Union et institutions européennes : les chefs d’entreprises regrettent le manque d’information

Ipsos et FairValue Corporate & Public Affairs ont donné la parole aux dirigeants d’entreprise françaises pour dresser un état des lieux de leur relation à l’Union Européenne et ses institutions. Il en ressort un réel besoin d’information et d’expertise, qui pourrait leur permettre d’obtenir plus de soutien pour explorer de nouveaux marchés.

Les dirigeants d’entreprises françaises ont une image floue, mais positive de l’Europe et des institutions européennes

Le premier enseignement qui ressort de cette étude est le faible niveau de connaissance des dirigeants d’entreprises françaises au sujet des institutions européennes.
En effet, lorsqu’on leur demande quelle est selon eux l’institution européenne qui détient le pouvoir de proposer de nouvelles législations européennes, seuls 40% des dirigeants interrogés répondent correctement en désignant la Commission européenne. Un sur trois pense que c’est le Parlement européen qui détient ce pouvoir, 22% que ce sont les ministres des gouvernements des Etats réunis en Conseil, et 5% ne se prononcent pas.
De même, lorsqu’il s’agit de désigner l’institution qui détient selon eux le pouvoir de décider de l’adoption des législatives européennes, 39% affirment à juste titre que ce pouvoir relève des ministres des gouvernements des Etats (formant le Conseil de l’Union Européenne) et des députés européens. A l’inverse, 37% pensent que la Commission européenne détient ce pouvoir, 19% ce sont les députés de chaque Etat membre, et 5% ne se prononcent pas.
Au total, à peine plus d’un dirigeant d’entreprise française sur dix (13%) a donné la bonne réponse à ces deux questions relatives au processus décisionnel européen. Si le taux de réponses exactes est légèrement plus élevé parmi les dirigeants d’entreprises de commerce et les dirigeants d’entreprises franciliennes (17%), il demeure néanmoins peu élevé.

Dès lors, il est peu surprenant de constater que 53% des dirigeants d’entreprises françaises interrogés déclarent être mal informés à propos des enjeux, politiques, décisions et règles européens qui concernent leur entreprise. On remarque à l’opposé que le sentiment d’être bien informé à ce sujet croît avec l’âge des dirigeants (54% des dirigeants âgés de 50 ans et plus ont ainsi le sentiment d’être bien informés) et avec la taille de l’entreprise (58% des dirigeants ont ce sentiment lorsque leur entreprise compte plus de 500 salariés, contre 43% lorsque celle-ci compte entre 100 et 249 salariés).
Surtout, le niveau d’information des dirigeants d’entreprise au sujet des enjeux, politiques, décisions et règles européens qui concernent leur entreprise semble jouer une influence déterminante sur l’opinion qu’ils se font de l’Union Européenne.
En effet, 58% des dirigeants d’entreprises françaises estimant que les politiques, décisions et règles européennes ont un impact négatif sur des entreprises comme la leur déclarent dans le même temps être mal informés à propos des politiques et décisions européennes qui concernent leur entreprise. Inversement, 53% des dirigeants qui jugent positif l’impact des politiques européennes sur l’activité d’entreprises comme la leur se disent dans le même temps bien informés à ce sujet. 

Probable corolaire du déficit d’information qui vient d’être souligné, deux dirigeants d’entreprise sur trois (et même 75% des dirigeants qui se disent mal informés des enjeux, politiques, décisions et règles européens) ont le sentiment que les institutions européennes soutiennent insuffisamment les entreprises françaises pour faire face aux mutations industrielles et économiques.
Le déficit d’information relatif aux institutions européennes et à leur fonctionnement semble indéniablement desservir l’image de l’Union Européenne auprès des dirigeants d’entreprises françaises. Il n’y a cependant pas lieu de brosser un tableau noir de la manière dont l’Europe est perçue par les dirigeants d’entreprises françaises. En effet, s’ils ont le sentiment de ne pas être assez soutenus par les institutions européennes, les dirigeants d’entreprises françaises reconnaissent unanimement les bienfaits de l’Union Européenne. En effet, celle-ci est perçue comme un atout important par 93% d’entre eux (dont 54% « très important ») pour permettre à la France de demeurer une puissance politique, économique et sociale sur la scène internationale.  Même les dirigeants qui estiment que l’impact des politiques décisions et règles européennes sur l’activité d’entreprises comme la leur est négatif partagent très largement ce point de vue, puisque 90% d’entre eux voient dans l’Union Européenne un atout important pour conforter la France dans son statut de puissance internationale.
La portée économique de la construction européenne est d’ailleurs primordiale à leurs yeux, 76% des dirigeants d’entreprise estimant que son objectif à long terme est avant tout de « bâtir une Europe forte et compétitive sur le plan économique », bien plus que de « maintenir la paix et la sécurité en Europe » (20%).

