Notoriété et pratique du jeu du foulard

Ipsos a réalisé, pour le compte de l’APEAS, la première enquête française portant sur la notoriété et la pratique du Jeu du Foulard. La note qui suit présente les principaux résultats de cette enquête.

Auteur(s)

  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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Quelques éléments sur la méthodologie employée

L’interrogation d’un échantillon national représentatif

Le choix s’est porté sur l’interrogation d’un échantillon de personnes âgées de 15 ans et plus pour différentes raisons. La mesure d’une pratique doit se faire à l’échelle de l’ensemble de la population, sans limite d’âge. L’idée était de disposer ici d’éléments relatifs à la pratique de ce « jeu » à l’échelle de la population dans son ensemble, en faisant l’hypothèse que cette pratique ne se limite pas aux seuls enfants mais qu’elle a pu, un jour ou l’autre, concerner chacun.

Toutefois, les personnes âgées de moins de 15 ans n’ont pas été inclues dans cette première approche. L’interrogation d’enfants de moins de 15 ans nécessite en effet l’accord des parents et, pour des raisons de facilité d’administration de l’enquête, un accès aux environs des établissements scolaires. D’autre part l’appréhension de la pratique ne peut s’effectuer que par le biais d’une définition de cette même pratique. Proposée à des enfants, cette définition, nécessairement schématique, nécessiterait une administration en face-à-face. La suite logique de cette première enquête sera donc de dédier un dispositif spécifique aux moins de 15 ans.

La question des « petits » pourcentages

Certains des pourcentages ici présentés peuvent paraître faibles, s’agissant notamment de la pratique. Précisons d’emblée que l’on peut faire l’hypothèse d’une sous-déclaration de la pratique –impossible à quantifier réellement mais aisément compréhensible si l’on prend en compte les conditions d’enquête. Par ailleurs, la notion de « petit pourcentage » doit elle-même être relativisée : En 1999, on recensait en France métropolitaine (et hors Corse) 46.136.678 personnes âgées de 15 ans et plus. 1% correspond à environ 450.000 personnes. 2 à 900.000. 5% à environ 2 millions de personnes.

Rappelons enfin la définition adoptée dans le cadre de l’enquête : « « Ce que l’on appelle « Le Jeu du Foulard » consiste à jouer à prendre de grandes inspirations, à retenir sa respiration, puis à se serrer très fort au niveau de la poitrine ou à se serrer très fort le cou, jusqu’à perdre connaissance »

Une notoriété du terme importante, mais une connaissance effective de cette pratique inégale

91% des Français déclarent avoir déjà entendu parler du « jeu du Foulard ».

Mais ce pourcentage a priori très important doit être relativisé. En premier lieu parce que notoriété n’est pas nécessairement synonyme de connaissance : seulement les deux tiers des Français (63%) déclarent avoir une idée « très précise » de ce que l’on appelle « le Jeu du Foulard ». Ensuite parce que le taux de notoriété comme le taux de connaissance varient fortement en fonction du niveau d’études : si 78% des personnes disposant d’un niveau d’études supérieur ou égal à bac +3 déclarent avoir une idée précise de ce dont il s’agit, seuls 43% des personnes sans diplôme témoignent du même niveau d’information.

Parallèlement, on notera que les 15/19 ans font état d’un niveau de connaissance très sensiblement inférieur aux classes d’âge supérieures (ce qui n’est pas sans lien avec le point évoqué plus haut)  : 43%, contre plus de 60% pour les autres tranches d’âge. Un quart de ces 15/19 ans (22%) déclarent ne jamais en avoir entendu parler.

On constate donc que le taux de notoriété et surtout que le taux de connaissance du « Jeu du Foulard » varient fortement en fonction des différentes catégories sociales, et notamment de l’âge.

La pratique personnelle

4% des personnes qui ont entendu parler du « Jeu du Foulard » déclarent l’avoir pratiqué, enfant ou adolescent. Ce pourcentage est double (8%) chez les personnes sans diplôme. Par ailleurs, à en croire les 15/19 ans, cette pratique serait quasiment inexistante au sein de cette tranche d’âge… pour atteindre 6% chez les 20/34 ans.

La pratique sociale

Le souvenir de gens qui le pratiquaient dans l’entourage, pendant l’enfance ou l’adolescence, concerne en revanche près d’une personne sur 10, soit 9%. Et cette proportion atteint, pour les catégories d’âge les plus jeunes, près d’une personne sur cinq : 16% des 15/19 ans, 18% des 20/24 ans, 16% des 25/34 ans, signe évident que cette pratique est largement répandue dans la société, notamment chez les plus jeunes. Pour la moitié d’entre eux (48%), cette pratique a eu lieu entre 10 et 14 ans ; mais un tiers l’a pratiqué avant 10 ans ou après 14 ans.

Interrogés cette fois sur la pratique actuelle et non plus passée, 4% des personnes déclarant avoir entendu parler du « Jeu du Foulard » connaissent des gens qui le pratiquent aujourd’hui, quel que soit leur âge. Cette proportion monte à 8% chez les 20/24 ans.

Enfin on notera que 6% des parents déclarant avoir entendu parler du Jeu du Foulard estiment que leurs ou leur enfant a, un jour, pratiqué le Jeu du Foulard. Parmi eux, 22% des parents âgés de 20 à 24 ans.

Un trait général : la minimisation du danger

Une grande partie des personnes qui se sont trouvées en situation, soit comme victime, soit comme témoins, ont visiblement sous-estimé le danger : la moitié des personnes qui ont pratiqué personnellement ce « jeu » ou l’ont vu pratiqué par d’autres n’avaient pas « conscience de jouer ou d’assister à un jeu très dangereux (52%).

Pour autant, 5% des personnes concernées déclarent connaître des enfants ou des adolescents qui auraient été accidentés ou même décédés après avoir pratiqué le Jeu du Foulard, une personne sur dix âgée de 15 à 19 ans déclarant connaître au moins une victime dans son entourage (10%).


Fiche technique :

SONDAGE EFFECTUE POUR : Apeas

DATES DE TERRAIN : Les 6 et 7 avril 2007.

ECHANTILLON : 1 013 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.

METHODE : Echantillon interrogé par téléphone. Méthode des quotas : sexe, âge, profession du chef de famille, catégorie d’agglomération et région.

Auteur(s)

  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

Société