Plus de la moitié des PME ont recours à l’apprentissage
L’enquête réalisée par Ipsos pour la fondation d’Auteuil montre que l’apprentissage est un dispositif reconnu et apprécié dans les PME, surtout les plus importantes. Les patrons s’interrogent en revanche sur les mesures gouvernementales destinées à favoriser cette pratique, mesures peu connues et jugées peu efficaces
L’apprentissage : un dispositif auquel un dirigeant de PME sur deux a recours et dont l’utilité est reconnue.
Tout comme en 2008, les dirigeants de PME se montrent attachés à l’apprentissage et un nombre significatif d’entre eux y a recours (54%). Résultat encourageant : près de quatre chefs d’entreprise sur dix (39%) déclarent même employer fréquemment des jeunes en apprentissage ou en alternance. La taille de l’entreprise ainsi que son secteur d’activité apparaissent comme des facteurs particulièrement clivants en la matière : les trois-quarts des PME de plus de 100 salariés emploient ainsi des jeunes en apprentissage ou en alternance, contre seulement 43% des entreprises de moins de 20 salariés. Les entreprises des secteurs agricole et industriel ont aussi davantage recours à ce type de contrat de travail (respectivement 71% et 72%) que celles spécialisées dans le transport ou la communication (35%)
En majorité, les dirigeants de PME reconnaissent l’utilité de l’apprentissage pour leur entreprise, et son rôle majeur dans l’insertion professionnelle des jeunes. Pour 65% des chefs d’entreprise interrogés, embaucher un apprenti permet ainsi de répondre à des besoins spécifiques de l’activité de leur société. Les chefs d’entreprise considèrent en outre que l’apprentissage constitue une réponse aux difficultés d’insertion professionnelle des jeunes dont les formations sont souvent perçues comme inadaptées aux besoins du monde du travail : 78% (+ 9 points par rapport à 2008) d’entre eux estiment que l’apprentissage est un moyen tout à fait (29%) ou plutôt (49%) efficace pour lutter contre le chômage des jeunes.
Les mesures destinées à favoriser le recours à l’apprentissage: une notoriété modérée...
Les chefs d’entreprise croient en l’utilité de l’apprentissage mais leur niveau d’information sur les dispositifs leur permettant d’y avoir plus facilement recours apparaît perfectible. En effet, si 66% d’entre eux se déclarent bien informés sur les mesures visant à favoriser l’apprentissage dans les PME, c’est le plus souvent de façon nuancée : on est ainsi bien plus souvent plutôt bien informé (51%) que très bien informé (15%). Un dirigeant sur trois (34%) estime quant à lui être mal informé (dont 12% très mal informés).
La notoriété de deux réformes récentes, destinées à favoriser l’embauche des apprentis, est également modérée. La majorité des entrepreneurs (62%) a certes entendu parler de la mise en place d’une prime de 1800 euros pour les entreprises de moins de 50 salariés embauchant un apprenti supplémentaire mais seuls 31% d’entre eux connaissent le contenu de la réforme ; 31% ne savent pas ce qu’elle propose et que 32% n’en ont jamais eu vent. Les niveaux de connaissance relatifs à l’extension de la mesure de suppression des charges pour l’embauche d’un apprenti aux entreprises de plus de dix salariés sont globalement similaires : 27% des chefs d’entreprise savent précisément ce que cette réforme propose, 34% en ont entendu parler mais en ont une idée imprécise et 33% ne la connaissent pas.
... et une efficacité remise en cause
La majorité des répondants (52%) estime que les mesures visant à favoriser l’apprentissage dans les PME sont plutôt (38%) ou tout à fait (14%) inefficaces. La taille de l’entreprise apparaît ici encore comme un facteur déterminant, les opinions les plus critiques émanant des petites PME : 58% des chefs d’entreprises employant entre 20 et 49 salariés jugent les mesures en question inopérantes, quand 69% des dirigeants de PME comptant plus de 200 salariés expriment l’avis contraire. Notons toutefois que lorsque l’efficacité est reconnue, elle l’est de façon extrêmement mesurée. En effet, sur les 40% de chefs d’entreprise estimant ces mesures efficaces, seul 1% les juge très efficaces. Les chefs d’entreprise bien informés sur ces mesures sont pour leur part 51% à les trouver efficaces (dont toujours seulement 1% très efficaces).
Par ailleurs, la force d’incitation des récentes réformes visant à favoriser l’embauche d’apprentis semble également assez faible : seuls 11% des dirigeants de PME interrogés déclarent qu’elles les amèneront à avoir davantage recours à l’apprentissage, quand la très grande majorité (76%) pense qu’elles n’auront probablement (48%) ou certainement (28%) pas d’effet sur leur recrutement (13% ne se prononcent pas). Les chefs d’entreprise les mieux informés sur la teneur de ces réformes les plus critiques : 88% des répondants connaissant une des deux réformes répondent que ces dispositions ne les encourageront pas à recourir davantage à l’apprentissage.