Conscients de l’atout économique que représente l’Union Européenne, et alors qu’ils estiment majoritairement ne pas être suffisamment soutenus par elle, les dirigeants d’entreprise ne se sentent pas pour autant impuissants, bien au contraire : pour 91% d’entre eux, les entrepreneurs et dirigeants d’entreprises françaises ont « un rôle citoyen déterminant à jouer pour construire une Europe forte et solidaire, capable de rivaliser avec les puissances émergentes ».


L’Union Européenne suscite de fortes attentes parmi les dirigeants d’entreprises françaises, qui ont le sentiment qu’elle pourrait les soutenir davantage


Les dirigeants d’entreprises françaises portent un jugement mitigé sur l’impact des politiques, décisions et règles européennes sur l’activité d’entreprises comme la leur : un peu plus d’un dirigeant sur deux (52%) juge cet impact positif (dont 47% « assez positif », ce qui atteste de la modération de ce jugement), tandis que 30% estiment que l’Union Européenne a un impact négatif. L’impact n’est ni positif, ni négatif pour 16% des dirigeants interrogés. On recense davantage d’opinions positives auprès des dirigeants d’entreprises de commerce (59%), les opinions étant en revanche plus mitigées dans le secteur de l’industrie, où 44% des dirigeants jugent positif l’impact des politiques, décisions et règles européennes sur l’activité d’entreprises comme la leur, 40% jugeant au contraire qu’elles ont un impact négatif.

Si l’Union Européenne ne leur donne pas toujours pleinement satisfaction, ils ne l’accablent pas pour autant. En effet, 70% des dirigeants interrogés estiment que les entreprises françaises ne s’impliquent pas suffisamment dans la définition des politiques, règles et objectifs européens pour défendre leurs intérêts.
Dans le secteur de l’industrie, où comme nous venons de le voir, l’opinion à l’égard de l’impact de l’Union Européenne sur l’activité est mitigée, ce point de vue est partagé par 75% des dirigeants interrogés. Seule exception notable, les dirigeants d’entreprises du secteur commercial qui estiment à 36% que les entreprises françaises s’impliquent suffisamment pour défendre leurs intérêts au niveau européen, contre 27% pour l’ensemble des dirigeants interrogés.
En outre, il est intéressant de noter que 73% des dirigeants estimant que l’Union Européenne soutient insuffisamment les entreprises françaises déclarent dans le même temps que les entreprises françaises ne s’impliquent pas suffisamment en faveur de la défense de leurs intérêts au niveau européen. En d’autres termes, les dirigeants semblent penser que si l’Union Européenne ne les soutient pas autant qu’ils le souhaiteraient, cela s’explique en partie par leur manque d’implication au niveau européen.
Les dirigeants estiment par ailleurs que sur ce point les entreprises françaises accusent un retard sensible sur leurs homologues du reste de l’Europe, puisque plus d’un sur deux (51%) estime que les entreprises françaises s’impliquent moins que les autres entreprises européennes pour défendre leurs intérêts. Quatre dirigeants sur dix (39%) considèrent que les entreprises françaises ne s’impliquent ni plus ni moins que les autres entreprises européennes. Rares (4%) sont ceux pour lesquels les entreprises françaises s’impliquent davantage que les autres entreprises européennes.

