Provence-Alpes-Côte d’Azur : droite et gauche à égalité

L’issue de la bataille des régionales dans la région PACA apparaît très incertaine au vu de l’enquête Ipsos-le Point/La Provence/Nice Matin.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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La bataille de Provence-Alpes-Côte d’Azur s’annonce très serrée. D’après l’enquête IPSOS-le Point/La Provence/Nice Matin, effectuée dans les quatre départements les plus peuplés de la région, la droite et la gauche semblent avoir des chances égales d’obtenir une majorité relative en sièges à l’issue du scrutin. Les souhaits de victoire dans ces quatre départements sont assez équilibrés : 34% des personnes interrogées espèrent la victoire de la gauche 31% celle de la droite et seulement 14% celle du Front national.

Les projections en sièges conduisent à des conclusions tout aussi incertaines. Les listes de la " gauche plurielle " sont créditées d’une fourchette allant de 39 à 44 sièges sur l’ensemble de la région. De son côté, l’alliance UDF-RPR est estimée entre 42 et 45 sièges. Il est à noter que les listes du socialiste dissident Lucien Weygand, avec 4 ou 5 sièges, feraient la bascule entre droite et gauche dans cette simulation. C’est dire si les jeux apparaissent ouverts.

Une seule chose paraît assurée : l’extrême-droite a très peu de chances de décrocher la région qu’elle convoitait le plus. Les intentions de vote ne révèlent aucune forte poussée du Front national. Le parti de Jean-Marie Le Pen aurait entre 30 et 32 sièges selon les intentions de vote actuelles. On ne voit pas par quel miracle, même avec certaines alliances avec la droite classique souhaitées par Bruno Mégret, mais rejetée par la grande majorité des électeurs UDF et RPR, le FN pourrait ravir la présidence de PACA. Son candidat déclaré, Jean-Marie Le Pen, a d’ailleurs déjà publiquement déclaré qu’il ne ferait pas un drame d’un échec à ce scrutin.

Les observateurs n’en seront sans doute pas moins très attentifs aux performances réciproques des deux leaders d’extrême-droite. Au stade actuel, avec 27% d’intentions de vote moyennes, Le Pen fait mieux dans les Alpes-Maritimes que Mégret dans les Bouches-du-Rhône (21%). Le premier retrouve le score du FN des régionales de 1992 tandis que le second se situe en-dessous. Par comparaison avec les résultats de ces régionales et des dernières législatives, Jacques Bompard dans le Vaucluse (25%) recueille un résultat meilleur que Jean-Marie Le Chevallier dans le Var (24%).

Dans cette campagne régionale un peu molle, aucune dynamique ne se distingue dans un sens ou dans un autre. Sous réserve de mobilisation dans les dernières semaines, les rapports de forces issus des législatives de juin 1997 ne semblent globalement pas bousculés dans la région. La personnalité des têtes listes joue, dans ce contexte dépassionné, un rôle non négligeable. On relève la bonne performance d’Elisabeth Guigou dans la Vaucluse : sa liste progresserait très sensiblement par rapport aux dernières élections. Dans les Bouches-du-Rhône, la division entre les listes PS-PC dirigées par Michel Vauzelle (30%) et la liste dissidente de Lucien Weygand (9%), président du conseil général, n’empêche pas la gauche de retrouver son niveau du printemps dernier. Notons encore, côté UDF-RPR, le relatif bon score de Jean-François Mattéi (30%) dans les Bouches-du-Rhône qui contraste avec le résultat décevant de Marie-Josée Roig (26%) dans le Vaucluse.

La " lutte contre l’insécurité et la violence " (56%) et " la sauvegarde de l’environnement et la protection des sites naturels " (41%) sont les deux " domaines d’action " considérés comme " les plus importants " par les électeurs de la région. Quant au bilan de Jean-Claude Gaudin, il suscite une réaction plutôt favorable mais fortement teintée d’indifférence : 44% de " satisfaits ", 26% de " mécontents " et surtout 30% qui ne se prononcent pas. En dépit des incertitudes qui pèsent sur cette bataille, le sentiment dominant dans la région est que la droite finira par l’emporter : 37% y croient contre seulement 24% qui pronostiquent la victoire de la gauche.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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