Présidentielle 2007 : investitures et candidatures n'ont pas changé le rapport de force

Entre la vague d'intentions de vote réalisée du 9 au 11 novembre et celle du week-end dernier, ni les investitures de Ségolène Royal, de Marie George Buffet et de Dominique Voynet, ni les déclarations de candidature de Nicolas Sarkozy voire de François Bayrou n'auront modifié le rapport de force électoral. Nicolas Sarkozy (35% d'intentions de vote premier tour) et Ségolène Royal (31%) captent toujours les deux tiers de l'électorat ; ils restent aussi au coude à coude dans les intentions de vote second tour (51/49 en faveur de Nicolas Sarkozy). A 12,5% (+2,5), Jean-Marie Le Pen enregistre la seule progression significative. François Bayrou reste à 8%, aucun autre candidat n'est mesuré à plus de 3%.

Présidentielle 2007 : investitures et candidatures n'ont pas changé le rapport de force

Auteur(s)

  • Jean-François Doridot Directeur Général, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs
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Interrogés au lendemain de la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy, plus d'un Français sur trois (35%) le choisirait au premier tour, "si l'élection avait lieu dimanche prochain". En terme de proximité partisane, les électeurs de Nicolas Sarkozy se recrutent bien sûr majoritairement chez les proches de l'UMP, où il fait presque l'unanimité (près de 80% d'intentions de vote dans cette frange de l'électorat). Huit sympathisants UMP sur dix souhaitent d'ailleurs qu'il soit investit, plutôt que Dominique de Villepin ou Michèle Alliot-Marie.

Outre l'électorat UMP, Nicolas Sarkozy est également soutenu par 40% des sympathisants UDF, par 17% des proches du Front National, et même par 10% des proches de la gauche parlementaire. L'attractivité de sa candidature au-delà de son camp naturel dès le premier tour explique ainsi ce score de 35% d'intentions de vote, supérieur aux normes habituelles (le record pour Jacques Chirac enregistré en janvier 2002 était de 28%). Elle explique également des reports de voix pour le second tour un peu moins bons que ce que le traditionnel clivage gauche / droite ne le laisserait supposer, chez ceux qui ne se rallient pas dès le premier tour. En particulier, l'électorat de François Bayrou se repartit équitablement dans ses intentions de vote second tour entre la candidature Nicolas Sarkozy et celle de Ségolène Royal (50/50).

Avec une certaine symétrie, on constate que Ségolène Royal recrute elle aussi assez large. La candidate préférée des jeunes (42% d'intentions de vote chez les 18-24 ans, contre 33% vers Nicolas Sarkozy), des employés, des professions intermédiaires et des cadres supérieurs (près de 40% à chaque fois) ne se laisse pas distancée par le Ministre de l'intérieur. Elle est aujourd'hui mesurée à 31% d'intentions de vote sur l'ensemble de l'échantillon, un score que Lionel Jospin n'a pas atteint sur la campagne 2002 (il n'a jamais dépassé 25%). Ségolène Royal est soutenue dès le premier tour par les trois quarts des proches du PS, par environ un quart de l'électorat "Verts", un cinquième de l'électorat du PC et de l'extrême-gauche. Mais contrairement à celle de Nicolas Sarkozy, sa candidature fait surtout l'objet d'excellents reports de voix entre le premier et le second tour, chez ceux qui lui ont d'abord préféré Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet ou Dominique Voynet (plus de 85% à chaque fois). En ajoutant la moitié des électeurs de François Bayrou, on obtient ce rapport de force de second tour très équilibré, 51%/49%, malgré un différentiel nettement favorable à la droite dans les intentions de vote premier tour.

