Soutien majoritaire mais fragile des Français à l'intervention militaire en Libye
L'enquête internationale Ipsos/Logica Business Consulting réalisée pour Le Monde révèle un soutien à l'intervention militaire en Lybie plus important en France que chez ses alliés. L'adhésion française apparaît toutefois fragile, avec un risque réel de retournement.
L'enquête réalisée par Ipsos dans cinq pays alliés révèle un degré d’approbation de l’intervention militaire en Libye très variable selon les populations interrogées. L’opinion est très partagée aux Etats-Unis et en Grande Bretagne (55% des Américains approuvent l’action contre 45% qui la désapprouvent ; 50% des Britanniques l’approuvent contre 50%). Les Italiens y sont majoritairement opposés (seuls 40% l’approuvent contre 60% qui s’y opposent), tandis que les Français se distinguent par un soutien plus important à l’intervention (63% l’approuvent contre 37% d'avis contraires). L'adhésion française mérite toutefois être relativisée :
- Elle est modérée : 43% approuvent "plutôt" l’action militaire tandis que seulement 20% l’approuvent "tout à fait"
- Elle ne fait pas pour le moment l’objet d’un clivage politique majeur entre la droite et la gauche : 70% des sympathisants PS l’approuvent et 82% des sympathisants de l’UMP. Le FN et les "sans préférence partisane" sont plus en retrait (respectivement 57% et 53% d'approbation).
- Le risque d’un retournement de l’opinion est réel, tant les Français sont partagés sur la manière dont N. Sarkozy et le gouvernement font face à la crise : 50% sont satisfaits contre 50% mécontents, avec cette fois-ci un fort clivage politique.
Le soutien français semble aujourd'hui porté par une plus forte adhésion au droit d’ingérence : seuls 37% sont d’avis que "les problèmes de la Libye ne nous regardent pas et nous ne devrions pas interférer", contre 63% de jugements contraires. Cette idée est pourtant majoritaire chez les Britanniques (51% contre 49% d'avis contraires) et relativement répandue aussi aux Etats-Unis (48%, contre 52% d'avis contraires). Dans ce contexte, les objectifs de l’intervention apparaissent aussi plus lisibles aux Français : 65% estiment qu’ils sont clairs, contre seulement 49% des Britanniques et 44% des Américains.
L’efficacité des frappes fait en revanche débat dans tous les pays. En France, 53% des sondés les jugent "efficaces pour protéger les civils", mais 47% pensent le contraire. Le rapport de force est de 52% contre 48% en Grande Bretagne, de 49% contre 51% aux Etats-Unis et de 44% contre 56% en Italie, les plus réservés. Les Italiens sont aussi les plus sceptiques sur l'issue du conflit : 55% d'entre-eux pensent qu'il aboutira probablement à une impasse, alors que cette idée n'est partagée que par 31% des Britanniques, 27% des Français et 20% des Américains.
Fiche technique :
Sondage : Ipsos / Logica Business Consulting pour Le Monde
Echantillon : 1017 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 16 à 64 ans.1015 personnes constituant un échantillon nationalreprésentatif de la population américaine âgée de 18 à 64 ans.1016 personnes constituant un échantillon nationalreprésentatif de la population britannique âgée de 16 à 64 ans.757 personnes constituant un échantillon national représentatifde la population italienne âgée de 18 ans à 64 ans.
Date du terrain : Du 5 au 7 avril 2011.
Méthode : Pour la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis : échantilloninterrogé on-line via l’Access Panel d’Ipsos. Méthode desquotas : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région.Pour l’Italie : échantillon interrogé par téléphone. Méthode des quotas : sexe, âge, niveau d’éducation, région et catégoried’agglomération.