D’après les dirigeants, si la France accuse un retard dans ce domaine, ce n’est point parce que les chefs d’entreprises des autres pays européens sont mieux informés qu’eux à propos des enjeux, politiques, décisions ou règles européens. En effet, 67% des dirigeants d’entreprises françaises estiment que leurs homologues européens ne sont ni mieux, ni moins bien informés qu’eux à ce sujet, tandis que seulement 13% affirment que leurs homologues sont mieux informés qu’eux. Près d’un dirigeant sur cinq (18%) ne se prononce pas, et 2% s’estiment mieux informés que leurs homologues.
Ces résultats semblent ainsi exprimer le niveau d’attente assez élevé des dirigeants d’entreprises françaises à l’encontre des institutions européennes, et l’intérêt qu’ils leur portent : conscients des opportunités de développement qu’incarne l’Union Européenne, les dirigeants interrogés souhaitent manifestement que l’Union Européenne communique davantage au sujet de l’ensemble des enjeux, politiques, décisions et règles européens qui concernent leur entreprise.
Des informations relatives au mécanisme décisionnel des institutions européennes seraient également souhaitables. En effet, comme cela a été souligné précédemment, seulement 13% des dirigeants d’entreprises françaises savent quelles sont les institutions européennes qui détiennent le pouvoir de proposition et de décision.
De fait, si les dirigeants interrogés estiment majoritairement que les entreprises françaises ne s’impliquent pas suffisamment au niveau européen dans le but de défendre leurs intérêts, cela s’explique certainement par leur méconnaissance des institutions européennes. Ainsi, ne connaissant pas le processus décisionnel européen, de nombreux chefs d’entreprise ne savent pas quelle institution solliciter pour défendre au mieux leurs intérêts au niveau européen.


Les institutions européennes demeurent une entité abstraite aux yeux des dirigeants d’entreprises françaises, car la plupart ne sont jamais entrés en contact avec elles


Interrogés au sujet des différentes modalités de soutien prodigué par l’Union Européenne (au travers de subventions, de prêts, de garanties, de conseils ou de services), 81% des dirigeants d’entreprises françaises affirment ne jamais en avoir bénéficié, dont seulement 10% qui en ont déjà sollicité. Moins d’un sur cinq (17%) déclare en bénéficier actuellement ou en avoir bénéficié, et au total, 27% des dirigeants interrogés ont déjà sollicité ou bénéficié de l’une de ces formes de soutien. 
On relève des différences sensibles selon le secteur d’activité des entreprises : ainsi, 37% des dirigeants d’entreprises du secteur de l’industrie ont déjà sollicité ou reçu un soutien européen, tandis que dans le commerce, 92% des dirigeants d’entreprise n’en ont jamais bénéficié. De même, les entreprises franciliennes (30%) semblent avoir davantage bénéficié d’un soutien européen que celles qui sont situées en province (20%).
Par ailleurs, si 71% des dirigeants d’entreprises françaises disent ne jamais avoir sollicité de soutien européen, cela s’explique certainement par leur méconnaissance des mécanismes de soutien, de négociations et d’opportunités au niveau européen, puisque 90% d’entre eux déclarent mal les connaître, dont 39% « très mal ».
Le fait que l’on relève le plus grand nombre de dirigeants disant très mal connaître ces mécanismes (48%) dans le secteur du commerce semble étayer cette hypothèse, dans la mesure où les dirigeants d’entreprises de commerce sont également les plus nombreux à ne jamais avoir sollicité de soutien européen (87%).
On constate également que 54% des dirigeants interrogés n’ont jamais profité des opportunités d’affaires au niveau européen, telles que les marchés publics, les appels à proposition, les programmes européens ou l’ouverture des marchés. Pour 28% d’entre eux (et 40% des dirigeants d’entreprises de plus de 500 salariés), leur entreprise en profite insuffisamment, tandis que 8% estiment en profiter suffisamment et 5% « comme il faut ».

En outre, le fait que peu de dirigeants d’entreprises françaises aient déjà été en contact avec les institutions européennes dans le cadre, par exemple, de consultations, de demandes de financement ou d’appels d’offre, atteste une fois encore du déficit d’information des dirigeants d’entreprises françaises et de leur méconnaissance des opportunités qu’offrent les institutions européennes.
Ainsi, 74% déclarent ne jamais avoir été en contact avec les institutions européennes dans le cadre d’une nouvelle législation européenne (concertation, consultation, groupe de travail, réunion), tandis que 18% l’ont été plusieurs fois, et 8% une fois. On note cependant des différences sensibles selon la taille de l’entreprise : 31% des dirigeants d’entreprises de plus de 500 salariés ont déjà été plusieurs fois en contact avec les institutions européennes à ce sujet, tandis que 78% des entreprises du secteur commercial ne l’ont jamais été.
De même, 70% des dirigeants interrogés n’ont jamais été en contact avec les institutions européennes dans le cadre d’une demande de financement à travers un programme européen, alors que 30% l’ont déjà été, dont 15% plusieurs fois.

