Vacances : les valises sont prêtes
Selon la vaste enquête Ipsos-Europe Assistance, 61% des Européens comptent partir en vacances cet été ; cette moyenne masque toutefois d'assez nettes disparités, puisque 75% de vacanciers britanniques partiront, contre seulement 42% des Espagnols. Dans la plupart des cas, les séjours seront de courte durée, deux semaines ou moins, dans le pays d'origine ou dans un autre pays européen. Les risques sanitaires, le climat, le budget, et parfois les risques d'attentats ont déterminé le choix des destinations, pour des vacances "repos" plutôt que "découvertes".
Présentation technique de l'Observatoire du Tourisme d'Eté Ipsos / Europ Assistance
Ipsos a réalisé pour le compte d'Europ Assistance, du 11 au 29 avril 2005, une enquête auprès d'un échantillon de 3.502 Européens (Français, Allemands, Britanniques, Italiens, Espagnols, Belges et Autrichiens). Cette enquête a été réalisée par téléphone, au domicile des personnes interrogées et selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage, après stratification par région et par taille d'agglomération).
A la veille des vacances d'été 2005, cette étude a pour objectif d'estimer les intentions de départ des ressortissants des pays concernés, leurs motivations, les destinations et les types de séjours privilégiés. L'Observatoire du Tourisme d'Eté s'est également fixé pour but d'évaluer les risques perçus par les touristes, et d'apprécier leur sentiment de couverture par rapport à ces risques.
Près des deux tiers des Européens (61%) partiront en vacances cet été
61% des Européens interrogés déclarent avoir l'intention de partir en vacances cet été. Dans la plupart des cas (42%), il s'agira d'un seul séjour, mais près d'un Européen sur cinq (19%) partira à plusieurs reprises.
L'analyse de ces résultats par pays montre que les plus volontaires sont les Britanniques (74%), sensiblement devant les Français (63%). Les autres pays se situent légèrement en retrait, l'Espagne fermant la marche (43%).
Les critères socio-démographiques les plus déterminants sont, sur cette question d'anticipation des départs, sans réelle surprise : l'âge, le niveau de revenu et la présence d'enfants au sein du foyer. Ces critères influent très directement et positivement sur les intentions de départ.
Intentions de départ par pays pour la période juin à septembre 2005 inclus
Oui, plusieurs fois |
Oui, une fois |
S/T Oui |
Ecart par rapport à la moyenne européenne |
|
Ensemble |
19% |
42% |
61% |
|
Grande-Bretagne |
36% |
39% |
75% |
+ 14 points |
France |
16% |
47% |
63% |
+ 2 points |
Italie |
21% |
39% |
60% |
- 1 point |
Allemagne |
12% |
46% |
58% |
- 3 points |
Belgique |
13% |
44% |
57% |
- 4 points |
Autriche |
13% |
41% |
54% |
- 7 points |
Espagne |
11% |
32% |
43% |
- 18 points |
La durée des vacances s'avère particulièrement disparate d'un pays à l'autre. On notera en premier lieu que la très grande majorité des Européens ambitionne de partir cet été une semaine (34%) ou deux semaines (42%). Le principe est donc, pour une majorité des Européens concernés, celui de séjours de courte durée, notamment chez les Britanniques, les Italiens et les Autrichiens. A l'opposé, les Espagnols et surtout les Français – on discerne ici, sans doute, l'impact des « 35 heures » - s'orientent vers une longue période de vacances cet été, pouvant aller jusqu'à 4 semaines et plus (22% des Espagnols et 17% des Français contre 11% pour l'ensemble). Allemands et Belges se situent dans la moyenne.
