1er tour législatives 2017 : comprendre le vote des français

Enjeux, motivations, déterminants du vote… L’enquête Ipsos / Sopra Steria réalisée la veille du vote révèle dans quel état d’esprit les Français se sont rendus aux urnes.

1er tour législatives 2017 : comprendre le vote des français

Auteur(s)

  • Brice Teinturier Directeur Général Délégué France, Ipsos (@BriceTeinturier)
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DANS UN SCRUTIN MARQUÉ PAR UNE ABSTENTION RECORD

Le sondage Ipsos/Sopra Steria réalisé auprès de 4000 personnes les jours précédant le premier tour des Législatives 2017 permet de mieux comprendre les déterminants et les motivations du vote. Même si pour la majorité des votants, l'opinion sur les candidats en lice dans chaque circonscription a prévalu sur l'appréciation de la politique menée par Emmanuel Macron depuis son élection, l'état de grâce dont jouit le Président de la République a largement bénéficié aux candidats LREM.

UNE RELATIVE STABILITÉ DU RAPPORT DE FORCE

Les différentes mesures d'intentions de vote aux législatives réalisées par Ipsos depuis le second tour de la Présidentielle ont montré une relative stabilité du rapport de force malgré la campagne électorale. De fait, les deux tiers des électeurs ont fait leur choix relativement tôt ("ces dernières semaines", 64%), pour un tiers qui s'est décidé "ces derniers jours" (23%) ou "au dernier moment" (13%). L'opinion sur les candidats en lice dans chaque circonscription a été déterminante pour 57% des électeurs, mais 43% reconnaissent s'être d'abord prononcés en fonction de la politique menée par Emmanuel Macron depuis qu'il est élu président de la République.

LE PROFIL DE LA FUTURE ASSEMBLÉE SELON LES ÉLECTEURS

En ce qui concerne le profil de la future Assemblée nationale, plus de la moitié des électeurs pensent qu'il est préférable qu'Emmanuel Macron et le gouvernement obtiennent la majorité à l'issue du scrutin. Cet avis est évidemment largement partagé par ceux qui ont voté pour Emmanuel Macron au premier tour de la Présidentielle (92%), mais aussi par les deux tiers de l'électorat de Benoit Hamon (64%), par la moitié de ceux qui ont choisi François Fillon (50%), et même par plus de 40% de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon (59% d'avis contraire). Sur cette question, l'électorat de Marine Le Pen se démarque par sa position tranchée, 79% d'entre eux ne souhaitant pas "qu'Emmanuel macron et le gouvernement obtiennent la majorité à l'Assemblé nationale à l'issue des législatives".

DES POSITIONS RELATIVEMENT DIFFÉRENTES D'UN ÉLECTORAT À L'AUTRE

Le second tour de la Présidentielle a montré que le "front républicain" existait toujours, mais qu'il avait perdu de son intensité depuis 2002. L'enquête Ipsos / Sopra Steria révèle effectivement des positions relativement différentes d'un électorat à l'autre sur l'attitude à adopter en cas de qualification du candidat FN au second tour. Ainsi, en cas d'élimination du candidat LR/UDI, 71% de l'électorat de droite souhaite que ce dernier "ne donne pas de consigne de vote ou appelle à voter blanc" en cas de duel FN/France Insoumise, 63% sont de cet avis en cas de duel PS/FN, 48% en cas de duel LREM/FN. L'électorat de la France Insoumise rejoint l'électorat de droite sur cette question, en étant lui aussi relativement hermétique au front républicain : 68% des électeurs FI préféreraient que leur candidat battu ne donne pas de consigne de vote ou appelle à voter blanc en cas de duel FN/Droite au second tour, 61% en cas de duel FN/LREM et encore un peu plus d'un sur deux (53%) en cas de duel FN/PS. L'appel au front républicain reste en revanche toujours majoritaire dans l'électorat PS et LREM, quelle que soit l'étiquette du qualifié face au FN.

UNE OPINION TRÈS FAVORABLE À L'ÉGARD D'EMMANUEL MACRON

L'opinion à l'égard des premiers pas d'Emmanuel Macron à l'Elysée aura influencé le vote de nombreux électeurs, et force est de constater qu'il a réussi ses débuts. De manière générale, 58% des Français sont satisfaits de son action depuis qu'il a été élu, 58% sont satisfaits du choix d'Edouard Philippe comme Premier ministre, 56% sont satisfaits de la composition du gouvernement. Emmanuel Macron fait l'unanimité dans son propre camp (97% de satisfaction dans l'électorat LREM / MoDem), mais séduit aussi la majorité de l'électorat PS/PRG/DVG (66%), EELV (65%) et LR/UDI/DVD. A ce stade l'insatisfaction n'est majoritaire qu'au sein de l'électorat FI (68%) et FN (80%).

L'OPTIMISME DES FRANÇAIS

Avec l'élection d'Emmanuel Macron comme Président de la République, un Français sur trois pense que "la situation de la France va s'améliorer dans les années qui viennent", pour 26% qui estiment qu'elle va au contraire se dégrader et 40% "ni l'un ni l'autre". Dans le détail, les Français sont optimistes en ce qui concerne "l'image de la France dans le monde" (70% des interviewés pensent que l'action d'Emmanuel Macron produira des résultats positifs), "le poids de la France en Europe" (66%), "l'éducation" (64%), "la compétitivité des entreprises françaises" (64%) et même "la défense de l'environnement" (58%). Les avis sont plus partagés mais l'optimisme l'emporte encore en ce qui concerne "la moralisation de la vie politique" (55%), "la lutte contre le terrorisme" (55%), "la lutte contre l'insécurité et la délinquance" (52%), "la lutte contre le chômage" (51%) et "la réduction des déficits" (51%). Les deux seuls items pour lesquels une majorité de Français ne pense pas que l'action gouvernementale produira des résultats positifs à court ou moyen terme sont "le pouvoir d'achat des Français" (42%) et "la réduction des inégalités sociales" (39%). Au final, l'état de grâce dont bénéficie le Président de la République devrait porter une large majorité LREM à l'Assemblée nationale.

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  • Brice Teinturier Directeur Général Délégué France, Ipsos (@BriceTeinturier)

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