Nouvelle baisse du baromètre de l'action politique

Pour sa vague de septembre, le baromètre de l'action politique Ipsos-Le Point est à nouveau mal orienté : les trois quart des personnalités testées enregistrent en effet une baisse de popularité, et seuls François Fillon (52%) et Manuel Valls (50%) atteignent de justesse une majorité absolue de jugements favorables. Après la baisse du mois dernier, la cote de François Hollande s'est stabilisée à 44% de bonnes opinions.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
  • Vincent Dusseaux Directeur d'études, Ipsos Loyalty
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L'intervention télévisée de François Hollande le 2 septembre au 20 heures de TF1 n'aura pas totalement rassuré les Français. Après la baisse de onze points le mois dernier, la chute de popularité du Président de la République est enrayée, mais avec 44% d'avis favorables (stable) contre 49% d'avis contraires (+2), le solde d'opinion demeure négatif. Jean-Marc Ayrault bénéficie de son côté d'un soutien équivalent (44% de jugements favorables), mais avec un niveau plus faible de mauvaises opinions (43%). Plus équilibrée, la structure de popularité du Premier ministre est légèrement différente de celle du chef de l'Etat, avec un soutien un peu moins fort chez les sympathisants de gauche (72% contre 78% pour François Hollande) et chez les proches du Parti Socialiste (80% contre 84%), et des jugements aussi moins sévères chez les proches de l'UMP (73% de mauvaises opinions contre 83% pour François Hollande) ou du Modem (54% contre 60%). Tel qu'il a été détaillé à la télévision, "l'agenda du redressement" aura donc peut-être davantage rassuré les adversaires que les alliés. La cote des deux têtes de l'exécutif continue notamment de se dégrader chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon à la Présidentielle : -9 points de bonnes opinions sur l'action de François Hollande (66%), -13 points sur l'action de Jean-Marc Ayrault (64%).

Le climat de rentrée n'est pas très favorable à l'exécutif, sans qu'il soit pour autant meilleur pour l'opposition. La tendance est généralisée, 26 des 36 responsables politiques testés dans notre baromètre enregistrant ce mois-ci une baisse de popularité. La plus marquante concerne Jean-Luc Mélenchon : avec des jugements qui se dégradent simultanément chez les sympathisants de droite et chez les proches du Parti Socialiste, le leader du Front de Gauche perd 9 points d'avis favorables et retombe à 30%, son niveau de décembre 2011, avant la poussée mesurée pendant la campagne Présidentielle. Autre baisse remarquable, celle d'Arnaud Montebourg, qui perd 6 points et se retrouve lui aussi à 30% de jugements favorables, contre 41% d'avis contraires. A noter que le Ministre du Redressement productif perd surtout du soutien dans son propre camp : -9 points chez les sympathisants PS (49% d'avis favorables). Parmi les personnalités de droite, la plus forte baisse concerne Dominique de Villepin, qui ne recueille plus que 26% de bonnes opinions (-6 points).

En progression de 6 points sur l'ensemble de l'échantillon (32% d'avis favorables) et même de 11 points si l'on ne retient que l'avis de sympathisants socialistes (50%), Vincent Peillon est une des rares personnalités à échapper à la tendance baissière du baromètre. Cette progression est toutefois à nuancer, tant elle renvoie d'abord à un surcroît de visibilité : avec la rentrée scolaire, les "sans réponse" sur l'action du Ministre de l'Education nationale ont baissé de 50% à 43%. Ce taux reste tout de même élevé, surtout si on le compare à celui mesuré pour Harlem Désir, qui fait son entrée au baromètre. Avec seulement 27% de "non réponse", le futur Premier secrétaire du Parti Socialiste bénéficie d'une assez bonne notoriété, et d'un soutien relativement fort, tout du moins chez les sympathisants socialistes : 57% d'avis favorables dans cet électorat, qui lui permettent d'intégrer directement le top 5 du classement des sympathisants PS, en compagnie de Bertrand Delanoë et de Martine Aubry (72%), Manuel Valls (69%) et Laurent Fabius (60%). Les avis sont forcément moins enthousiastes sur l'ensemble de l'échantillon, où avec 32% d'avis favorables, Harlem Désir se retrouve au même niveau que Jean-François Copé. Le secrétaire général de l'UMP fait donc jeu égal avec son homologue socialiste, mais se retrouve en revanche nettement distancé par François Fillon, dans la perspective de la bataille pour le leadership du parti. Avec 52% de bonnes opinions contre 37% d'avis contraires, François Fillon conserve en effet ce mois-ci la tête du palmarès des leaders politiques. L'écart entre les deux hommes en termes de popularité se creuse chez les sympathisants UMP : 89% d'avis favorables pour François Fillon (+3 points), qui double au passage Nicolas Sarkozy (82%, -6), contre seulement 64% (-2) pour Jean-François Copé.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
  • Vincent Dusseaux Directeur d'études, Ipsos Loyalty

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