Santé des femmes : entre charge sanitaire familiale et biais dans les pratiques de soins
Chiffres-clés de l’enquête
▶ 92% des femmes prennent en charge seules au moins une tâche liée à la santé du foyer.
▶ 59% estiment que cette charge sanitaire a un impact négatif sur leur bien-être et leur équilibre psychologique.
▶ 63% ne réalisent pas systématiquement leur examen de contrôle gynécologique (80% chez les moins de 30 ans).
▶ 43% déclarent que leurs douleurs ont déjà été minimisées ou banalisées par un professionnel de santé.
▶ 7% des femmes interrogées déclarent avoir subi des pressions concernant une grossesse et 14% concernant la contraception.
La seconde enquête conduite par la Fédération hospitalière de France (FHF) et Ipsos bva sur la santé des femmes met en lumière un paradoxe : celles qui s’occupent le plus de la santé des autres membres de leur famille ont tendance à moins suivre leurs propres recommandations de dépistage. Dans le même temps, des biais dans la prise en charge médicale persistent, avec une minimisation significative de la douleur des femmes et des pressions rapportées sur leurs choix reproductifs.
Une charge sanitaire familiale assumée majoritairement par les femmes
Dans les foyers français, 92% des femmes déclarent prendre en charge seules au moins une tâche liée à la santé des membres de leur famille (prise de rendez-vous médicaux, gestion des traitements, accompagnement aux consultations). Parmi elles, 74% assument seules ces trois missions, sans le concours de leur conjoint.
Cette charge sanitaire a un impact négatif sur le bien-être et l’équilibre psychologique pour 59% des répondantes, une proportion qui atteint 78% chez les mères de moins de 30 ans. À force de gérer la santé de toute la famille, près de 6 femmes sur 10 déclarent ne pas réaliser systématiquement leur examen de contrôle gynécologique lorsqu’il est recommandé, une proportion qui s’élève à 80% chez les moins de 30 ans.
Prévention et dépistages : un recours incomplet
Pour les examens plus spécifiques, comme le frottis cervico-utérin, le test de dépistage organisé du cancer du sein ou la mammographie, les recommandations sont davantage suivies, mais près d’un quart des femmes déclarent ne jamais ou rarement effectuer les dépistages suggérés, avec un recours encore plus faible chez les plus jeunes.
Les raisons du non-recours aux dépistages sont multiples :
- la négligence (29%), le sentiment de ne pas être concernée (27%),
- la difficulté à obtenir un rendez-vous (26%),
- le manque de temps (18%)
- et la peur du diagnostic (12%)
Ces facteurs s’ajoutent à la charge sanitaire et contribuent à retarder la prévention personnelle.
Douleur et examens gynécologiques : des pratiques encore problématiques
Plus de deux femmes sur cinq (43%) déclarent avoir déjà vu leurs douleurs minimisées ou banalisées par un professionnel de santé parce qu’elles étaient une femme, une situation encore plus fréquente chez les moins de 30 ans (69%). Près d’un tiers des femmes indique avoir déjà été confronté à un refus d’antidouleurs ou d’anesthésie, ou à un traitement jugé insuffisant au regard de l’intensité de leur douleur.
Un tiers des femmes déclare par ailleurs avoir vécu une situation où leur consentement n’a pas été pleinement respecté lors d’un examen gynécologique, qu’il s’agisse d’un geste non consenti, d’un manque d’information, d’un respect insuffisant de l’intimité ou de la présence non annoncée d’un tiers. Plus d’une femme sur dix indique avoir déjà souhaité interrompre un examen gynécologique sans parvenir à l’exprimer sur le moment.
Des pressions sur les choix reproductifs
Au-delà de la prise en charge de la douleur, certaines répondantes rapportent des pressions concernant leurs choix personnels en matière de santé reproductive. Ainsi, 7% des femmes interrogées déclarent avoir déjà subi une pression de la part d’un professionnel de santé pour poursuivre ou interrompre une grossesse contre leur volonté, et 14% indiquent avoir déjà ressenti une pression pour commencer, poursuivre ou arrêter une contraception contre leur volonté.
Ces situations mettent en évidence que l’autonomie des femmes dans leurs décisions de santé, en particulier sur la grossesse et la contraception, n’est pas toujours pleinement respectée, malgré les protections existantes.
Un déficit d’écoute et d’information tout au long de la vie
Une partie des femmes exprime un sentiment de manque d’écoute de la part des professionnels de santé à différentes étapes de leur vie, notamment à la puberté, après une grossesse ou au moment de la ménopause. La santé reproductive demeure insuffisamment couverte sur le plan informationnel : près de trois femmes sur 10 seulement déclarent avoir reçu, au cours de leur vie, des informations sur au moins l’un des sujets suivants : évolution de la fertilité avec l’âge, délais recommandés pour consulter en cas de difficultés à concevoir, parcours de PMA, signes pouvant indiquer un problème de fertilité ou possibilités de préservation de la fertilité.
Rapport complet
A propos de la Fédération Hospitalière de France
«Maison commune « des hôpitaux et établissements médico-sociaux publics La FHF réunit des élus, des directeurs, des médecins et des usagers.
En plaçant au premier plan les besoins des patients et des résidents, la FHF contribue au débat public et défend une vision responsable et ambitieuse du service public. Aux côtés de ses 4800 adhérents réunis dans 20 fédérations régionales, la FHF est force de proposition pour simplifier et renforcer l’efficacité du système de santé, à partir des territoires.
À propos de cette enquête
Enquête Ipsos bva pour la Fédération Hospitalière de France menée du 18 au 24 février 2026 auprès de 1328 femmes âgées de 18 ans et plus vivant en France métropolitaine. Cet échantillon est extrait de l’Observatoire conduit auprès 2500 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population vivant en France métropolitaine âgée de 18 ans et plus. Méthodologie complète disponible dans le rapport d'étude.