Durée totale des séjours d'été
Moins d'une semaine |
1 semaine |
2 semaines |
3 semaines |
4 semaines et plus |
|
Ensemble |
10% |
34% |
42% |
13% |
11% |
France |
5% |
31% |
37% |
17% |
17% |
Allemagne |
8% |
30% |
49% |
20% |
6% |
Grande-Bretagne |
15% |
35% |
46% |
8% |
10% |
Espagne |
10% |
22% |
40% |
6% |
22% |
Italie |
15% |
43% |
37% |
10% |
8% |
Belgique |
9% |
37% |
44% |
7% |
8% |
Autriche |
11% |
44% |
42% |
10% |
7% |
[Total supérieur à 100, l'interviewé pouvant donner plusieurs réponses]
Deux tiers des Européens donnent la priorité au repos, un tiers à la découverte, par exemple, de nouvelles cultures
La grande majorité des personnes interrogées (62%) fait de la recherche de repos sa principale motivation, loin devant la notion de découverte (35%). Cette hiérarchie est globalement commune à l'ensemble des pays européens interrogés.
Cette absence de bouleversement dans la hiérarchie ne doit pas occulter quelques divergences de priorité, perceptibles lorsque l'on analyse le détail des réponses. Plus précisément, il s'avère que, dans l'idéal, les Européens se verraient bien « se reposer, avoir l'esprit tranquille » (27%, et notamment les Espagnols, 42%), mais également « se retrouver tous ensemble », dans leur famille, avec leur conjoint ou entre amis (21%, cette idée étant particulièrement présente chez les Britanniques – 35% - et les Français – 27%).
Pour les partisans de la notion de découverte, l'idée est d'abord celle de la découverte de nouvelles cultures, d'un dépaysement complet (24%). Les plus jeunes, plus soucieux d'ouverture au monde, s'opposent ici aux plus âgés. On notera par ailleurs que 10% des 18/24 ans déclarent ambitionner de nouvelles rencontres, amicales ou amoureuses (contre 3% pour l'ensemble)...
L'Europe demeure, pour la très grande majorité des touristes interrogés, la destination de référence
L'Europe constitue, pour l'ensemble des personnes interrogées (86%), le principal pôle d'attraction touristique, loin devant le reste du monde (16%), qui représente une part relativement marginale des intentions de départ.
La principale divergence dans les comportements porte sur le fait ou non de rester dans son propre pays : 47% des touristes resteront dans leur pays, 45% iront dans un autre pays européen. Les Espagnols (71%), les Italiens (69%) et les Français (64%) sont principalement acquis à l'idée de rester dans leurs pays respectifs. A l'opposé, les Belges (70%), les Autrichiens (69%), les Allemands (63%) et les Britanniques (59%) opteront massivement pour un autre pays européen que le leur. Ces tendances sont conformes à celles enregistrées en 2004, lors de la précédente édition de l'Observatoire, mais on observe que les Espagnols et les Français sont aujourd'hui plus nombreux à ambitionner un séjour en dehors de leurs frontières.
D'autres éléments interviennent. On mentionnera ici l'âge (les personnes les plus âgées privilégiant leur pays), ou encore la durée des vacances (le principe étant que plus la durée des vacances est importante, plus l'éloignement par rapport au pays d'origine sera souhaitée).
Quels sont les facteurs qui ont amené ces choix de destination ?
Il est frappant de constater que ces choix ont été influencés par l'idée d'une maîtrise des risques, concurrençant fortement les critères « classiques » que sont le climat, la qualité des infrastructures ou même le budget alloué.
Pour pratiquement la moitié des Européens interrogés (43%), les risques sanitaires jouent ou ont ainsi joué un rôle essentiel dans le choix de leur destination. 31% considèrent de plus qu'ils ont joué un rôle sinon essentiel, du moins important.
Ce facteur intervient à peu près au même niveau que le climat (42% de réponses « essentiel »), le budget (41%) ou le risque d'attentats (40%). Se mêlent donc aux considérations d'ordre touristiques ou économiques des critères directement empruntés à l'actualité, à des niveaux tout à fait notables. On notera que le risque de catastrophe naturelle est cité comme un facteur « essentiel » par près d'un Européen sur trois (28%).
