Vacances, j’oublie tout… ou presque
42% des européens ne partiront pas vacances cet été, taux le plus élevé depuis la création de notre baromètre Ipsos Europ Assistance. De quoi confirmer une véritable « fracture touristique », signe de plus, s’il en fallait, de l’ampleur de la crise européenne. La rentrée s’annonce plus tendue que jamais, sur fond de croissance atone (0,4 % prévu en 2012, 1,2% en 2013) et d’austérité. Profitons bien de nos vacances : le retour à la réalité risque d’être brutal.
Face à tant d’incertitudes automnales, la tentation de revoir à la baisse les investissements marketing et études a toujours été grande. Et on connaît la chanson : les problématiques de marché de plus en plus lourdes et complexes nécessiteraient au contraire de développer des initiatives plus pertinentes et opérantes que jamais, pour trouver la bonne carburation et les mix performants...
Voilà qui souligne un paradoxe en forme de défi pour nos clients et notre profession.
Comment sortir de cette mauvaise spirale : budgets marketing et études sous pression, face à des consommateurs plus volatils, et à la nécessité de gagner en compétitivité par la meilleure connaissance de leurs besoins ? L’équation n’est pourtant pas insoluble.
A la différence de la crise précédente, démarrée à l’automne 2008, les solutions disponibles et abordables n’ont jamais été aussi riches, fonctionnelles et puissantes. La révolution numérique générant une explosion du nombre de socionautes et de mobinautes en est le fait le plus marquant. Il suffit d’observer l’exemple Facebook, qui pesait à cette époque une centaine de millions d’utilisateurs, contre près d’un milliard, quatre ans plus tard. Aujourd’hui, pensez que 83% des internautes indonésiens se connectent aux média sociaux régulièrement, 75% pour les russes, 62% pour les brésiliens et les chinois.
En parallèle, l’explosion des smartphones, change de façon structurelle la relation des individus à l’information, à l’achat et au partage d’expériences.
Au-delà de la technologie, de nouveaux codes de communication interpersonnels se banalisent. Cela implique dès lors de revoir dans son ensemble la manière dont nous envisageons les interactions avec les consommateurs et les citoyens. Cette révolution constitue une opportunité unique pour mieux comprendre les individus, et ce, plus rapidement et de façon moins onéreuse.
Des solutions études innovantes ont d'ores et déjà été développées avec un certain nombre de nos clients en France et dans le monde, à travers des approches qui font écho à la révolution numérique : les panels communautaires, mais aussi les études sur téléphone mobile et l’écoute du web social. Des moyens permettant aux annonceurs qui les utilisent aujourd'hui de façon régulière de mener des études incomparativement plus rapides et systématiques, leur conférant un avantage concurrentiel certain.
Une approche « customer-centric » réelle et tangible, dans un environnement financièrement contraint, est enfin devenue possible. Les communautés – pour ne parler que de cela – sont en mesure de mettre les consommateurs, les clients et les citoyens au centre des entreprises et des institutions. Il n’a jamais été aussi facile et motivant pour un individu d’accepter l'appartenance à un groupe de discussions, dans lequel il pourra partager ses points de vue et ses retours d’expérience avec d’autres membres ayant un intérêt commun pour l’automobile, la cuisine, la santé, la politique ou encore les questions d’urbanisme. Ce sont des choses qui font désormais partie de codes de communication parfaitement intégrés.
Alors imaginons quelques instants les opportunités qui s’ouvrent aux marques et aux institutions : toutes les décisions, tactiques ou stratégiques, pourront être validées, toutes les exécutions créatives pourront être améliorées de façon participative avec les consommateurs citoyens, toutes les initiatives concurrentes pourront être scrutées à la loupe dès leur lancement, et toutes les envies de dé-consommation et de désamour pourront être anticipées et comprises. Tout cela avec un budget maîtrisé.
Voilà la grande nouveauté pour notre métier et nos clients. La crise est là, certes, mais jamais les solutions pour mieux l’affronter n’ont été aussi nombreuses. Bonnes vacances à vous !