Réformes : Lang attire plus la confiance que Fabius
Les deux nouveaux poids lourds du gouvernement Jospin 2 sont-ils capables de réformer ? Les questions posées par Ipsos pour le Point suggèrent une confiance limitée. Celle-ci est a priori plus facilement accordée à Jack Lang qu'à Laurent Fabius, alors même que les commentateurs ont généralement mis en doute la volonté réformatrice du successeur de Claude Allègre rue de Grenelle.
Une majorité absolue de personnes interrogées font "confiance" à Lang à la fois pour répartir "de nouveaux moyens pour l'éducation nationale" et pour mener à bien "la réforme du statut et des conditions de travail des enseignements". Sur ce dernier point, l'optimisme des sondés est cependant moins prononcé. Pour les deux questions, l'électorat de gauche espère dans les capacités de mouvement du nouveau ministre de l'Education nationale tandis que celui de droite est plus que dubitatif. Les jeunes et les milieux populaires apparaissent comme les plus convaincus des qualités de l'ancien ministre de la Culture de François Mitterrand. C'est dans les tranches de revenus les moins élevées que l'on anticipe le plus fréquemment un accroissement des moyens et la poursuite de changements positifs dans le secteur éducatif.
L'accueil réservé au retour gouvernemental de Fabius est plus mesuré. Alors même que l'ancien président de l'Assemblée nationale a répété à maintes reprises, au cours de la dernière période, son souhait de voir la pression fiscale s'alléger, les Français semblent circonspects. Seule une majorité relative de personnes interrogées fait "confiance" au nouvel officiant de Bercy pour "mener à bien la réduction d'impôts". La gauche veut y croire, mais la droite ne marche pas. Pour ce qui est de la fameuse réforme du statut des agents des impôts - qui a provoqué la perte de Christian Sautter - l'opinion est plus que sceptique. Une majorité relative de sondés pense que Fabius ne sera pas capable de réformer là où son prédécesseur a échoué. Les sympathisants de l'opposition sont particulièrement convaincus de cette future impuissance. Fabius se consolera en notant que les bénéficiaires de revenus élevés - les plus concernés par le sujet - sont ceux qui lui font le plus confiance pour réduire le tribut qu'ils paient à la collectivité.