Quels sont les nouveaux défis des hôpitaux européens ?
Les systèmes de santé européens font face à une accumulation de crises qui fragilisent leur capacité à remplir leur mission essentielle : soigner durablement, équitablement et en sécurité. Cette pression multiforme impose un changement de paradigme dans la manière d’anticiper et de gérer les risques.
D’autant plus que l’étude met en évidence un constat clair : les crises que traversent les établissements ne sont plus isolées, mais interdépendantes, créant des effets d’amplification. La contrainte économique accentue la pénurie de soignants, qui elle-même fragilise la sécurité des patients, alimente la défiance, et complique les politiques de recrutement.
La France reste plus pessimiste que ses voisins européens
À horizon cinq ans, les cadres dirigeants d’établissements et les soignants français qualifient le contexte actuel dans lequel évolue le système de santé d’« orageux » et/ou de « turbulent » : 49% en France contre 25% en moyenne européenne (+24 points).
À horizon dix ans, le pessimisme reste plus élevé en France : 57% contre 37% en Europe (+20 points). L'Allemagne (34% sont pessimistes à horizon cinq ans), l'Italie (11%) et l'Espagne (8%) affichent des niveaux de pessimisme inférieurs à la France.
Au niveau européen, 93% des participants n'anticipent pas d'amélioration à dix ans, et 32% considèrent que la situation va se dégrader.
Les établissements hospitaliers européens font face à des tensions généralisées, avec une acuité plus marquée en France
Dans l’ensemble des pays européens, la situation est préoccupante : 10 risques sur les 25 testés sont d’ores et déjà considérés par une majorité comme ayant une haute probabilité de survenir. 80% des risques prédéfinis comme impactant (probabilité et gravité évaluées 4/5 et 5/5) sont considérés comme insuffisamment anticipés.
Sur 25 risques analysés, la France dépasse le plus souvent la moyenne européenne en probabilité qu’ils surviennent, tout en affichant des niveaux de préparation inférieurs – ce qui explique les réponses des acteurs hospitaliers français.
Ainsi, l’augmentation des coûts de santé est perçue comme le risque numéro un en France avec 79% de probabilité perçue, contre 71% en Europe (+8 points). Seulement 14% des établissements français s’y déclarent bien préparés, contre 25% en Europe (-11 points). Le vieillissement de la population et les maladies chroniques sont le deuxième risque le plus cité en France (75%), au-dessus de la moyenne Européenne et avec seulement un interviewé sur quatre qui considèrent y être bien préparé (26%). Vient ensuite, le risque de pénuries de personnel qui est le troisième risque le plus cité en France (75%), légèrement au-dessus de la moyenne européenne (72%), et avec seulement 20% des cadres et des soignants qui estiment y être bien préparés. En quatrième place des risques perçus comme ayant la probabilité la plus forte en France, on trouve les inégalités d’accès au système de santé (66% le considèrent comme très probable contre 58% en Europe) et un sentiment de préparation à y faire face qui est aussi très bas (seulement 21%). L’incertitude concernant le financement et le remboursement est aussi perçue comme nettement plus probable en France (66%) qu'en Europe (55%), avec un niveau de préparation très bas dans l’hexagone (13%) mais aussi en Europe (25%). Enfin, le risque cyber est évalué en France à un niveau de probabilité légèrement plus fort (63% contre 60% en Europe) et un niveau de préparation très modéré (34% contre 37%).
Cinq ans après la pandémie de Covid-19, les établissements européens hospitaliers estiment ne pas être bien préparés pour faire face à une nouvelle menace
En France, près d’un cadre hospitalier sur deux considère qu’il y a un risque élevé d’être à nouveau confronté à une pandémie ou à des menaces sanitaires émergentes (46% contre 42% dans l’ensemble des pays européens). Mais si ce risque survenait, ses impacts seraient massivement perçus comme très graves (71% en France et 68% dans l’ensemble des pays européens), d’autant plus que le niveau de préparation est perçu comme très bas, dans tous les pays (respectivement, seulement 25% des cadres hospitaliers et des soignants en France et 28% en Europe se considèrent comme vraiment bien préparés pour y faire face).
Pour assurer la sécurité des patients, les établissements hospitaliers doivent aujourd’hui faire face à des risques très diversifiés
Lorsque l'on demande aux acteurs hospitaliers européens d'évaluer l'impact des 25 différents risques sur la sécurité des patients dans leur établissement, ils citent en premier les pénuries de personnel (72%), mais la France se situe bien au-delà avec 81% qui citent ce risque en premier (+9 points).
En deuxième position, ils citent l'inflation des coûts de santé comme risque de menace sur la sécurité des patients (65% des répondants européens et même 77% en France, +12 points).
Les ruptures d'approvisionnement arrivent en troisième place (60% au niveau européen et 58% en France), plaçant l'Hexagone dans la moyenne sur ce risque critique. En quatrième position, le risque cyber représente une menace sur la sécurité des patients, équivalente en France et en Europe (57%). Enfin, le risque de pandémie ou de menaces sanitaires émergentes est aussi dans le top 10 des risques les plus cités, en 6ème position en France (cité par 51% contre 55% des Européens).
Rapport complet
À propos de Relyens
Chez Relyens, nous sommes bien plus qu’assureur, nous sommes Risk Manager. Piloter, prévenir les risques et les assurer, c’est notre engagement pour protéger plus efficacement les acteurs du soin et des territoires, en Europe. À leurs côtés, nous agissons et innovons en faveur d’un service d’intérêt général toujours plus sûr, pour tous.
Groupe mutualiste créé à Lyon il y a près de 100 ans par et pour des hospitaliers, Relyens est « entreprise à mission » depuis 2021. Développant ses activités en France, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Allemagne et au Benelux, il compte 1 200 collaborateurs.
À propos de l'enquête
Enquête Ipsos bva pour Relyens menée du 26 juin au 11 août 2026 en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, auprès de 924 personnes travaillant dans les établissements de santé : 524 cadres occupant des postes de gestion/ou de direction de services médicaux et 400 professionnels de la santé. En France, 341 cadres hospitaliers et personnels soignants exerçant à l’hôpital ont été interrogés. Méthodologie complète disponible dans le rapport d'étude.