Nucléaire, OGM, nanotechnologie, réchauffement climatique : les Français doutent de la crédibilité des scientifiques

L'enquête Ipsos/Logica Business Consulting réalisée pour La Recherche et Le Monde montre à quel point les rapports que les Français entretiennent avec la science se sont complexifiés, au point de devenir un point stratégique des prises de position publique. Si la confiance dans la science ne se dément pas, pour le progrès social occasionné depuis 20 ans et sa capacité à apporter des réponses aux grands maux de l'humanité, les Français pensent de plus en plus qu'on ne leur dit pas toujours la vérité, lorsqu'on aborde notamment des sujets concrets comme le nucléaire, les OGM ou le réchauffement climatique.

Auteur(s)

  • Etienne Mercier Directeur Politique et Opinion - Public Affairs
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Une confiance et un intérêt très forts des Français pour la science

La confiance des Français dans la science est relativement élevée : 3 Français sur 4 considèrent que la science et la technologie apportent des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent. Ils perçoivent les innovations scientifiques et technologiques de ces vingt dernières années comme ayant eu un impact positif pour la société française (78%) et encore plus pour eux, personnellement (83%).

Plus précisément, la science bénéficie de la confiance du grand public pour résoudre les grands problèmes rencontrés par l’ensemble de l’humanité : guérir le sida (92%), le cancer (91%), la maladie d’Alzheimer (88%), prévoir les catastrophes naturelles (64%) ou encore résoudre les problèmes de famine et d’accès à l’eau dans le monde (57%).

Au-delà de cette image positive, c’est l’intérêt des Français pour la science qui est perceptible : 7 Français sur 10 affirment qu’ils s’intéressent à l’actualité scientifique.

Mais leur confiance dans les scientifiques varie fortement en fonction du domaine et du risque qui lui est associé

Pour 69% des Français, le risque zéro n’existe pas et pour 67% d’entre eux, la société ne peut pas progresser sans prendre certains risques. Mais jusqu’où ?

Sitôt que l’on aborde des sujets concrets (nucléaire, OGM, nanotechnologies), ils se montrent beaucoup plus méfiants.

  • Dans le domaine du nucléaire, seuls 35% des Français font confiance aux scientifiques pour dire la vérité sur les résultats et les conséquences de leurs travaux sur ce sujet.
  • Les scientifiques travaillant sur les OGM suscitent aussi beaucoup de défiance (58% n’ont pas confiance).
  • En ce qui concerne les nanotechnologies, seuls 44% des Français ont confiance dans les scientifiques pour les informer (mais la majorité se dit mal informée sur le sujet - 69%).
  • Enfin, au sujet du réchauffement climatique, moins d’un Français sur deux dit avoir confiance dans les scientifiques pour dire la vérité sur les résultats et les conséquences de leur travaux dans ce domaine (48%) alors même qu’ils sont massivement persuadés que l’homme a un impact important sur le réchauffement climatique (86%).

De réelles attentes à l’égard de la communauté scientifique : des explications sur les enjeux de la recherche et les débats qu’elle suscite

La communauté scientifique a le potentiel pour expliquer les enjeux de la recherche et les débats qu’ils peuvent susciter. Les Français font massivement confiance aux chercheurs (92%), au CNRS (86%), aux médecins (84%) ou encore à l’Académie des sciences (84%). Les enseignants viennent loin derrière mais recueillent toutefois la confiance d’une majorité de Français (65%) tout comme les journalistes scientifiques (64%).

Les associations de protection de l’environnement arrivent derrière (63%) malgré leur statut de contre-pouvoir. Ainsi, les Français apparaissent d’abord en attente d’explications scientifiques objectives plus que de prises de position éthiques ou politiques.


Fiche technique :

Enquête réalisée par Ipsos/ Logica Business Consulting pour la Recherche et Le Monde auprès d’un échantillon représentatif de 1 003 Français âgés de 18 ans et plus, interrogés par internet du 17 au 23 mai 2011.

Auteur(s)

  • Etienne Mercier Directeur Politique et Opinion - Public Affairs

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