Une rentrée sans fanfare pour les grandes entreprises françaises

Si, à la veille du scrutin présidentiel du printemps dernier, l’image des grandes entreprises françaises se portait particulièrement mal, la 29ième vague du baromètre d'image des grandes entreprises françaises ne présente pas une situation aussi exceptionnelle. Interrogés les 21 et 22 septembre dernier, les Français se montrent moins critiques qu’en avril dernier, certes, mais restent relativement circonspects dans leurs jugements. Ils en profitent pour entériner un palmarès plaçant désormais les entreprises de la grande distribution nettement en tête devant les constructeurs automobiles, qui faisaient pourtant figure de « champions » des Français depuis plus de quatre ans. Cette vague présente par ailleurs des signaux encourageants pour des entreprises à l’image abimée ou fragilisée au cours des vagues précédentes et qui semblent retrouver, en cette rentrée, un peu de leur lustre passé.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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L’indicateur moyen d’image sur les 30 entreprises testées (indice 42 ; + 7 points) se redresse légèrement depuis le printemps dernier. Au global, on reste toutefois loin des scores records observés au cours de l’année 2006 et cette rentrée reste très moyenne pour l’image des grandes entreprises. On notera que ce redressement profite avant tout à des entreprises apparentés de près ou de loin à l’Etat et dont l’image avait souvent souffert aux cours des vagues précédentes. C’est notamment le cas d’Air France (indice 62, + 15), d’EDF (indice 61, + 11), de Gaz de France (indice 58, +13), de La Poste (indice 45, +10) ou encore de France Télécom (indice 31, +9).

Cette amélioration concerne quasiment l’ensemble des autres entreprises, dans des proportions moindres toutefois, et surtout variables selon les secteurs. Dans ce cadre, on soulignera la confirmation de la puissance de la grande distribution en termes d’image. Sur les cinq entreprises du secteur testées dans le baromètre, quatre apparaissent dans le top 5 des entreprises préférées des Français : Leclerc (1er, indice 76, + 8) ; Intermarché  (2nd, indice 68, stable), Auchan (4ième, indice 64, + 5) et Carrefour (5ième, indice 62, + 5). On notera l’excellente position de Leclerc, qui profite de la bonne image de son secteur tout en arrivant sur cette vague post-rentrée des classes à nettement se détacher de ses concurrents. Consécration pour l’enseigne, qui fleurte depuis la création du baromètre avec la première place du classement sans jamais y parvenir jusqu’à aujourd’hui.

La domination de la grande distribution s’explique toutefois plus par l’affaiblissement du secteur de l’automobile que par une réelle progression d’image du secteur. En un an, le secteur de la grande distribution maintient en effet un indice assez stable (indice 65 sur cette vague contre 68 en octobre 2006). En revanche, le secteur de l’automobile connaît un effondrement d’image sans précédent (indice 51 sur cette vague contre 71 en octobre 2006), tiré vers le bas par Renault (indice 43 sur cette vague contre 71 en octobre 2006) et Peugeot (indice 58 sur cette vague contre 71 en octobre 2006). Seul Michelin (indice 68, +3) résiste vaillamment, réussissant à se maintenant en 3ième place du classement.

On finira en évoquant la « réhabilitation » foudroyante d’Airbus (indice 40, + 47), qui profite sans doute de ses récents succès commerciaux et de plans sociaux revus à la baisse. La ligne d’image chaotique de l’entreprise, aussi prompte à plonger qu’à se relever, témoigne incontestablement de la passion des Français pour ce symbole européen de l’aéronautique…passion encourageant un suivi assidu - et critique ! - de son actualité. Alcatel (indice 20, + 15), et Total (indice -5, + 22) se relèvent également de sanctions d’image enregistrées sur la dernière vague, sur un mode beaucoup plus lent toutefois.

* indice d'image : différence entre le % d'interviewés déclarant avoir une bonne image de l'entreprise et le % d'interviewés déclarant avoir une mauvaise image de l'entreprise.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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