Les critères « classiques » que constituent la qualité des infrastructures touristiques sur place (35%) ou les possibilités d'activités de loisirs ou culturelles (31%) sont ici fortement concurrencés.
On observe que la hiérarchie des facteurs de décision varie très fortement en fonction des pays. Schématiquement, alors que les pays d'Europe du Nord vont insister sur les dimensions sanitaires et de sécurité, les ressortissants des pays du Sud vont d'abord faire intervenir des éléments relatifs au budget, au climat, ou à la qualité des infrastructures.
Hiérarchie des facteurs de choix en fonction des pays (réponses « essentiel »)
1er facteur |
2ème facteur |
3ème facteur |
|
Ensemble |
Les risques sanitaires |
Le climat |
Le budget que vous comptiez allouer |
France |
Le climat |
Les risques sanitaires |
Le budget que vous comptiez allouer |
Allemagne |
Les risques d'attentats |
Les risques sanitaires |
Le budget que vous comptiez allouer |
Grande-Bretagne |
Les risques sanitaires |
Les risques d'attentats |
Le climat |
Espagne |
Le budget que vous comptiez allouer |
Les risques sanitaires |
Les risques d'attentats |
Italie |
Le budget que vous comptiez allouer |
Le climat |
La qualité des infrastructures touristiques sur place |
Belgique |
Le climat |
La qualité des infrastructures touristiques sur place |
Les risques sanitaires |
Autriche |
Les risques sanitaires |
Les risques d'attentats |
Le climat |
La préparation des vacances : un choix raisonné plutôt qu'impulsif
Pour la plupart des personnes concernées (70%), les vacances se préparent longtemps en avance. A l'opposé, un tiers des personnes interrogées (29%) déclare qu'elles décideront à la dernière minute de leur destination. C'est notamment le cas des Espagnols (40%) et des Italiens (36%), ou dans le cadre de séjours d'une durée inférieure à une semaine (35%).
Si les tours opérateurs et les agences de voyage demeurent le principal pourvoyeur de prestations (40%), ils sont aujourd'hui largement concurrencés, du moins dans les déclarations d'intention, par les sites internet (28%) ou encore par l'approche directe (28%). Là encore, on relèvera quelques différences nationales intéressantes : les Britanniques (41%) font d'internet un vecteur particulièrement privilégié, là où les Français privilégient une approche directe (35%).
Un choix de prestation d'abord tourné vers l'hébergement fixe
Logiquement, si l'on considère que les vacances sont, pour la plupart, planifiées longtemps à l'avance, le choix des prestations en elles-mêmes porte également la marque de la rationalisation : 35% des touristes européens loueront une maison, une chambre d'hôtel ou une chambre d'hôte, 25% achèteront un forfait tout compris, comprenant le transport et l'hébergement, et 25% se rendront dans leur résidence secondaire ou chez des amis.
A l'opposé, près d'un tiers (32%) déclare qu'ils organiseront eux-mêmes leur voyage, en achetant des prestations séparées (transport, logement, etc.), et 12% opteront pour le camping-caravaning.
Les différences nationales sont ici très notables. Les Britanniques organiseront massivement leurs séjours par eux-mêmes (53%) ou, à l'inverse, auront plus recours que l'ensemble à des séjours tout compris (38%), de même que les Belges (36%). En revanche, les Français (36%) et les Espagnols (29%) opteront, pour une part importante d'entre eux, pour leur résidence secondaire ou le recours aux amis.
Enfin la mer demeure, pour les deux tiers des vacances européens (65%), la référence en matière de destination touristique (notamment chez les plus jeunes et les parents d'enfants de moins de 15 ans), très loin devant la montagne (22%), le voyage itinérant (22%) ou la campagne (21%). Les Britanniques se distinguent ici par un choix de destinations plus orientées vers le tourisme itinérant (45%), la campagne (38%) ou la ville (35%).
Un budget vacances en hausse par rapport à 2004
Traditionnellement pronostiqué en hausse, le budget « vacances » pour l'été 2005 semble toutefois plus optimiste en 2005 qu'en 2004 (31%, contre 24% en 2004).
