Victoire surprise de la social-démocratie au Danemark

Le premier ministre sortant, que les derniers sondages donnaient plutôt battu, a gagné d’un seul siège les élections législatives anticipées du 11 mars.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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Le premier ministre social-démocrate danois, Poul Nyrup Rasmussen, a finalement gagné, à la surprise générale et d’une très courte tête, les élections législatives. Alors que les derniers sondages laissaient prévoir une victoire de l’opposition de droite, la gauche l’a emporté d’un seul siège : 90 députés au Folketing, le Parlement du Danemark, pour le parti social-démocrate et ses alliés contre 89 au " bloc bourgeois " dirigé par le libéral Uffe Ellemann-Jensen. Ces résultats ont été connus jeudi 12 mars.

Le chef du gouvernement avait choisi d’anticiper les élections législatives avant le référendum du 28 mai par lequel les Danois devront ratifier le traité d’Amsterdam. Rasmussen pensait courir d’autant moins de risque de défaite que la plupart des observateurs internationaux s’accordent pour saluer le bon bilan économique et social du pays : croissance soutenue sans surchauffe inflationniste, budget en excédent et, surtout, taux de chômage spectaculairement réduit à 7% de la population active. Lionel Jospin lui-même avait vanté le " modèle danois " au cours de la campagne des législatives françaises de 1997.

C’était sans compter sur l’évolution des mentalités au Danemark. Dans ce pays riche aussi, l’immigration est devenue un enjeu électoral. Une formation d’extrême-droite, le Parti du peuple danois (DPP), qui avait obtenu 6,8% des suffrages aux élections locales de novembre 1997, a le vent en poupe. Cela a conduit l’opposition de droite à faire campagne sur le thème de l’immigration (4,7% de la population), en prônant un contrôle plus serré aux frontières ainsi qu’un rapatriement de certains réfugiés. Non sans un certain succès auprès de l’opinion : un sondage Gallup a montré que l’immigration et la question des réfugiés étaient devenus les premiers sujets de préoccupation de l’électorat.

C’est finalement de très peu que la droite a échoué à reconquérir le pouvoir. Pour sa part, le DPP a enregistré un succès notable en passant de 4 à 13 sièges aux Folketing. Le premier ministre n’a pas caché son soulagement : " Je ne croyais pas jusqu’à ce jour que les miracles existaient au Danemark ", a-t-il déclaré au soir de sa victoire surprise. Selon lui, les Danois " se sont rendus compte, dans l’isoloir, que la social-démocratie est la garante de la société du bien-être ".

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  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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