Quinquennat : l'intérêt croît
Après une première intervention télévisée qui n'a pas franchement convaincu les Français, Jacques Chirac a réussi la semaine dernière son oral de rattrapage. Plus des deux tiers des personnes interrogées approuvent sa décision d'organiser un référendum, plutôt qu'un vote des parlementaires réunis en congrès, en ce qui concerne la réduction du mandat présidentiel de 7 à 5 ans. En accord avec les arguments de Jacques Chirac, les Français souhaitent être consultés sur un sujet relatif au président de la République, clé de voûte de la cinquième république.
Cela ne signifie pas pour autant qu'ils aillent voter. L'intérêt pour la réforme sur le quinquennat demeure très faible, tout comme le niveau de mobilisation. Sur ces deux éléments, la tendance est toutefois orientée à la hausse. Aujourd'hui, 38% des interviewés se déclarent "plutôt intéressées" par la réforme sur le quinquennat, contre 33% il y a un mois (+5 points). De même, le pourcentage de personnes se déclarant "tout à fait certaines d'aller voter si le référendum avait lieu dimanche prochain" progresse de trois points, passant de 39 à 42%. Toutefois, la réduction du mandat présidentiel est loin d'être une préoccupation prioritaire pour la forte majorité des Français. Le rapport de force entre les partisans du oui et ceux du non n'incite pas vraiment à la mobilisation tant il est déséquilibré. Aujourd'hui, 85% des "certains d'aller voter" se prononceraient en faveur du "oui" (contre 15% pour le "non"). De plus, les problèmes internes au RPF, principal opposant au quinquennat, ne sont pas de nature à inciter les partisans du "non" à se mobiliser. La mobilisation est d'ailleurs plus forte chez les partisans du quinquennat que chez ses détracteurs: aujourd'hui, 46% des Français qui voteraient oui au référendum sont "tout à fait certains d'aller voter", contre 35% de ceux qui ont l'intention de s'opposer à la réduction du mandat présidentiel.
Le faible niveau de mobilisation est certainement encore encouragé par l'appel à l'abstention de certains partis politiques (PCF), et surtout l'absence de véritable campagne électorale. Pourtant, une campagne plus dynamique pourrait peut-être rééquilibrer quelque peu le rapport de force. Près d'une personne interrogée sur deux estime en effet que son intention de vote "peut encore changer pendant la campagne électorale" : de quoi motiver les hommes politiques favorables au septennat ?