A l'inverse, 15% envisagent un budget en baisse. 50% consacreront à leurs vacances un budget équivalent à celui de 2004. Cette question reflète le climat économique des différents pays : alors que près de la moitié des touristes britanniques (46%) ou espagnols (40%) anticipent un budget en hausse, un quart des Allemands (25%) prévoit, au contraire, une baisse de leur budget.
Une multiplicité de risques perçus…
Les craintes exprimées portent d'abord, pour plus de la moitié des Européens interrogés, sur un problème de santé, qu'il s'agisse de la santé du ou des voyageurs (53% déclarent qu'il s'agit de quelque chose qui les préoccupe « beaucoup »), ou de personnes de la famille restées dans le pays d'origine (50%).
Viennent ensuite les craintes relatives aux accidents de transport (avion, train, voiture, etc.), perceptibles quel que soit le mode de transport envisagé (43%). La perte des effets personnels (bagages, vêtements, argent) est quant à elle redoutée par plus de quatre personnes sur dix (41%).
Les risques d'attentats (36%) et de catastrophe naturelle (30%) constituent également deux préoccupations importantes, conséquences directes de l'actualité récente. L'inquiétude est légèrement plus importante, sur ce dernier point, chez les touristes envisageant de partir dans la zone Asie-Pacifique (35%).
Les problèmes de transports, liés à une panne du véhicule (22%) ou à une grève ou des retards (13%) se situent à des niveaux moindres, bien évidemment très liés au mode de transport adopté par les touristes.
… Mais le sentiment qu'un certain nombre de ces craintes ne sont aujourd'hui pas couvertes par les contrats d'assurance souscrits
L'analyse entre, d'une part, les risques perçus, et d'autre part, le sentiment d'être couvert par un contrat d'assurance ou d'assistance, montre qu'il existe aujourd'hui des risques perçus que le public estime mal couverts par les contrats d'assurance ou d'assistance souscrits. Au-delà, on peut s'interroger sur leur réelle connaissance des champs couverts par ces contrats.
Les principaux déficits portent sur la gestion de problèmes de santé de membres de la famille restés sur place, mais également sur les risques d'attentats ou de catastrophe naturelle. Moins d'un quart des personnes interrogées s'estiment aujourd'hui couvertes par rapport à ces risques, quel que soit le contrat d'assurance ou d'assistance auxquels ils ont recours.
Craintes exprimées et sentiment d'être couvert par rapport à ces craintes
par un contrat d'assurance ou d'assistance
Niveau de préoccupation [Réponses « Beaucoup »] |
Déclaration de couverture par un contrat d'assurance ou d'assistance |
Ecart entre Niveau de préoccupation et Couverture par contrat d'assurance ou assistance |
|
Un problème de santé concernant un de vos proches, qui ne vous accompagne pas |
50% |
27% |
- 23 points |
Les risques d'attentats |
36% |
14% |
- 22 points |
Le risque de catastrophe naturelle (tremblement de terre, irruption volcanique, inondation, etc.) |
30% |
24% |
- 6 points |
Un problème de santé vous concernant vous ou une personne vous accompagnant |
53% |
59% |
+ 6 points |
Une grève ou un retard des transports |
13% |
21% |
+ 8 points |
Un accident de transport (avion, train, voiture, etc.) |
43% |
53% |
+ 10 points |
La perte de vos effets personnels (bagages, vêtements, argent) |
41% |
50% |
+ 9 points |
Un problème concernant votre domicile (dégât des eaux, incendie, cambriolage, etc.) |
36% |
54% |
+ 18 points |
Une panne de votre véhicule |
22% |
53% |
+ 31 points |
On définit les « vacanciers » comme des personnes déclarant passer au moins une fois, entre juin et septembre 2005 inclus, plus de quatre nuits consécutives en dehors de leur foyer, pour des raisons autres que professionnelles.