Qu’est-ce que l’audace pour les Français ? Un triptyque « risque / courage / échec »

Pour les Français, avoir de l’audace, c’est d’abord et avant tout « prendre un risque « (55%), « avoir du courage » (42%), « accepter le risque de l’échec » (40%). Viennent ensuite, dans une moindre mesure le fait de s’engager, de sortir des sentiers battus ou de susciter des opportunités. Une définition sommes toutes anxiogène – puisqu’elle est liée aux risques et à l’échec – qui conduit les Français à confesser que « l’audace est difficile à avoir ».

Qu’est-ce que l’audace pour les Français ? Un triptyque « risque / courage / échec »

Auteur(s)

  • Guillaume Petit Directeur du département Corporate Image & Réputation, Ipsos Public Affairs
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Un consensus sur le manque d’audace en France

64% des Français considèrent qu’on manque d’audace en France, un constat partagé par toutes les générations et les catégories de Français.
Plus encore, 82% estiment qu’elle n’est pas valorisée en France.

Le système scolaire et le monde de l’entreprise en cause

Les causes de cette vision dévalorisée de l’audace sont multiples mais le système scolaire se trouve particulièrement pointé du doigt : 59% des Français jugeant qu’on freine l’audace à l’école, contre 5% qui pensent a contrario que cette disposition est favorisée. Le monde du travail ne semble guère plus propice à l’éclosion des tempéraments audacieux : pour 12% seulement des Français, on favorise l’audace en entreprise quand 50% pensent qu’on la freine.

Une disposition plus anglo-saxonne que latine

Les résistances culturelles et sociétales sont également à l’œuvre car l’audace est liée à l’image que l’on donne de soi et au regard des autres : or, quelqu’un d’audacieux en France, on l’envie / on le jalouse (43%), on le combat (35%) bien plus qu’on ne l’admire (18%) ou qu’on ne le soutient (9%).
Dans les représentations en tout cas, l’audace est davantage associée aux pays nord américains (58% des Français pensent que les Etats-Unis sont les plus audacieux, ils sont 29% pour le Canada) et à nos voisins européens (Allemagne, Grande-Bretagne) qu’à la France, qui arrive en 8ème position avec 9% de citations (sur la liste des pays du G20).

39% des Français audacieux toutefois

En dépit de ce diagnostic sévère, en phase avec les analyses sur la défiance et le niveau de pessimisme record des Français, ce sont tout de même 39% des Français qui se considèrent comme audacieux.
Les artisans, commerçants et chefs d’entreprise sont 59% à se considérer comme tels. Notons que l’audace semble venir avec la maturité et l’expérience, les plus audacieux étant âgés de plus 45 ans.

Quelles catégories tirent leur épingle du jeu ?

Tiercé gagnant des catégories jugées les plus audacieuses : les scientifiques (76% des Français), les artistes (72%) et les dirigeants des petites entreprises (68%).
Les journalistes (55%), les dirigeants associatifs (54%), les dirigeants de grandes entreprises (53%) suscitent des jugements plus modérés.
En queue de peloton, les dirigeants des syndicats (30%), les responsables politiques (23%), les instituteurs/enseignants (22%) et le gouvernement (12%) sont les catégories les moins audacieuses.

Un désir d’audace

Des Français massivement convaincus que « la chance sourit aux audacieux »

L’utilité de l’audace ne fait pas débat : tout particulièrement dans le milieu professionnel (94%) mais aussi dans la vie personnelle (86%), la vie au quotidien et la vie amoureuse (82%)

Plus qu’hier, moins que demain

Les Français jugent également que les évolutions de la société française favorisent le développement de l’audace : 42% des Français se disent plus audacieux que leurs parents et 40% pensent que leurs enfants seront plus audacieux eux-mêmes.
Le diagnostic sombre de la place de l’audace aujourd’hui doit être contrebalancé par un pronostic favorable.

Quelles pistes pour favoriser l’audace à l’avenir ?

  • En luttant contre ce qui nuit actuellement à l’épanouissement de l’audace, c’est-à-dire d’abord et avant tout à la peur d’échouer (67%) et à la peur du ridicule (51%). Le regard porté par la société française sur les échecs et ceux qui échouent se révèle comme le levier majeur.

  • En favorisant la confiance en soi (78%) et dans une moindre mesure l’ambition (47%).
  • En instaurant toujours plus de collectif, la majorité des Français considérant qu’on est plus audacieux à plusieurs (64%) que tout seul (12%).


Favoriser la prise de risque, changer le regard sur l’échec, valoriser des projets collectifs semblent les pistes les plus prometteuses pour promouvoir l’audace en France. 

Fiche technique : 
Étude réalisée on line début octobre 2014, sur 1 000 personnes de 18 et plus, échantillon national représentatif, méthode des quotas.

Auteur(s)

  • Guillaume Petit Directeur du département Corporate Image & Réputation, Ipsos Public Affairs

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