Les Français sont favorables aux dispositifs de vidéosurveillance mais réclament également leur contrôle par un organisme indépendant
Convaincus de leur efficacité, les Français sont favorables à la présence de caméras de vidéosurveillance dans les lieux publics
Environ sept Français sur dix (71%) se déclarent favorables à la présence de caméras de vidéosurveillance dans les lieux publics. Si cette opinion est largement majoritaire au sein de toutes les catégories de la population, on note que les femmes (74%) et les personnes âgées (77% des 60 ans et plus), deux populations particulièrement sensibles aux problèmes d’insécurité, sont les plus favorables à la présence de caméras de vidéosurveillance dans les lieux publics.
Ce niveau d’approbation élevé découle certainement du fait que les Français voient les caméras de surveillance comme une réponse adéquate à l’insécurité. En effet, 83% des personnes ayant déclaré être favorables à la présence de caméras de vidéosurveillance affirment dans le même temps que leur multiplication est un moyen efficace de lutter contre la délinquance et le terrorisme. Ces résultats font écho à une précédente étude Ipsos, qui révélait que 66% des Français se sentent davantage en sécurité dans un lieu public lorsqu’il est équipé de caméras de vidéosurveillance.1
De manière plus générale, on observe que selon 65% des Français, la multiplication de ces caméras permettra de lutter efficacement contre la délinquance et le terrorisme. Une nouvelle fois, les séniors (73% des retraités, notamment) se montrent les plus convaincus des vertus sécurisantes des caméras de vidéosurveillance. Cet argument convainc également une large majorité des personnes vivant en milieu rural (71%).
Dès lors, il est peu surprenant de constater qu’une majorité relative de Français (43%) estime qu’il n’y a actuellement en France pas assez de caméras de vidéosurveillance dans les lieux publics. Un tiers des Français (33%) ne sont pas de cet avis et considèrent que leur nombre est suffisant, tandis que 15% jugent qu’il y en a déjà trop.
Ce dernier sentiment est particulièrement répandu dans l’agglomération parisienne (21%), ce qui s’explique probablement par le nombre déjà élevé de caméras de vidéosurveillance dans les transports en commun, notamment. Fort logiquement, les personnes favorables à la présence des caméras de vidéosurveillance et convaincues de leur capacité à lutter contre la délinquance et le terrorisme sont particulièrement nombreuses à estimer qu’il n’y en a pas assez (respectivement 59% et 60%).
Une large adhésion au principe du contrôle des dispositifs de vidéosurveillance
On reproche fréquemment aux caméras de vidéosurveillance de porter atteinte à la vie privée et aux libertés individuelles.
Aussi, l’idée que les dispositifs de vidéosurveillance soient placés sous le contrôle d’un organisme indépendant pour parer à toute dérive séduit une majorité encore plus large de Français : 79% y sont favorables et 47% considèrent même que cela est « très important ». Soulignons que cet avis est partagé par toutes les catégories d’individus, y compris par ceux qui sont favorables à la présence de caméras de vidéosurveillance et par les personnes favorables à un accroissement du nombre de caméras.
Les catégories socioprofessionnelles supérieures (84% des personnes ayant au moins bac +3 notamment) se montrent plus favorables encore que la moyenne à cette idée, sans doute parce qu’elles sont probablement les plus au fait de la problématique des libertés individuelles.
Enfin, les Français se déclarent largement favorables (74%) à ce que la CNIL (« une autorité administrative indépendante chargée de veiller à la protection des données à caractère personnel et de la vie privée ») soit en charge du contrôle des dispositifs de vidéosurveillance.
L’adhésion à cette mesure est particulièrement forte parmi les catégories socioprofessionnelles supérieures (84% des personnes vivant au sein d’un foyer dont le revenu net mensuel excède 3.000 euros, et 83% des cadres supérieurs).
1 Etude Ipsos/Ministère de l’Intérieur, « La vidéosurveillance », novembre 2007