Allemagne : l'écart se réduit entre la majorité et l'opposition
L'écart entre les intentions de vote en faveur du SPD et de la CDU se réduit, selon les dernières enquêtes d'opinion. L'opposition social-démocrate demeure favorite pour les élections générales allemandes du 27 septembre, mais le parti du chancelier Kohl regagne un peu de terrain dans l'opinion.
Selon un sondage de l'institut Dimap, réalisé auprès de 1100 électeurs, la majorité sortante CDU-CSU progresse de 35% à 36% des intentions de vote. De son côté, le SPD est stable avec 44% des voix potentielles. Selon la même enquête, les Verts sont crédités de 7%, les libéraux du FDP de 5% et les post-communistes du PDS de 4%. Toutes ces forces sont stables.
L'écart entre la majorité chrétienne-démocrate et l'opposition social-démocrate se réduit également à huit points dans l'enquête réalisée par l'institut Emnid. Selon ce sondage, le SPD chute de deux points pour atteindre 41% des intentions de vote tandis que la CDU cède un point et se situe désormais à 36%. Emnid annonce un FDP en progrès de deux points (6%), un PDS gagnant un point (5%) et des Verts stables (6%).
Selon les observateurs, le chancelier Kohl peut avoir bénéficié, dans l'opinion, de la visite du président russe Boris Eltsine. Paradoxalement, la diminution de l'écart entre les deux principales forces antagonistes risque de relancer le débat interne à la majorité sur la stratégie électorale à suivre pour l'emporter à l'automne. Le vice-président du groupe parlementaire chrétien-démocrate, Heiner Geissler, a confié dimanche au magazine "Bild am Sonntag" qu'il convenait de donner un "ton positif" à la campagne de la CDU afin de convaincre les électeurs qui "veulent un changement" au bout de seize années de pouvoir chrétien-démocrate. Pour beaucoup de dirigeants de la CDU, il serait erroné de se contenter d'agiter le chiffon rouge d'une hypothétique alliance du SPD avec le PDS.
Implicitement, ce débat stratégique renvoie à la question du devenir d'Helmut Kohl qui a fait récemment de l'anticommunisme son argument électoral majeur. Les libéraux du FDP ne se gênent pas pour dire tout haut ce que pensent tout bas certains dirigeants de la CDU. Guido Westerwelle, qui conduit la campagne du FDP, a déclaré dernièrement que Kohl, âgé de 68 ans, devrait se retirer peu après une éventuelle victoire en septembre, pour céder la place au populaire Wolfgang Schaeuble. L'argument d'une succession anticipée sera-t-il utilisé par le champion de la réunification allemande pour remporter sa dernière victoire électorale?