Popularité : Nicolas Sarkozy au plus bas depuis 2007

La dernière vague du baromètre de l’action politique Ipsos-Le Point révèle une impopularité record pour Nicolas Sarkozy. Dans un climat d’opinion particulièrement morose, l’image de la majorité des personnalités de droite et de gauche se dégrade.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur de département - Public Affairs
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Après plusieurs semaines de bras de fer sur la réforme des retraites, la popularité de Nicolas Sarkozy est tombée à 31% d’avis favorables (-3 points par rapport au mois dernier), contre 65% de mauvaises opinions (+3 points). C’est le plus mauvais score enregistré pour le chef de l’Etat depuis son arrivée à l’Elysée. Les jugements n’ont d’ailleurs jamais été aussi bas dans son propre camp : 71% d’avis favorables chez les sympathisants UMP, en baisse de 5 points par rapport au mois dernier et de 15 points depuis juillet. Les bonnes opinions chutent également chez les retraités (-8 points à 38%), et chez les proches du Front National (-22 points, 30%). Nicolas Sarkozy a perdu aujourd’hui auprès de l’électorat frontiste tous les gains réalisés depuis le discours de Grenoble.
Les jugements sont moins sévères, mais la tendance est la même pour François Fillon. A 43% d’avis favorables (-3 points) contre 50% d’avis contraires (+4 points), le Premier ministre n’est qu’à un point de son plus mauvais résultat. Sa popularité se dégrade également de 6 points chez les sympathisants UMP (76%, plus bas niveau depuis mai 2007).

Si le climat est morose pour l’exécutif, il l’est également pour l’ensemble de la classe politique. Comme le mois dernier, le baromètre reste mal orienté pour les personnalités de la majorité, tandis que la dynamique favorable à la gauche s’estompe. Du coup, 25 des 32 personnalités testées dans le baromètre affichent un solde d’image(*) en recul. Parmi les baisses significatives, on retiendra celle de Bernard Kouchner (49% d’avis favorables, -6 points), qui perd notamment du soutien à droite (64%, -8 points), suite à l’affaire de sa supposée lettre de démission. Bertrand Delanoë perd quant à lui 5 points d’avis favorables sur l’ensemble de l’échantillon (53%), et 5 points à gauche (65%), après l’accord passé par la Mairie de Paris au sujet des emplois fictifs. On notera aussi que l’image d’Eric Woerth continue de se dégrader (24%, -3 points), notamment à gauche (10%, -8 points). Dominique Strauss-Kahn perd lui aussi trois points de bonnes opinions (53%), alors qu’à la différence des autres personnalités de gauche, il n’avait pas progressé le mois dernier. Le Président du FMI cumule ainsi une baisse de 12 points depuis juin. Perçu de plus en plus comme un adversaire pour 2012, il perd 7 points chez les sympathisants UMP (-23 points en trois mois) pour s’établir à 55% d’avis favorables.

Quelques personnalités parviennent à échapper à la tendance baissière du baromètre. Un gain de 2 points d’avis favorables et les baisses de Bertrand Delanoë, Dominique Strauss-Kahn et Bernard Kouchner permettent à Rama Yade de retrouver, avec 54% de bonnes opinions, la première place du palmarès des leaders politiques qu'elle n’avait plus occupée depuis mai. Michèle Alliot-Marie fait aussi figure d’exception, puisqu’elle récupère aujourd’hui une partie des points perdus le mois dernier (48% d’avis favorables, +3 points). Elle retrouve ainsi la tête du palmarès établi par les sympathisants UMP (77%, +5 points).

(*) différence entre jugements favorables et défavorables

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur de département - Public Affairs

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