs et 62% reconsidèrent leurs projets de vacances.

Plus inquiétant, plus de quatre sur dix (42%) ont même réduit des dépenses vitales comme l’alimentation ou la santé. Les sympathisants du Rassemblement national sont la moitié à déclarer l’avoir fait (51%): de quoi nourrir une colère déjà présente chez cette catégorie de population.

La situation pousse par ailleurs certains à envisager une évolution de leurs modes de consommation, même si c’est de manière encore assez limitée :

  • 19% pourraient changer de fournisseur d’énergie ou mode de chauffage
  • 15% des personnes qui n’en ont pas aujourd’hui envisageraient d’acheter une voiture électrique

Quand ils ont concrètement renoncé à certaines de leurs habitudes, les Français concernés expriment majoritairement de la colère (53%). Cette exaspération est particulièrement forte chez les sympathisants du Rassemblement National (69%). A ce ressentiment, s’ajoutent également à égalité la résignation (19%) et l’angoisse (19%). La honte est minoritaire (4%) mais davantage exprimée par les plus jeunes (14% chez les 18-24 ans !).

Une réponse gouvernementale que les Français ne jugent pas à la hauteur de la situation

Près des deux tiers des Français jugent la réponse gouvernementale insuffisante (63%). Les sympathisants LFI (81%) et Rassemblement National (73%) sont les plus critiques.

Et au contraire, ce sont un sur cinq qui estiment cette réponse adaptée (21%). Sans surprise, seuls les sympathisants Renaissance en sont majoritairement convaincus (61%). 

À noter, 16% des Français ne savent pas s’exprimer sur le sujet, signe que la réponse, au-delà d’être rejetée, est aussi encore floue pour une partie non-négligeable de la population.

Sébastien Lecornu, qui a récemment pris la parole sur le sujet, voit par ailleurs sa côte de popularité s’affaisser de quelques points (37%; - 3 pts).

À un an de l’élection présidentielle, quelques dynamiques intéressantes dans les cotes d’influence

Alors que le bruit autour de sa candidature en 2027 ne cesse d’augmenter, Dominique de Villepin connaît une percée en gagnant 6 pts (22%).

Fraîchement choisi par les sympathisants LR pour être leur candidat, Bruno Retailleau est lui aussi dans une dynamique positive, il gagne 3 pts (27%) et arrive largement en tête auprès des sympathisants de ce parti (83%).

Raphaël Glucksmann, autre aspirant à la fonction présidentielle, voit quant à lui sa côte s’éroder de 4 pts (19%) mais conserve la tête du classement chez les sympathisants du Parti socialiste (59%).

Enfin, Gabriel Attal ne bénéficie pas d’un écho national suite à la sortie de son livre (26%; - 2 pts) mais il creuse néanmoins l’écart avec Edouard Philippe auprès des sympathisants Renaissance (84%) .

Même tendance auprès des Français pour François Ruffin qui s’est récemment déclaré candidat (18%; - 2 pts). Ce dernier est toutefois le seul à se positionner dans le top 4 aussi bien auprès des sympathisants LFI (46%) que ceux du PS (37%), et en 7e position chez les Français proches des Ecologistes (41%).

Rapport complet


À propos de cette enquête

Sondage Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs pour RTL mené du 28 au 29 avril 2026 auprès de 1001 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthodologie complète disponible dans le rapport d'étude.

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