Nouveau décrochage et nouveau record d’impopularité pour le couple exécutif

La nouvelle édition du Baromètre de l’action politique Ipsos Le Point met en évidence un nouveau décrochage et un nouveau record d’impopularité pour le chef de l’Etat et son Premier ministre. A quatre mois des élections municipales, cette vague, morose pour la majorité, ne profite pas pour autant à l’opposition. 

Auteur(s)

  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
Get in touch

Dégradation du contexte économique et social (retour des plans sociaux, très mauvais chiffres du chômage de septembre…), affaire Leonarda, la tendance négative observée pour François Hollande en octobre se poursuit et s’accentue ce mois-ci : avec seulement 21% de jugements favorables, le président de la République perd 3 points par rapport au mois dernier et 6 points depuis septembre. Trois quarts des Français (75%, +4 points) se déclarent désormais critiques à l’égard de François Hollande, 40% (+5 points) jugent même de façon très défavorable son action. C’est une nouvelle fois surtout dans son propre camp que le président est en recul. Il ne recueille que 41% de bonnes opinions chez les sympathisants de gauche (-4 pts, -13 points en deux mois), 27% auprès des proches du Front de gauche (-16 points en deux mois). Déjà majoritairement impopulaire le mois dernier chez ses électeurs de second tour de l’élection présidentielle, François Hollande l’est désormais également chez ceux qui l’ont soutenu dès le premier tour en 2012 : 47% d’entre eux lui apportent leur soutien (en baisse de 11 points en un mois, de 15 pts depuis septembre), contre 51% qui se déclarent critiques. A quatre mois des élections municipales, même les sympathisants socialistes sont extrêmement partagés : 48% d’entre eux portent un jugement positif sur François Hollande (-6 points, -13 en deux mois), 47% expriment leur mécontentement.

Le constat est le même pour le Premier ministre. Avec 21% d’avis favorables (en baisse de 5 points) et 72% d’opinions négatives (en hausse de 9 points), Jean-Marc Ayrault enregistre le plus faible score jamais mesuré pour un Premier ministre depuis la création de ce baromètre en janvier 1996 (le précédent correspondait à Alain Juppé en décembre 1996, avec seulement 22% d’opinions positives). Largement critiqué dans son propre camp (seulement 37% de bonnes opinions chez les sympathisants de gauche, contre 58% de jugements défavorables, ces derniers en hausse de 11 points), Jean-Marc Ayrault devient impopulaire même chez les sympathisants socialistes : il recueille 40% de jugements favorables (en baisse de 11 points en un mois, de 15 pts depuis septembre) contre 53% d’avis défavorables (+13 points). 

L’absence de résultats économiques n’est sans doute pas étrangère à cette tendance. D’ailleurs les deux ministres les plus directement concernés par ces questions sont ce mois-ci pénalisés. Michel Sapin perd 4 points à 22% de bonnes opinions (et devient ainsi 36ème du classement sur 37 personnalités testées), Pierre Moscovici recule de 2 points en un mois et cumule une baisse de 6 points depuis septembre, à 25%. 

Si cette vague du baromètre est globalement négative pour les membres de la majorité, deux Ministres voient leur cote de popularité progresser : c’est le cas de Laurent Fabius (40% de bonne image, +4 points et notamment  +11 pts chez les sympathisants de droite), la libération des otages français au Mali et le rôle actif du Ministre des Affaires étrangères dans le dossier iranien expliquant sans doute cette évolution. Autre hausse du mois,  Christiane Taubira bénéficie d’un regain de popularité à la suite des attaques racistes dont elle a été victime. Elle gagne 5 points dans le classement général à 37%  et 12 points chez les sympathisants du PS, à 65%. Quant à Manuel Valls, très en retrait depuis deux semaines, il garde la tête du palmarès des personnalités préférées des Français avec 56% d’opinions positives (stable), devant Alain Juppé (50%, inchangé) et Bertrand Delanoë (47%, également stable).  

Cette vague, morose pour la majorité, ne profite pas pour autant à l’opposition. Au centre, l’annonce de la coalition « l’Alternative » réunissant le MoDem et l’UDI n’a eu pour l’instant qu’un impact modéré dans l’opinion. François Bayrou progresse certes de 4 points (42% de jugements favorables) mais ne fait en réalité que regagner les 4 points perdus le mois dernier et Jean-Louis Borloo reste stable, lui aussi à 42% de bonnes opinions, malgré une baisse de 9 points chez les sympathisants UMP (48%). A droite, aucune personnalité ne réalise une percée importante et les propres sympathisants UMP se montrent d’ailleurs globalement assez critiques à l’égard des membres du principal parti d’opposition.      

Quant à Marine Le Pen, elle est une nouvelle fois en recul (31% de bonne image, -3 points en un mois, -6 pts depuis septembre) à la suite de ses déclarations controversées sur les otages français. C’est notamment chez les femmes et les personnes âgées, catégories de population que la présidente du Front national commençait lentement à séduire, qu’elle enregistre de fortes baisses (-5 points chez les premières, -11 pts auprès des 70 ans et plus). Enfin, Jean-Luc Mélenchon voit lui aussi sa popularité se dégrader, de 2 points à 31%.

Auteur(s)

  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs

Société