Assez loin derrière Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, Jean-Marie Le Pen progresse de 2,5 points pour atteindre 12,5% d'intentions de vote en sa faveur, un niveau déjà mesuré pour lui cet été (13% en juillet 2006), mais qu'il n'avait atteint sur la campagne 2002 que dans la dernière ligne droite, au mois d'avril. Encore un peu plus loin, François Bayrou reste à 8% d'intentions de vote. A noter que cette enquête, réalisée les 1 er et 2 décembre, ne mesure que très partiellement l'impact de sa déclaration de candidature (2 décembre). On notera en dernier lieu qu'aucun autre candidat ne dépasse pour le moment les 3% d'intentions de vote. Marie-George Buffet reste à 3%, Olivier Besancenot et Arlette Laguiller perdent chacun un point (respectivement 3 et 2%), les candidatures de Dominique Voynet et de Jean-Pierre Chevènement ne décollent pas (1,5% et 1%), Philippe de Villiers perd 1,5 point (2,5%), Frédéric Nihous, le candidat CPNT est à 0,5%. Les scores de ces petits candidats devraient toutefois s'améliorer à l'approche du scrutin, quand ils pourront bénéficier d'une couverture médiatique plus importante à l'approche de la campagne officielle.

 

INTENTION DE VOTE PRESIDENTIELLE : 1 er tour

Question : Si le premier tour de l'élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, quel serait le candidat pour lequel il y aurait le plus de chances que vous votiez si vous aviez le choix entre les candidats suivants ?

 

Inscrits, exprimés (1)
%

Rappel 9-11 novembre 2006
%

Arlette LAGUILLER

2

3

Olivier BESANCENOT

3

4

Marie-George BUFFET

3

3

Jean-Pierre CHEVENEMENT

1

1,5

Ségolène ROYAL

31

30

Dominique VOYNET

1,5

2

Frédéric NIHOUS

0,5

0,5

François BAYROU

8

8

Nicolas SARKOZY

35

34

Philippe de VILLIERS

2,5

4

Jean-Marie LE PEN

12,5

10

 

100

100

(1) 14% des personnes interrogées n'ont pas exprimé d'intention de vote

 

INTENTION DE VOTE PRESIDENTIELLE : 2nd tour

Question : Parlons maintenant du second tour de l'élection présidentielle. Si celui-ci avait lieu dimanche prochain, quel serait le candidat pour lequel il y aurait le plus de chances que vous votiez si vous aviez le choix entre les deux candidats suivants ?

 

Inscrits, exprimés (1)
%

Rappel 9-11 novembre 2006

%

Ségolène ROYAL

49

50

Nicolas SARKOZY

51

50

 

100

100

(1) 13% des personnes interrogées n'ont pas exprimé d'intention de vote

 

Le candidat UMP à l'élection présidentielle : le choix des sympathisants UMP

Question : Imaginons que tous les électeurs proches de l'UMP puissent participer à des élections primaires pour désigner le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle de l'an prochain.
Parmi les personnalités suivantes, quelles est celle pour laquelle il y aurait le plus de chances que vous votiez ?

Base : Aux sympathisants UMP

EXPRIMES (1)

Sympathisants UMP
%

Rappel 17-25 novembre 2006
%

Rappel 17-19 novembre 2006
%

Rappel 18-26 août 2006*
%

Nicolas Sarkozy

81

78

77

78

Dominique de Villepin

10

9

6

10

Michèle Alliot-Marie

9

13

17

6

 

100

100

100

100

(1) 3% des personnes interrogées n'ont pas exprimé de préférence
(*) Jean-Louis Borloo était crédité de 5% et Nicolas Dupont-Aignant de 1%.


Fiche technique :

Sondage effectué pour  : LE POINT

Dates du terrain : 1 er et 2 décembre 2006.

Echantillon : 950 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

METHODE : Echantillon interrogé par téléphone.
Méthode des quotas : sexe, âge, profession du chef de famille, catégorie d'agglomération et région.

Les intentions de vote ont été posées aux 859 personnes inscrites sur les listes électorales. Les résultats ne constituent pas un élément de prévision du résultat électoral. Ils donnent une indication significative de l'état du rapport de forces actuel pour les configurations de candidatures testées.

La question concernant le candidat UMP préféré pour l'élection présidentielle de 2007 a été posée à 426 sympathisants UMP, issus de deux échantillons nationaux représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus et comprenant 1916 personnes. Interrogation les 24 et 25 novembre (202 sympathisants UMP) et le 1 er et 2 décembre 2006 (224 sympathisants UMP).

Auteur(s)

  • Jean-François Doridot Directeur Général, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

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