Saint-Denis : Patrick Braouezec favori pour un second mandat
Paisible, Saint-Denis ? C'est en tout cas ce que l'on pourrait croire en examinant les résultats de l'enquête. Interrogés par Ipsos pour Libération, les électeurs de Saint-Denis déclarent se sentir plutôt bien dans leur ville. Les deux tiers jugent aujourd'hui la qualité de vie "satisfaisante", contre un tiers d'avis contraires. On retrouve là des proportions similaires à celles enregistrées auprès des Toulonnais le mois dernier. Près d'une personne interrogée sur cinq ne quitterait d'ailleurs Saint-Denis sous aucun prétexte. En revanche, un départ est envisagé "pourquoi pas un jour" par la moitié des sondés, et près de trois sur dix estiment même que "le plus vite serait le mieux". Toutefois, les personnes interrogées partiraient plutôt pour fuir la région parisienne (53% choisiraient comme destination "une autre région"), que pour fuir la ville (25% se rendraient "ailleurs en région parisienne").
Nul doute que le Stade de France, inauguré en janvier 1998, et plus généralement la Coupe du Monde de football, ont contribué à redorer le blason de la ville. Pour les deux-tiers des sondés, "l'image de la ville en France et à l'étranger" s'est améliorée au cours des cinq dernières années (65%). Une très large part des personnes interrogées (70%) estiment que les équipements sportifs se sont étoffés pendant cette période, et que les choses se sont améliorées dans les domaines "des transports et la circulation" (58%), du "développement de la vie associative" (51%), de "la vie culturelle" (58%), voire "des services et des commerces" (37%). Les personnes interrogées sont en revanche plus circonspectes sur l'évolution de "l'emploi et du développement économique" (40% estiment que la situation s'est améliorée, mais la même proportion juge plutôt que rien n'a changé), du logement (40% pour une amélioration, 39% pour le statu quo), ou de "l'action contre l'exclusion, et la pauvreté" (39% contre 43% de "rien n'a changé"). Selon la majorité des électeurs, la "sécurité des biens et des personnes" se serait même plutôt dégradée ces cinq dernières années (43% estiment qu'en la matière la situation s'est détériorée, 37% que rien n'a changé, et 19% que cela va plutôt mieux).
A Saint-Denis, on est aujourd'hui plutôt confiant quant à l'avenir de la situation économique (53% de "confiants", contre 46% "d'inquiets"). L'optimisme est plus franc qu'à Toulon, mais sensiblement moindre qu'à Toulouse ou à Lille. Patrick Braouezec, le maire sortant, est quant à lui plébiscité. Le travail accompli depuis les dernières élections municipales satisfait 71% des personnes interrogées. Le maire communiste réussit même le tour de force de convaincre la forte majorité des sympathisants de droite (62% de "satisfaits", contre 36% de "mécontents"). Avec 64% de citations, il arrive en tête, et de loin, des personnalités de la ville désignées par les interviewés comme les meilleurs ambassadeurs de Saint-Denis. Il obtient deux fois plus de voix que le second du palmarès, le boxeur Fabrice Tiozzo (31%), et devance encore plus largement le groupe de rap NTM , troisième, avec 23% de citations.
Patrick Braouezec semble donc très bien parti pour emporter les prochaines municipales de 2001. D'ailleurs, près de six personnes sur dix souhaitent pour ces élections "la victoire de la majorité municipale actuelle" (contre 31% pour la victoire de l'opposition). S'il est élu, il devra alors en premier lieu s'attaquer aux questions de sécurité, dossier désigné comme prioritaire par les sympathisants de droite comme de la gauche plurielle (49% de citations au total), devant le dossier "des écoles" (30%). Les sympathisants de droite placent en troisième position les questions de garde d'enfants et de "crèches" (31% de citations), alors que les proches de la gauche plurielle jugent plus urgent de résoudre les problèmes liés aux quartiers défavorisés (29% de citations). Les 90 000 habitants de Saint-Denis (dont 40% de moins de 20 ans et 30% d'étrangers) attendent en tout cas encore beaucoup de leur maire.