C’est au sujet de dossiers en matière de concurrence (fusion, aides d’Etats, plainte, amende) que l’effet de taille est le plus perceptible : en effet, si 82% des dirigeants disent ne jamais avoir été en contact avec les institutions européennes à ce sujet, 39% des dirigeants d’entreprises de plus de 500 salariés l’ont déjà été, dont 22% plusieurs fois. De même, que ce soit au sujet d’un appel d’offre ou d’un appel à proposition de l’Union Européenne (16%), d’une demande d’information générale sur l’Union Européenne ou les politiques européennes (18%), d’une compétition pour un marché public européen (13%), ou d’un soutien à l’internationalisation (16%), mois d’un dirigeant d’entreprise française sur cinq a déjà été en contact avec les institutions européennes.
Deux exceptions doivent toutefois être signalées : un dirigeant sur trois a déjà été en contact avec les institutions européennes dans le cadre dun événement comme une conférence ou un séminaire (33%, dont 24% plusieurs fois), et de l’application ou de la définition d’une nouvelle norme ou standard européen 34%, dont 24% plusieurs fois).

Par ailleurs, invités à désigner le mécanisme de soutien européen aux entreprises qui serait le plus susceptible de répondre à leurs besoins actuels, les dirigeants d’entreprise interrogés placent en tête l’aide à l’investissement (26%), juste devant un cofinancement ou une subvention pour leurs projets (24%).
Viennent ensuite « des conseils, rencontres ou assistance non financière » (16%) et un soutien à l’organisation sous forme de contrats publics dans les pays tiers (11%). En fin de classement, on trouve les prêts ou garanties bancaires (5%) ainsi que la prise de participation (2%), tandis que 14% des dirigeants estiment qu’aucun de ces mécanismes ne serait susceptible de répondre à leurs besoins actuels.
Le cofinancement ou la subvention de projets a la préférence des dirigeants des secteurs du BTP, du commerce et des services, tandis que dans le secteur de l’industrie, les dirigeants marquent une nette préférence pour l’aide à l’investissement (32%).
De même, les dirigeants d’entreprises franciliennes penchent en faveur d’un cofinancement ou d’une subvention pour leurs projets (24%) quand leurs homologues de province préfèreraient quant à eux bénéficier d’une aide à l’investissement (29%).


Un réel besoin d’information et d’expertise se fait jour


A l’heure actuelle, les intérêts de deux entreprises françaises sur trois (65%) ne sont qu’indirectement représentés « à travers une fédération professionnelle ou sectorielle, un organisme ou autorité public ». En effet, si 72% des dirigeants déclarent que les intérêts de leur entreprise sont représentés auprès des institutions européennes, seuls 5% le sont directement « par le biais de [leur] bureau permanent, ou d’un cabinet en relations publiques, de lobbying ou d’avocat » et 2% sont représentés à la fois directement et indirectement.
Un sur dix (11%) n’est représenté d’aucune de ces deux façons, et près d’un dirigeant sur cinq (17%) ignore si les intérêts de son entreprise sont représentés auprès des institutions européennes. Cela est d’autant plus fréquent lorsque l’entreprise compte moins de 250 salariés (19%, contre 9% lorsqu’elle en compte plus de 500) ou lorsque les dirigeants se disent mal informés des enjeux, politiques, décisions ou règles européens qui concernent leur entreprise (21%).  
Les dirigeants d’entreprises dont les intérêts ne sont ni directement ni indirectement représentés l’expliquent surtout par un manque de temps ou de ressources (42%), mais aussi par le fait qu’ils ne savent pas comment faire ni qui contacter, ou qu’ils ne voient pas l’utilité d’être représenté à Bruxelles (18%). D’autres, moins nombreux (12%) ne se sentent pas concernés et n’ont pas d’intérêt à défendre.

Conscients de leur retard en matière de défense de leurs intérêts au niveau européen, comme cela a été souligné précédemment, les dirigeants d’entreprises françaises se montrent plutôt séduits par l’idée de faire appel à un cabinet conseil en affaires européennes.
En effet, plus d’un dirigeant sur trois (35%) pense avoir besoin d’un tel cabinet pour l’aider à mieux défendre ses intérêts, mieux saisir des opportunités d’affaires et à se prémunir efficacement de tout risque réglementaire européen. Cette proportion atteint même 37% parmi les dirigeants d’entreprises commerciales et de 250 à 499 salariés.
Surtout, ce besoin est exprimé par 48% des dirigeants estimant que leur entreprise ne profite pas suffisamment des opportunités d’affaires au niveau européen, et par 43% de ceux qui se disent mal informés à propos des enjeux, politiques, décisions ou règles européens qui concernent leur entreprise.

