Présidentielle 2012 : François Hollande porté par sa victoire aux primaires citoyennes

La dernière vague du baromètre Présidentielle 2012 Ipsos/Logica Business Consulting réalisé pour France Televisions, Radio France et Le Monde, révèle une dynamique toujours favorable à François Hollande, largement en tête des intentions de vote 1er et 2nd tour. La situation se complique pour Nicolas Sarkozy, qui ne profite pas pleinement du retrait de J. Borloo.

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"Si l'élection présidentielle avait lieu dimanche prochain", un électeur sur trois voterait pour François Hollande dès le premier tour (35%, +3 points en un mois), et 62% le choisiraient au second tour face à Nicolas Sarkozy. C'est bien une sorte "d'état de grâce" que l'on mesure ici pour le leader socialiste, après l'investiture de son parti via la primaire citoyenne. Au-delà de cette dynamique de campagne, on constate que l'actualité marquée par la crise financière européenne provoque chez les Français un réflexe de "vote utile" favorable aux principaux candidats. Pour François Hollande, cela se traduit par une mobilisation croissante de son camp (82% d'intentions de vote chez les sympathisants socialistes), mais aussi par le soutien dès le premier tour du quart de l'électorat écologiste (25%) ou proche du Front de Gauche (22%).

Nicolas Sarkozy gagne lui aussi 3 points d'intentions de vote par rapport au mois dernier, fort d'un électorat UMP moins dispersé (77% d'intentions de vote chez les sympathisants UMP). Sa progression est toutefois en trompe-l'œil, car s'il profite du retrait de Jean-Louis Borloo et d'une conjoncture moins favorable à Dominique de Villepin, le chef de l'Etat reperd sur sa droite 12% d'électeurs proches de l'UMP qui lui préfèrent Marine le Pen.
A 19% d'intentions de vote premier tour (+3 points également), c'est peut-être la Présidente du Front National qui profite le plus de la situation, en réussissant à fédérer un vote utile "eurosceptique de droite", que pouvaient incarner en leur temps Charles Pasqua, Philippe Séguin ou Philippe de Villiers.

Derrière le trio de tête, aucun autre candidat n'émerge. François Bayrou fait même figure de grand perdant, lui qui ne profite en rien du retrait de Jean-Louis Borloo et stagne à 5,5% d'intentions de vote. S'il avait pu bénéficier en 2007 d'un avantage comparatif en terme de "présidentiabilité" par rapport à Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, la candidature de François Hollande, plus proche des "codes centristes", lui laisse moins d'espace. En tous cas, le leader du Modem ne représente plus aujourd'hui dans l'opinion une alternative crédible pour figurer au second tour, mesuré au même niveau d'intentions de vote qu'Eva Joly (6%, +1) ou Jean-Luc Mélenchon (6%, -2).

Au second tour, le duel opposant Nicolas Sarkozy et François Hollande tournerait largement à l'avantage du candidat socialiste, actuellement à 62% d'intentions de vote, contre 38% seulement au Président sortant. Pour artificiel qu'il soit, cet écart important découle d'un rapport de force 1er tour très défavorable à la droite, en niveau comme en dynamique. Le total gauche mesuré sur le 1er tour s'élève en effet à 49%, en progression de 2,5 points en un mois et de 6 points en deux mois, contre un total droite (hors Front National) à 26,5%, en baisse de 5,5 points en un mois, de 8,5 points en deux mois.
L'écart se creuse, et Nicolas Sarkozy ne peut envisager la victoire que si la dynamique s'inverse et que le rapport Gauche / Droite se rééquilibre : il lui faut reprendre des voix à François Hollande. Il lui faudrait aussi, dans une sorte de grand écart, des reports de voix beaucoup plus favorables à la fois sur l'électorat 1er tour de François Bayrou (dont 30% se prononcent pour N. Sarkozy au 2nd tour, contre 40% François Hollande et 30% qui n'expriment pas d'intentions de vote 2nd tour), et simultanément sur l'électorat de Marine Le Pen (36% pour N. Sarkozy, 32% pour François Hollande, 32% ne se prononcent pas). Si le jeu reste ouvert, il se complique sérieusement pour le Président sortant.

Jean-François Doridot
Directeur Général Ipsos Public Affairs
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