Présidentielle 2022 | Profil des abstentionnistes et sociologie des électorats

Qui a voté pour qui ? L'enquête réalisée par Ipsos et Sopra Steria pour france•tv et radiofrance auprès de 4000 personnes inscrites sur les listes électorales interrogées du 6 au 9 avril détaille le profil des abstentionnistes et la sociologie des différents électorats.

Présidentielle 2022 - Les analyses des experts Ipsos

 

Les abstentionnistes

26% des personnes inscrites sur les listes électorales ne se sont pas rendues aux urnes ce dimanche. Si la proportion d'hommes (27%) et de femmes (25%) est sensiblement la même, on mesure un différentiel de mobilisation plus net en fonction de l'âge des électeurs. Près de la moitié des 18-24 ans (42%) et des 25-34 ans (46%) ne sont pas allés voter, pour 22% des 35-49 ans, 20% des 50-59 ans, 12% des 60-69 ans et 23% des plus de 70 ans.

En termes de catégories socioprofessionnelles, un ouvrier sur trois (33%) a boudé les urnes, pour 26% des cadres, 27% des professions intermédiaires et des employés. Sur l'ensemble des salariés, on s'est un peu moins abstenu dans le public (25%) que dans le privé (31%), même si les proportions restent élevées dans les deux cas.

Comme souvent, l'abstention est inversement proportionnelle au niveau de revenu : 23% d'abstention au sein des foyers qui disposent d'un revenu mensuel net supérieur à 3000€, 25% dans la catégorie 2000€ - 3000€, 29% dans la catégorie 1250€-2000€, 34% chez les plus défavorisés. La proximité politique confirme un différentiel de mobilisation favorable au Président sortant : 16% des électeurs qui avaient choisi Emmanuel Macron dès le premier tour en 2017 se sont abstenus cette année, pour 19% chez les électeurs 2017 de Jean-Luc Mélenchon et 21% dans l'électorat 2017 1er tour de Marine Le Pen. Parallèlement, ceux qui se déclarent "satisfaits à l'égard de leur vie" sont 23% à s'être abstenus, pour 29% chez les "pas satisfaits".

Sociologie des électorats

Selon l'âge

Ses 28% de suffrages lui ont permis de sortir en tête au soir du premier tour, en partie grâce à l'électorat âgé. Emmanuel Macron a recueilli 41% des suffrages chez les plus de 70 ans, 30% chez les 60-69 ans, tandis qu'on passe sous les 25% dans les catégories 50-59 ans (24%), 35-49 ans (24%), 25-34 ans (23%) et 18-24 ans (20%). Emmanuel Macron a devancé Marine Le Pen dans le vote des électeurs de plus de 60 ans, mais il est derrière la candidate du Rassemblement National dans toutes les autres catégories d'âge, de 18 à 59 ans. Chez les moins de 35 ans, c'est toutefois Jean-Luc Mélenchon qui est arrivé en tête, avec plus de 30% des suffrages. Le leader de la France Insoumise tombe ensuite à 22% chez les électeurs de 35 à 60 ans, à 17% chez les 60-69 ans, à 9% chez les 70 ans et plus.

Selon la profession et le statut

En termes de catégories socioprofessionnelles, Emmanuel Macron est arrivé nettement en tête chez les cadres (35% des suffrages pour 12% à Marine Le Pen) et les retraités (38% / 17%), de façon moins nette au sein des professions intermédiaires (28% / 24%), et est largement devancé par Marine Le Pen chez les employés (17% / 36%) et les ouvriers (18% / 36%). Le match a été serré mais remporté par Marine Le Pen chez les salariés (25% / 28%), du public (22% / 27%) comme du privé (26% / 28%).

Selon le revenu ou le dernier diplôme obtenu

On retrouve une dichotomie France d'en haut / France d'en bas lorsqu'on observe le vote selon le dernier diplôme obtenu : Emmanuel Macron est en tête chez les diplômés d'au moins bac+2, Marine Le Pen chez les non-bacheliers et ceux qui n'ont pas poursuivi leurs études au-delà du baccalauréat. C'est encore plus net lorsqu'on s'intéresse aux catégories de revenus : 35% des suffrages vs 19% pour Marine Le Pen au sein des foyers disposant d'un revenu mensuel net supérieur à 3000€, 14% vs 31% dans la catégorie "moins de 1250€". Le rapport de force est plus serré dans les catégories intermédiaires. A noter que si comme attendu Jean-Luc Mélenchon a enregistré de meilleurs scores chez les bas revenus (au-dessus de 25%) que dans les catégories supérieures (sous les 20%), il a aussi bénéficié d'un vote "instruit", recueillant plus du quart des suffrages des plus diplômés (26% dans la catégorie bac+3 et plus").