Le besoin d’expertise et d’accompagnement exprimé par les dirigeants transparaît également lorsqu’on leur demande quel mécanisme de négociation européen leur paraîtrait le plus adapté à leur situation s’ils avaient à défendre leurs positions au niveau européen. « La participation à un groupe de travail ou groupe d’experts mandaté » recueille en effet le plus grand nombre de réponses (29%), devant « les contacts et relais au niveau local ou national » (22%) et « la tenue de réunions bilatérales avec les décideurs impliqués » (17%). « L’intervention d’un prestataire externe pour représenter votre entreprise » (13%) vient ensuite.
Les mécanismes de négociation n’impliquant a priori pas d’accompagnement ou de concours actif d’un expert aux côtés des chefs d’entreprises, comme « l’organisation de conférence, rencontre informelle ou événement » (6%) et « l’ouverture d’une consultation publique sur un projet européen précis » (6%) arrivent en dernière position.

Aux yeux des dirigeants interrogés, et indépendamment de leur secteur d’activité et de la taille de leur entreprise, l’objectif européen qui serait selon eux le plus profitable à leur entreprise, est sans conteste l’harmonisation des normes en Europe (44%), qu’ils placent loin devant la réciprocité des règles commerciales au niveau international et le respect des règles de concurrence en Europe (19%). La suppression des entraves aux échanges commerciaux en Europe (8%) et un meilleur accès aux marchés publics européens (6%) viennent ensuite.


Enfin, lorsqu’on les interroge au sujet de l’actualité de l’Union Européenne, près de six dirigeants sur dix (56%) se sentent concernés par la présidence française du Conseil de l’Union Européenne, qui débutera au mois de juin prochain, pour une durée de six mois. Ce sentiment est toutefois assez modéré, puisque 43% des dirigeants se disent « plutôt » concernés, et seulement 13% « tout à fait » concernés.
Cet événement semble particulièrement susciter l’intérêt des dirigeants d’entreprises de services, puisque 66% d’entre eux disent se sentir concernés. A l’opposé, 50% des dirigeants du secteur de l’industrie déclarent ne pas se sentir concernés par la présidence française du Conseil de l’Union Européenne.
Près d’un dirigeant sur deux (45%) affirme pourtant ne rien attendre en particulier de cette présidence française de l’Union, sans doute en raison de sa méconnaissance des opportunités offertes par cet événement. Cette présidence sera l’occasion de mieux défendre les intérêts de leur entreprise auprès des institutions européennes pour un dirigeant sur trois (32%), tandis qu’un sur cinq (21%) y voit surtout l’occasion de mieux connaître et comprendre les enjeux et mécanismes européens qui concernent leur activité.
Quant au nouveau traité européen, qui vient d’être ratifié par la France, 75% des dirigeants reconnaissent ne pas savoir s’il contient des mentions qui peuvent avoir un impact sur l’activité de leur entreprise. C’est également le cas de 79% des dirigeants qui déclarent être mal informés à propos des enjeux, politiques, décisions ou règles européens qui concernent leur entreprise.
A l’inverse, les dirigeants d’entreprises situées en Ile-de-France se montrent un peu mieux informés que leurs homologues (32% savent s’il y a dans le traité simplifié des mentions susceptibles d’avoir un impact sur l’activité de leur entreprise).

L’intérêt et les attentes modérées que suscite la présidence française de l’Union, loin d’être le reflet d’un manque d’intérêt de la part des dirigeants français, semblent davantage souligner leur manque d’information. En effet, la présente étude a montré à plusieurs reprises que les dirigeants d’entreprises françaises souhaitent s’impliquer davantage au niveau européen afin de profiter au mieux des nombreuses opportunités qu’offrent les institutions européennes.
Aussi, des informations complètes et des conseils experts permettraient-ils sans doute aux entreprises françaises de faire davantage entendre leur voix et de devenir un acteur de poids sur la scène européenne.

Auteur(s)

  • Stéphane Zumsteeg - Directeur Opinion et Recherche Sociale, Public Affairs
    Stéphane Zumsteeg
    Directeur du Département Opinion et Recherche Sociale, Public Affairs

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