Sexe : les Français pratiquent et fantasment mais les pratiques libertines, souvent présentées comme «tendance», restent ultra-minoritaires.
L’enquête d’IPSOS pour TF6 et Télé Cable Satellite Hebdo permet de dresser un tableau complet des pratiques et des fantasmes des Français. Elle montre d’abord leur relative forme puisque deux tiers d’entre eux disent faire l’amour au moins une fois par semaine. Elle révèle ensuite qu’une large majorité de Français avoue avoir déjà regardé un film pornographique. Elle dégage aussi des univers de fantasme masculins et féminins assez différents : alors qu’un homme sur deux rêve de faire l’amour avec deux femmes, la réciproque ne fait fantasmer que 11% de ces dames. En outre, elle nuance très très largement les commentaires de certains magazines ou de certains media sur la diffusion des pratiques dites libertines au sein de la société française : seuls 3% des Français déclarent s’être déjà rendus en club échangiste et 2% des hommes et 1% des femmes rêvent de faire l’amour en même temps avec une multiplicité de partenaires. Enfin, elle confirme l’importance d’Internet dans les pratiques de séduction, notamment auprès des jeunes générations : 44% des moins de 35 ans déclarent avoir déjà « dragué » par internet ou être tentés de le faire.
La grande majorité des Français fait l'amour au moins une fois par semaine…
On les dit fatigués, blasés, avec le moral en berne et pourtant s'il est un domaine où nos concitoyens semblent se porter plutôt bien, c'est celui de l'amour…Aujourd'hui, 65% des Français nous affirment faire l'amour au moins une fois par semaine. Et parmi eux, si 21% nous disent ne le faire en moyenne qu'une seule fois, la plupart avoue le faire environ 2 à 3 fois pendant la semaine (38%) tandis qu'une petite proportion d'entre vous affiche même une très bonne santé dans ce domaine en déclarant le faire tous les jours ou presque (6%). A l'opposé, 29% des personnes interrogés disent le faire moins souvent. Pour 9% d'entre eux, c'est 2 à 3 fois par mois tandis que 4% se limitent à une fois par mois et que 16% nous disent le faire moins souvent.
A ceux qui croiraient que l'amour physique est surtout l'apanage des jeunes générations, les chiffres sont là pour leur démontrer que les plus âgés goûtent presque aussi souvent qu'eux aux plaisirs de la chair. Si 66% des 18-24 ans déclarent le faire au moins une fois par semaine, 74% des 25-34 ans, 71% des 35-44 ans et 61% des 45-54 ans disent de même. Seuls les plus âgés se montrent en léger décalage, mais il n'en reste pas moins vrai que près de la moitié d'entre eux disent le faire au moins une fois par semaine (47%).
Par ailleurs, les hommes se vantent de faire un peu plus fréquemment l'amour que les femmes : 69% d'entre eux nous affirment le faire au moins une fois par semaine contre 63% pour les femmes. Il y a fort à parier que l'on est là encore en face d'un nouvel exemple de l'éternelle flagornerie masculine.
La fin d'une idée reçue, regarder la télévision ne tue pas l'amour :
Que les programmes soient ennuyeux ou qu'ils suscitent le désir, tous les prétextes sont bons pour faire des câlins sous la couette. L'occasion faisant le larron, bon nombre de nos concitoyens avouent avoir déjà fait l'amour devant la télévision (45%), que ce soit parce que les programmes étaient ennuyeux (28%), qu'ils suscitaient le désir (8%) ou pour une autre raison (9%). Mieux, plus de la moitié des moins de 35 ans avoue être dans ce cas de figure et s'ils se plaignent traditionnellement moins du fait que les programmes soient trop souvent ennuyeux, c'est peut-être aussi parce que 39% d'entre eux avouent en avoir justement profité.
De toutes les façons, même si le programme est ennuyeux, il semble que bon nombre de nos concitoyens aient déjà eu recours à d'autres moyens pour susciter le désir via leur petit écran. Ainsi, la grande majorité des Français interrogés affirme avoir déjà regardé tout ou partie d'un film à caractère pornographique (61%). Mieux, parmi eux, près de 35% affirment même l'avoir déjà fait plusieurs fois. Là encore, il est assez intéressant de remarquer que le phénomène est quasiment intergénérationnel puisque si 62% des moins de 35 ans disent en avoir déjà regardé (dont 35% de plusieurs fois), 60% des plus de 35 ans disent aussi l'avoir fait (dont 34% de plusieurs fois. Là encore tranche d'âge la plus élevée (55-60 ans) ne semble pas non plus non plus très éloignée des pratiques des plus jeunes puisque 57% d'entre eux disent avoir déjà vu un film pornographique (et parmi eux, 30% plusieurs fois). Ce que confirme l'enquête, c'est aussi la plus forte appétence des jeunes générations pour ce type de spectacles puisque 66% des 18-24 ans affirment en avoir déjà vu (et 38% plusieurs fois). Ils semblent être les plus gros consommateurs de films X.
Toutefois, il ne faudrait pas pour autant que ces messieurs en déduisent qu'il est maintenant possible, en toute impunité, de regarder un film X avec leur compagne pour réveiller les ardeurs de chacun. De fait, les femmes semblent beaucoup moins goûter le spectacle que leurs compagnons. Seulement 46% des Françaises interrogées avouent avoir déjà avoir regardé un film à caractère pornographique (dont 18% de plusieurs fois). Se pose alors les questions auxquelles l'enquête n'apporte pas de réponses : Où, quand et comment ont-ils fait pour pouvoir regarder ces films sans que leur compagne ne les voient ?