Selon la proximité politique

Pour se qualifier au second tour, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont pu compter sur la solidité de leur base électorale. Les trois quarts de leurs électeurs du premier tour de la Présidentielle 2017 ont confirmé leur choix. En comparaison, Jean-Luc Mélenchon n'a conservé "que" 66% de son électorat 2017. A peine un cinquième de l'électorat de François Fillon a voté pour Valérie Pécresse, 12% des électeurs de Benoît Hamon ont voté pour Anne Hidalgo. On relèvera au passage l'éclatement du vote socialiste et LR. Les électeurs 2017 de Benoît Hamon ont voté à 42% pour Jean-Luc Mélenchon, à 18% pour Yannick Jadot, à 13% pour Emmanuel Macron, à 12% pour Anne Hidalgo. Les électeurs 2017 de François Fillon ont voté à 39% pour Emmanuel Macron, à 21% pour Valérie Pécresse, à 18% pour Marine Le Pen et à 12% pour Éric Zemmour. Selon la proximité partisane, 33% des électeurs se déclarant proches du Parti socialiste ont voté pour Jean-Luc Mélenchon, 29% ont choisi Emmanuel Macron, 21% Anne Hidalgo et 6% Fabien Roussel. Les sympathisants LR-UDI ont voté à 37% pour Valérie Pécresse, à 25% pour Emmanuel Macron, à 21% pour Marine Le Pen, à 9% pour Éric Zemmour. Chez les sympathisants FI, LREM, RN ou Reconquête, plus de 90% des électeurs ont voté pour le candidat de leur parti.

Selon la religion

Emmanuel Macron a obtenu 32% des suffrages des catholiques, pour 27% à Marine Le Pen. Pour les autres religions, c'est Jean-Luc Mélenchon qui est sorti en tête avec plus de 36% des voix, pour 22% à Emmanuel Macron et 13% à Marine Le Pen. Jean-Luc Mélenchon a également gagné le vote des "sans religion" avec 30% des voix, pour 25% à Emmanuel Macron et 21% à Marine Le Pen.

Selon le milieu social, la satisfaction à l'égard de sa vie ou l'aisance financière

Sans surprise, Emmanuel Macron a été de loin le candidat le plus souvent choisi par les Français "satisfaits de leur vie" : 37% des voix chez les électeurs "plutôt satisfaits de leur vie", 43% chez les "très satisfaits". On est à moins de 20% des suffrages dans cette catégorie pour Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon. Par rapport au milieu social, Emmanuel Macron a obtenu les voix de plus de la moitié (53%) des électeurs s'auto-déclarant d'un milieu aisé ou privilégié, et est également en tête chez les électeurs s'auto-positionnant en classes moyennes, supérieures (38%), ou inférieures (28%). Il est en revanche devancé à la fois par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon chez les électeurs se revendiquant des catégories populaires ou défavorisées. Emmanuel Macron a également gagné le vote des électeurs qui arrivent à mettre "un peu" (36% des suffrages") ou "beaucoup" (42%) d'argent de côté. Ceux qui "bouclent juste leur budget" ont plutôt choisi Marine Le Pen (30% des suffrages pour 19% à Emmanuel Macron), tout comme ceux qui "vivent sur leurs économies ou grâce à un ou plusieurs crédits" (28% des suffrages pour Marine Le Pen, 22% pour Emmanuel Macron). La répartition des votes pour Jean-Luc Mélenchon est plus homogène, avec autour de 20% des suffrages dans les quatre catégories.

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Présidentielle 2022 - séparateur

Fiche technique : enquête menée par Ipsos & Sopra Steria pour france•tv et radiofrance auprès de 4000 personnes inscrites sur les listes électorales, constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées du 6 au 9 avril 2022.

 

Présidentielle 2022 avec Ipsos & Sopra Steria, France TV, Radio France, France Médias Monde, LCP/Public Sénat et Le Parisien-Aujourd'hui en France

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