Plus d'une mère sur deux lit une histoire à son enfant tous les jours

La Délégation Interministérielle à la famille et le Ministère de la Culture ont souhaité réaliser une enquête auprès de parents d’enfants de moins de 3 ans, afin de mieux cerner comment la lecture aux très jeunes enfants est perçue par les parents et quelles sont les pratiques de lecture au sein des familles : à quelle fréquence les parents racontent-ils des histoires à leurs enfants ? Quel est le profil du parent lecteur ou non lecteur ? Quels supports utilisent-ils, où se les procurent-ils et qui les conseille ? Cette étude a été réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 602 parents d’enfants de cette classe d’âge, du 3 au 5 juin 2009.

Auteur(s)
  • Etienne Mercier Directeur Opinion et Santé - Public Affairs
  • Amandine Lama Directrice de Clientèle, Département Politique et Opinion, Public Affairs
Get in touch

Plus d'une mère sur deux lit une histoire à son enfant quotidiennement (53%). Les histoires racontées aux enfants restent l’affaire des mères et ne concernent au quotidien qu’une minorité de pères (seulement 37%). Si les plus jeunes enfants ont accès à la lecture, c’est d’abord grâce aux mamans. Au total, presqu’un parent sur deux (46%) déclare lire au moins une fois par jour une histoire à son enfant : 17% déclarent lire une histoire à leur enfant de moins de 3 ans plusieurs fois par jour, 29% disent le faire une fois par jour. Pour près d’un tiers des parents, la lecture n’est qu’une pratique occasionnelle, puisque 32% disent lire une histoire une fois par semaine ou moins.

Les vertus de la lecture aux très jeunes enfants sont connues et reconnues par la quasi-totalité des parents. Pour les parents, lire des histoires à des jeunes enfants est tout d’abord une source d’éveil (99%), un moment de complicité privilégié (98%) qui « permet de mieux aborder le moment du coucher » (90%).Logiquement, 93% des parents considèrent donc qu’il est faux de dire qu’ « offrir un livre à un enfant qui ne sait pas lire ne sert pas à grand-chose ».

Même pour les plus petits, les histoires sont aujourd’hui massivement racontées à partir d’un support écrit. Les parents seraient-ils  en panne d’imagination ? 89% des parents qui racontent des histoires, disent qu’elles proviennent en premier de livres et 2% de magazines pour enfants. Seulement 9% de parents avouent préférer raconter une histoire sans support textuel en utilisant des histoires qu’ils connaissent et racontent sans les lire (5%) ou en les inventant eux-mêmes (4%).

Les conséquences du manque de pratique: moins on lit d’histoires à son enfant, plus il semble difficile de le faire. En effet, si près d’un parent sur deux (47%) déclare qu’il n’est pas facile de trouver des livres de qualité ou de lire des histoires qui plaisent à un enfant de moins de 3 ans, les parents qui lisent moins d’une fois par mois sont encore plus nombreux à le penser (64% contre 34% des parents qui lisent des histoires plusieurs fois par jour).

Les explications du manque de pratique de la lecture d’histoires : d’abord le manque de temps (42%). Ils invoquent également le fait qu’ils n’aiment pas raconter des histoires et préfèrent jouer avec leur enfant (35%), qu’il est trop jeune pour comprendre les histoires racontées (30%), qu’ils lisent eux-mêmes peu de livres (25%) ou que les enfants préfèrent jouer (24%). Seuls 24% l’expliquent par le fait qu’une autre personne de la famille leur en lit et 3% qu’on leur en lit déjà beaucoup à la crèche ou là où ils sont gardés.  

De nombreux parents semblent manquer de conseils pour guider leurs achats de livres ou magazines pour leur enfant. Ils disent compter avant tout sur eux-mêmes, en regardant dans les rayons (84%), plutôt que de suivre les conseils de la famille (18%), des amis (15%) ou de sources extérieures à l’entourage proche. 23% des parents disent qu’ils n’ont pas de source d’information ou de conseil privilégiée. Cette proportion croît quand la fréquence de lecture diminue: seulement 15% des parents qui lisent une histoire plusieurs fois par jour le disent, contre 26% de ceux qui n’en lisent pas quotidiennement

Auteur(s)
  • Etienne Mercier Directeur Opinion et Santé - Public Affairs
  • Amandine Lama Directrice de Clientèle, Département Politique et Opinion, Public Affairs

Société