Présidentielle : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal démarrent l’année au coude à coude, François Bayrou poursuit son ascension et Nicolas Hulot confirme
Malgré la forte actualité politique et sociale, les rapports de force électoraux n'ont pas beaucoup évolué depuis début décembre. A 100 jours de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal font toujours la course en tête, et restent au coude à coude dans les intentions de vote second tour. La nouvelle vague du baromètre Ipsos/Le Point confirme encore l’ascension de François Bayrou et l’impact potentiel d’une candidature de Nicolas Hulot. En terme de popularité, on relèvera la progression de Jean-Louis Borloo, qui monte sur le podium des leaders politiques préférés des Français.
Le rapport de force électoral dans la perspective de la présidentielle 2007 reste stable depuis le mois dernier. A 33% d'intentions de vote pour Nicolas Sarkozy, 32% pour Ségolène Royal, les deux principaux candidats captent toujours les deux tiers de l'électorat. Lors du 14 ème forum d'Ipsos , Pierre Giacometti analysait cette originalité en rappelant l'influence qu'ont eu cette année les sondages dans l'investiture socialiste et UMP. "Si les militants socialistes ont choisi Ségolène Royal, c'est aussi parce que les Français ont donné un certain nombre de signaux en sa faveur. Le processus des primaires leur a fait jouer un rôle majeur et central dans la sélection des candidats ; il n'est dès lors pas étonnant qu'ils confirment leur choix dans les intentions de vote, où Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy enregistrent aujourd'hui des scores bien supérieurs à ceux que l'on mesurait à l'époque pour Jacques Chirac et Lionel Jospin."
Ainsi, les deux favoris ont creusé l'écart. Bien qu'en progression par rapport à la pré-campagne de 2002, Jean-Marie Le Pen pointe à 12% d'intentions de vote, soit 20 points de moins que Ségolène Royal. L'écart n'était que de 13 points (22% pour Jospin, 9% pour Le Pen) dans l'enquête Ipsos-Le Point réalisée fin janvier 2002 ; la progression spectaculaire des intentions de vote du leader frontiste en toute fin de campagne invite toutefois à la prudence quant à l'interprétation de cette différence entre les deux scrutins. De son côté, François Bayrou voit se confirmer une dynamique favorable. Passées de 6% en septembre, à 8% en octobre-novembre, 9% en décembre et 10% aujourd'hui, les intentions en sa faveur progressent calmement. Il bénéficie lui aussi d'un niveau supérieur à celui de janvier 2002 : on le mesurait alors à 4%, mais avec une concurrence à droite plus forte (outre Chirac, Mmes Lepage, Boutin, Mrs. Madelin, Pasqua étaient également testés).
Derrière ce quatuor, les "petits candidats" peinent à se faire entendre. Olivier Besancenot et Marie-George Buffet sont mesurés à 3% d'intentions de vote, Philippe de Villiers à 2,5%, Arlette Laguiller, Frédéric Nihous et Dominique Voynet sont à 1,5%. Le faible score de la candidate écologiste tranche avec celui de Nicolas Hulot, testé dans une deuxième hypothèse, et qui atteint la barre des 10%. Nicolas Hulot se voit ainsi conforté dans un rôle d'arbitre. Il est à noter que sa candidature virtuelle mord autant sur l'électorat de gauche que de droite. Pour obtenir ses 10%, il prend 4 points à Ségolène Royal, et 0,5 point à Marie-George Buffet et Dominique Voynet ; mais il prend également 3 points à Nicolas Sarkozy, 1 point à François Bayrou, et 1 point à Frédéric Nihous.
Nicolas Hulot bénéficie également d'un fort "potentiel électoral", puisque 60% des Français se déclarent prêts à voter pour lui s'il était candidat, ce qui le place sur cet indicateur entre Ségolène Royal (62%) et Nicolas Sarkozy (56%). Pour autant son socle électoral paraît plus fragile, avec seulement 6% de Français "certains de voter pour lui s'il se présentait", contre respectivement 21 % et 22% pour S. Royal et N. Sarkozy.
Cette vague de janvier du baromètre de l'action politique donnait enfin l'occasion de mesurer l'impact des vœux élyséens. A 41% de jugements favorables (contre 56 % d'avis contraires), la popularité de Jacques Chirac baisse de 5 points par rapport au mois dernier. Parallèlement, l'image du Premier ministre est aussi dégradée, à 57% de mauvaises opinions (+ 3). En revanche la popularité des membres du gouvernement reste relativement stable, à l'exception notable de Jean-louis Borloo, qui progresse de 3 points, obtient son meilleur score depuis son entrée au baromètre (55% de jugements favorables), et monte pour la première fois sur le podium des leaders politiques préférés des Français.
Fiche technique :
Popularité de l'exécutif
Palmarès des leaders politiques
Intention de vote présidentielle
Potentiel électoral présidentiel