Les Français sont favorables aux dispositifs de vidéosurveillance mais réclament également leur contrôle par un organisme indépendant

A l’heure où le Gouvernement a pour objectif de tripler d’ici deux ans le nombre de caméras de vidéosurveillance présentes dans les lieux publics, la CNIL a confié à Ipsos la réalisation d’une étude visant à brosser un état des lieux de l’opinion des Français à l’égard de ces dispositifs. L’étude, réalisée en face-à-face du 14 au 17 mars 2008 auprès d’un échantillon de 972 personnes, représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, confirme qu’une large majorité de Français est favorable à la présence de caméras de vidéosurveillance dans les lieux publics. Elle révèle par ailleurs que les personnes interrogées souhaitent dans le même temps qu’un contrôle soit exercé sur ces dispositifs dans un souci de protection de la vie privée. La CNIL apparaît comme un organisme légitime pour assurer cette fonction.

Convaincus de leur efficacité, les Français sont favorables à la présence de caméras de vidéosurveillance dans les lieux publics

Environ sept Français sur dix (71%) se déclarent favorables à la présence de caméras de vidéosurveillance dans les lieux publics. Si cette opinion est largement majoritaire au sein de toutes les catégories de la population, on note que les femmes (74%) et les personnes âgées (77% des 60 ans et plus), deux populations particulièrement sensibles aux problèmes d’insécurité, sont les plus favorables à la présence de caméras de vidéosurveillance dans les lieux publics.

Ce niveau d’approbation élevé découle certainement du fait que les Français voient les caméras de surveillance comme une réponse adéquate à l’insécurité. En effet, 83% des personnes ayant déclaré être favorables à la présence de caméras de vidéosurveillance affirment dans le même temps que leur multiplication est un moyen efficace de lutter contre la délinquance et le terrorisme. Ces résultats font écho à une précédente étude Ipsos, qui révélait que 66% des Français se sentent davantage en sécurité dans un lieu public lorsqu’il est équipé de caméras de vidéosurveillance.1

De manière plus générale, on observe que selon 65% des Français, la multiplication de ces caméras permettra de lutter efficacement contre la délinquance et le terrorisme. Une nouvelle fois, les séniors (73% des retraités, notamment) se montrent les plus convaincus des vertus sécurisantes des caméras de vidéosurveillance. Cet argument convainc également une large majorité des personnes vivant en milieu rural (71%).
Dès lors, il est peu surprenant de constater qu’une majorité relative de Français (43%) estime qu’il n’y a actuellement en France pas assez de caméras de vidéosurveillance dans les lieux publics. Un tiers des Français (33%) ne sont pas de cet avis et considèrent que leur nombre est suffisant, tandis que 15% jugent qu’il y en a déjà trop.

Ce dernier sentiment est particulièrement répandu dans l’agglomération parisienne (21%), ce qui s’explique probablement par le nombre déjà élevé de caméras de vidéosurveillance dans les transports en commun, notamment. Fort logiquement, les personnes favorables à la présence des caméras de vidéosurveillance et convaincues de leur capacité à lutter contre la délinquance et le terrorisme sont particulièrement nombreuses à estimer qu’il n’y en a pas assez (respectivement 59% et 60%).

Une large adhésion au principe du contrôle des dispositifs de vidéosurveillance

On reproche fréquemment aux caméras de vidéosurveillance de porter atteinte à la vie privée et aux libertés individuelles.
Aussi, l’idée que les dispositifs de vidéosurveillance soient placés sous le contrôle d’un organisme indépendant pour parer à toute dérive séduit une majorité encore plus large de Français : 79% y sont favorables et 47% considèrent même que cela est « très important ». Soulignons que cet avis est partagé par toutes les catégories d’individus, y compris par ceux qui sont favorables à la présence de caméras de vidéosurveillance et par les personnes favorables à un accroissement du nombre de caméras.
Les catégories socioprofessionnelles supérieures (84% des personnes ayant au moins bac +3 notamment) se montrent plus favorables encore que la moyenne à cette idée, sans doute parce qu’elles sont probablement les plus au fait de la problématique des libertés individuelles.

Enfin, les Français se déclarent largement favorables (74%) à ce que la CNIL (« une autorité administrative indépendante chargée de veiller à la protection des données à caractère personnel et de la vie privée ») soit en charge du contrôle des dispositifs de vidéosurveillance.
L’adhésion à cette mesure est particulièrement forte parmi les catégories socioprofessionnelles supérieures (84% des personnes vivant au sein d’un foyer dont le revenu net mensuel excède 3.000 euros, et 83% des cadres supérieurs).

1 Etude Ipsos/Ministère de l’Intérieur, « La vidéosurveillance », novembre 2007


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