Le fantasme des Français : d'abord faire l'amour dans la nature…mais aussi dans leur lit à la maison
Les résultats de l'enquête risquent de porter un coup à l'image du french-lover. Certes, parmi les lieux qui les feraient le plus fantasmer pour faire l'amour, nos concitoyens citent d'abord le fait de le faire dans la nature (49%), loin devant toutes les autres possibilités. Ce choix est cité en premier par l'ensemble des catégories de la population, les plus jeunes comme les plus âgés, les hommes comme les femmes. En revanche, en deuxième position, leur fantasme est de faire des câlins …dans un lit à la maison (27%). Les Français estiment peut-être que c'est encore chez soi que l'on peut réaliser le plus de fantasmes, sans être dérangé par personne.
Cette " douce folie " est un peu plus le fait des femmes (29% contre 24% pour les hommes) et des 35 ans et plus (33% contre 17% pour les moins de 35 ans). Les autres endroits sont beaucoup moins plébiscités, que ce soit la voiture (6%), l'avion (5%), un lieu public (4%) ou sur le lieu de travail (4%). Au total, seulement 18% de nos compatriotes citent affichent leur préférence pour ces endroits vraiment " différents ".
Plus grave, les plus jeunes âgés de 18 à 24 ans n'affichent pas des goûts très différents de leurs aînés puisqu'ils citent eux aussi en première position l'amour dans la nature, devant…le lit à la maison.
Les métiers qui suscitent le plus de fantasmes : Toujours et d'abord l'infirmière et le pompier…mais attention aux outsiders
L'enquête réalisée par IPSOS permettra aussi de donner des renseignements à tous ceux qui cherchent encore leur voie professionnelle et pour lesquels la séduction est une valeur primordiale. Indétrônable depuis de nombreuses générations, le métier d'infirmière est et reste celui qui fait aujourd'hui le plus fantasmer les hommes (31%). Toutefois, les masseuses se positionnent juste derrière (28%) et sont même celles qui font désormais le plus fantasmer les 35 ans et plus (29% contre 28% pour les infirmières). Les hôtesses de l'air enregistrent un score honorable et prennent la troisième place (19%). Il est vrai que faire l'amour dans un avion ne tentait que peu de nos concitoyens. En revanche, chez les hommes, les animatrices de télévision ne les font pas beaucoup plus fantasmer que les policières (respectivement 8% et 7%).
Chez les femmes, les choses sont beaucoup plus claires. Si vous voulez faire fantasmer presque la moitié de la population féminine, il vous faudra risquer votre vie, apprendre à monter à la grande échelle et devenir pompier (47%). Mieux, ce choix s'impose si vous voulez faire fantasmer près de 6 jeunes filles sur 10 (63% des moins de 35 ans). Logiquement, les autres professions enregistrent des scores très bas. Sachez toutefois que le statut de policier vous permettra de faire plus fantasmer les femmes (9%) que celui d'animateur à la télévision (8%) ou encore de footballeur (8%). Quant au plombier, c'est la fin d'un mythe puisque cette profession arrive en dernière position (4%).
Au final, les Françaises comme les Français expriment au fond des fantasmes plutôt attendus et convenus. En revanche, en matière de pratiques, les fantasmes masculins se distinguent sensiblement de ceux des femmes : un homme sur deux rêve d'un " trio " avec deux femmes… quand seulement 11% des femmes fantasment sur deux hommes à la fois. Plus largement les pratiques dites libertines restent finalement ultraminoritaires, qu'il s'agisse des clubs échangistes (3% disent l'avoir fait) ou de la multiplicité de partenaires.
Les défauts insupportables chez leurs partenaires : d'abord le fait de " sauter " les préliminaires (pour les femmes) et le fait d'être trop passive (pour les hommes)
Pour les femmes les femmes, le principal défaut cité est le fait de se retrouver avec un partenaire qui vous saute dessus et vous faire l'amour sans préliminaires (37%). Toutefois, elles sont là aussi très partagées puisqu'en deuxième position elles estiment aussi insupportable que la personne utilise des mots très crûs pendant l'amour (26%). Voilà un enseignement à méditer pour nos concitoyens masculins et grands adeptes de films X. Les résultats de l'enquête montrent enfin qu'aujourd'hui il vaut mieux s'endormir immédiatement après l'amour, sans dire un mot (rédhibitoire pour 11% des femmes interrogées) que d'être poilu comme un singe (inacceptable pour 16%), surtout pour celles de plus de 35 ans.
Pour les hommes, les choses sont plus simples puisque pour près de la moitié d'entre eux, c'est le manque d'enthousiasme et notamment de rester passive et de ne faire preuve d'aucune initiative qui est le plus inacceptable (49%). Pour le coup, les plus jeunes comme les plus âgés sont d'accord. La pilosité est là encore quelque chose qui rebute aussi les hommes (20%) et notamment les plus jeunes (26% contre 16% pour les 35 ans et plus). Par ailleurs, il apparaît que les sous-vêtements ont aujourd'hui une importance non négligeable pour bon nombre d'hommes puisque 17% d'entre eux citent le fait que leur compagne ait des sous-vêtements usés ou dépareillés est le défaut le plus inacceptable. En revanche, logiquement, ils sont beaucoup plus rares à considérer que le fait d'exprimer de façon très bruyante ses sentiments et ses sensations pendant l'amour est quelque chose de rédhibitoire (6%).